Su Chi*, qui a accompagné Cheng Li-wun en Chine1 explique2 avoir accepté l’invitation par inquiétude face à la politique de confrontation menée selon lui par le DPP*, une stratégie qu’il juge dangereuse.3
KMT
Taïwan – Chine – États-Unis : Acte VIII scène 1 – Sommet Trump-Xi. Diplomatie américaine pragmatique et transactionnelle. Montée d’un pragmatisme taïwanais favorable au dialogue avec Pékin
Entre inquiétude face au risque de guerre et recul relatif du soutien à l’indépendance, plusieurs sondages publiés au printemps 2026 révèlent une évolution du débat taïwanais sur les relations avec Pékin. Sans traduire une adhésion majoritaire à la réunification, ces enquêtes montrent la montée d’un pragmatisme centré sur la préservation de la paix, dans un contexte marqué par les tensions sino-américaines et les incertitudes sur l’engagement de Washington dans la région.
Taïwan – Chine – États-Unis Acte VII scène 2 : La rencontre Cheng-Xi. La paix est extrêmement précieuse. Respect des différences et rejet de la confrontation. Vision d’un renouveau national et civilisationnel
鄭習會–和平珍貴
La présidente du Kuomintang Cheng Li-wun s’est rendue à Pékin à l’invitation du secrétaire général du Parti communiste chinois, Xi Jinping. Ils ont tout deux réaffirmé leur attachement au « Consensus de 1992 » ainsi que leur opposition à l’indépendance de Taïwan, tout en développant largement la notion de « nation chinoise ». Cette visite est un succès pour Mme Cheng.
Taïwan – Chine – États-Unis Acte VII scène 1 : Report de la rencontre au sommet Trump-Xi. Avancement de la rencontre Cheng-Xi. Renversement stratégique de la conjoncture ?
La rencontre entre Donald Trump et Xi Jinping, initialement prévue fin mars 2026 à Pékin, a été reportée, à la demande de Washington, aux 14 et 15 mai, en raison du conflit au Moyen-Orient. Ce décalage du calendrier diplomatique contribue à reconfigurer les rapports de force dans le cadre des négociations entre les deux grandes puissances américaine et chinoise : la rencontre entre Cheng Li-wun et Xi Jinping, initialement prévue entre avril et juin et devant suivre le sommet sino-américain, a été avancée par Pékin et s’est transformée en prélude à un événement diplomatique majeur sur la scène internationale. Ainsi, Pékin reprend l’initiative sur la question taïwanaise.
Taïwan : Un budget militaire record qui divise
À Taïwan, le projet de budget militaire de 1 250 Mds NT$* continue de cristalliser les tensions politiques entre le gouvernement et l’opposition sur les montants et les procédures.
Taïwan – États-Unis : Acte VI scène 6 : une députée sans parti dans la tourmente judiciaire

Visée par une enquête pour fraude et corruption présumées, la députée Kao Chin Su-mei et 17 autres personnes ont été entendues par le parquet de Taipei sur trois affaires après une série de perquisitions.
Taïwan : Cheng Li-wun plaide pour la paix et le dialogue avec Pékin
鄭麗文呼籲和平與北京對話
Le 29 janvier 2026, The Economist a publié une interview de Cheng Li-wun* consacrée aux enjeux de sécurité et aux relations entre Taïwan et la Chine. L’article met en lumière son choix controversé de s’opposer à l’augmentation du budget militaire taïwanais malgré l’intensification des manœuvres chinoises autour de Taïwan.
Taïwan – Chine : Acte VI scène 3 – Discours d’apaisement de l’arrière-petit-fils de Chiang Kai-shek au Forum Taipei-Shanghai
Dans un contexte de forte tension transdétroit, le maire de Taipei, Chiang Wan-an, poursuit le dialogue municipal entre les deux rives, et ce malgré les controverses internes taïwanaises. Il s’est rendu à Shanghai afin de participer au Forum Taipei-Shanghai, l’une des rares plateformes institutionnelles bilatérales encore actives entre Taïwan et la Chine populaire. Et le président Lai Ching-te ne s’y est pas opposé.
Taïwan – Chine – États-Unis : Acte VI scène 2 – Taïwan, variable d’ajustement du dialogue sino-américain

À l’occasion du World Forum 2026, le professeur Lin Chung-pin* a présenté un rapport affirmant qu’un accord Trump-Xi sur la paix et la réunification entre les deux rives du détroit était plausible : le recul assumé de la crédibilité militaire américaine, la volonté chinoise de privilégier la réunification sans recours à la force, et l’émergence d’un consensus à Washington en faveur de la désescalade redessinent les équilibres régionaux. Dans ce contexte, Taïwan apparaît de plus en plus comme la variable d’ajustement d’un dialogue sino-américain visant la stabilité.
Taïwan – États-Unis – Chine Acte V scène 3 Le détroit de Taïwan : une poudrière ? Ingérence américaine dans les institutions taïwanaises ?

台灣是火藥庫嗎?
Le président Lai annonce, via le Washington Post, son intention de proposer un budget de défense spécial supplémentaire de 1 250 Mds NT$ sur les 8 prochaines années, en plus du budget annuel. Cheng Li-wun* rétorque que la dette du budget de la défense a dépassé les 500 Mds NT$*, excédant largement le plafond légal et que le président Lai ne fournit aucune explication ni ne propose de solution concrète pour financer une telle dépense exceptionnelle. Il prévoit également d’augmenter le budget de la Défense à 3,3 % du PIB en 2026 et jusqu’à 5 % d’ici 2030. L’opposition s’inquiète car il s’agit du plus important investissement dans la défense de l’histoire de Taïwan. De plus, un responsable américain, le directeur de l’AIT*, s’est proposé de répondre lui-même aux questions des députés taