Les Japonais craignent que l’invasion russe en Ukraine n’incite les Chinois à procéder à la conquête de Taïwan par la force et que, par effet d’entraînement, d’en subir les conséquences collatérales. Au nord, elles pourraient même se traduire par des confrontations armées, à divers degrés, avec les forces russes. C’est pourquoi le gouvernement Kishida* est activement à la recherche d’appuis extérieurs et planifie l’augmentation de son budget de la défense.
Extrait Lettre confidentielle
Japon – Russie : Dégradation des rapports entre le Japon et la Russie
Le ministère des Affaires étrangères russe a annoncé le 21 mars 2022 qu’il arrêtait les pourparlers avec le Japon en vue de la conclusion d’un traité de paix en raison de l’impossibilité de signer un document avec un pays qui manifeste ouvertement des positions inamicales à son égard. Cette déclaration faisait suite à la décision du Premier ministre japonais Fumio Kishida de s’associer aux nouvelles sanctions prises contre la Russie le 16 mars à la réunion du G7. Cette mesure met fin au statut de nation la plus favorisée, ce qui entraîne l’augmentation des droits de douane sur les marchandises russes importées. Déjà le Japon avait restreint l’exportation vers la Russie de semi-conducteurs et de produits de haute technologie. M. Kishida a fermement condamné l’intervention russe en Ukraine et offert l’asile aux réfugiés ukrainiens qui arriveraient au Japon. Des cours de langue japonaise pourraient leur être dispensés.
Chine – Iran – Russie : L’Iran incontournable
Voici donc la Russie et l’Inde réunis par une voie de transport directe traversant l’Iran. Trois pays porteurs de civilisations naguère antagonistes, aujourd’hui réunis. Dans l’immédiat un Iran désenclavé qui va pouvoir franchir sans encombre le seuil nucléaire. C’est un pan de la Pax Americana qui s’effondre. Mais plus encore , un projet transcivilisationnel, pour une Asie redessinée dans un nouvel ordre mondial où l’Occident n’a plus le monopole de la sagesse et de la puissance.
Chine : Un déclin démographique relatif, lourd de conséquences
Après 45 ans d’une politique de l’enfant unique, la Chine, qui risque de voir sa population diminuer rapidement, essaie avec peu de succès de redresser sa démographie qui déclinera après 2027. Mais les encouragements et incitations à faire des enfants ne portent guère de fruits. La société vieillissante perd son dynamisme ce qui aura des conséquences sur l’avenir du pays.
Iran : La bombe qui ne sera pas ?
L’Iran se déclare en capacité d’assembler un engin atomique, mais s’y refuse car l’islam interdit le recours aux armes de destruction massive. Une surprise qui n’aurait pas dû être puisque voilà dix-huit mois que l’Iran avait laissé entendre qu’il pouvait s’engager dans la recherche de cette capacité, mais sans que les services de renseignement n’y prennent garde. Aujourd’hui le monde est divisé. Pour les États-Unis rien n’est changé, ils s’opposeront toujours à ce que l’Iran se dote de l’arme nucléaire. Pour la Russie au contraire, il faut prendre Téhéran au mot, et lever les sanctions dont il fait l’objet. Un point est sûr, une nouvelle fois le Traité sur la non-prolifération des armes nucléaires se trouve piétiné.
Iran declares it has the capacity to assemble an atomic device, but has refused to do so because Islam prohibits the use of weapons of mass destruction. This should not have come as a surprise, since Iran had been hinting for eighteen months that it might engage in the search for such a capability, but without the intelligence services taking notice. Today the world is divided: for the United States nothing has changed, they will forever oppose Iran acquiring nuclear weapons. For Russia, on the other hand, Tehran must be taken at its word, and the sanctions against it must be lifted. What is left of the Nuclear Non-Proliferation Treaty ?
Lettre confidentielle Asie21-futuribles n° 163/2022-07&08 sommaire
1 – ÉVÉNEMENTS MAJEURS RÉCENTS ET ENJEUX DE DEMAIN
EURASIE
Saint-Petersbourg – Bishkek – Pékin Requiem pour le rêve de l’Europe… La Sibérie, grand enjeu du Great Game1. Quand un mur remplace un pont…, Maurice Rossin, Asie21
Encadré 1 : Histoire
ASIE MÉDIANE
Sri Lanka : Manger sain et produire vain, quand l’écologie fait crier famine
En mai 2020, le président de Sri Lanka, Nandasena Gotabaya Rajapaksa, a interdit les engrais chimiques et les produits agrochimiques sous le slogan « agriculture biologique ». Aujourd’hui, c’est le pays qui crie famine.
Inde – États-Unis – Russie – Chine : La réticence indienne à sanctionner la Russie pourrait-elle influer sur le Quad ?
Depuis le 24 février 2022, date de l’invasion de l’Ukraine par la Russie, la majeure partie des pays du monde – dont les BRICS* – s’est abstenue de sanctionner Moscou. Parmi eux, pourtant membre de la stratégie américaine du containment* de la Chine dans la zone Indo-Pacifique, le Quad*, l’Inde refuse toujours d’appliquer les sanctions contre la Russie malgré les pressions des États-Unis. À la suite de l’analyse des aspects économique et militaire de ce refus dans la Lettre confidentielle du mois de mai1, Asie21 en examine aujourd’hui les enjeux stratégiques qui dépassent largement le cadre du conflit russo-ukrainien.
Le Tehreek-e-Taliban Pakistan, le Pakistan et l’Afghanistan
Hébergé en Afghanistan, le Tehreek-e-Taliban Pakistan1 (TTP) qui commettait des actes terroristes sur le territoire pakistanais, a accepté un cessez-le-feu à durée indéterminée. Mais ses revendications, notamment le rétablissement des zones tribales administrées par le pouvoir fédéral, sont inacceptables pour Islamabad.
Blé ukrainien : le danger n’est pas là où on le pense
Le monde ne mourra pas de faim par manque de blé ukrainien
L’Europe se ferme à la Russie … qui s’ouvre à l’Asie
✦Un pont sur l’Amour à Blagoveshchensk Le 10 juin 2022, un premier pont routier Russie – Chine, a été inauguré par Hua Changsheng, gouverneur du Heilongjiang. Il traverse le fleuve Amour à Blagoveshchensk et relie Vladivostok, capitale de Priamurye à la ville de Heihe en Chine. Il réduit les distances de transport de 300 kilomètres. … Lire la suite
Eurasie : Ce n’est que le début Это только начало
La crise couve en Europe avec le combat entre les hausses des coûts des produits et services, liés à ceux de l’énergie, et les ajustements des salaires, l’inflation n’est pas le remède miracle.
Première base militaire indienne à l’étranger
L’Inde construit sa première base militaire à l’étranger, sur l’île d’Agaléga administrée par l’île Maurice, située 1000 kilomètres plus au sud. Des oppositions politiques locales s’étaient pourtant manifestées, notamment à cause des conséquences néfastes sur l’environnement. La base abritera des avions de patrouille maritime et de lutte anti-sous-marine Poseidon P-8I. Leur mission sera de surveiller … Lire la suite
Grappillages Asie21 n° 162/2022-06
Chine – Australie – Afrique Les besoins en lithium font bouger les lignes Chine – Inde – Mozambique – Autres pays Graphite Chine – Japon – Inde – Mozambique Engagements Chine – Japon – Mozambique – Autres pays Barrage en vue mais lointaine Chine – Suisse À la peine Chine – Suisse Reprise Chine – … Lire la suite
Indo-Pacifique : Quad – Effervescence
Le 24 mai 2022 les Premiers ministres australien, indien, japonais et le président des États-Unis se sont rencontrés à Tokyo pour la quatrième édition du Quad*. Le communiqué conjoint émis à la suite fait état de nombreuses initiatives nouvelles décidées qui devraient rapidement déboucher sur des applications concrètes. Face à cela la Chine réagit avec hostilité, non seulement par le discours mais aussi en se livrant à diverses activités navales et aériennes dont une conjointe avec les Russes.
Asie du Sud : Quatre ports entre Inde et Chine
Jusqu’à il y a peu, le programme des nouvelles Routes chinoises de la soie s’était honorablement déroulé au Pakistan et à Sri Lanka mais non sans accumuler les difficultés. La situation de crise larvée qui caractérise ces deux pays s’est subitement aggravée. Au Bangladesh et en Birmanie, la méfiance pour l’un et l’instabilité pour l’autre, empêchent la Chine d’y avoir les coudées franches. Dans l’océan Indien, la « stratégie du collier de perles » s’est ternie.
Taïwan – Chine – États-Unis Droit maritime : riposte du tac au tac
Le détroit de Taïwan mesure environ 70 milles marins à son point le plus étroit et 220 milles à son point le plus large. Des responsables militaires chinois affirment que le détroit de Taïwan, partie inaliénable du territoire chinois, ne fait pas partie des eaux internationales.
Dialogue de Shangri-La : espoirs de stabilité et inquiétude d’instabilité dans le détroit de Taïwan et la région
中美防長在新加坡唇槍舌戰
Le Dialogue de Shangri-La a été une occasion de multiples rencontres bilatérales. La situation dans le détroit de Taïwan y a attiré l’attention internationale, plus que la situation en Ukraine : Taïwan a été davantage mentionné que les années précédentes par les États-Unis et la Chine mais aussi par l’Australie et le Japon. La confrontation sino-américaine s’est intensifiée avec leurs profondes divergences de visions et de valeurs régionales mais les deux parties cherchent à maintenir une relation stable pour éviter des conflits.
Chine-États-Unis Xi : « Joe, relax! »
L’exercice militaire qui a réuni du 2 au 4 juin 2022 des forces américaines et sud-coréennes et qui a vu le porte-avion nucléaire USS Ronald Reagan croiser au large de la Corée du Nord a eu pour conséquences un brusque regain des tensions. Il n’a pas seulement été suivi, à peine l’exercice terminé, par une très violente réaction de la Corée du Nord : le tir de huit missiles balistiques ayant valeur de semonce nucléaire, mais il a été jugé insupportable par la Chine qui s’est vue indirectement visée. Son ressenti a été tel que le Global Times a été jusqu’à écrire : « Tant que le continent nord-américain sera sûr, les États-Unis créeront de de l’instabilité dans le monde entier ». Pour l’heure, encore un avertissement sans frais.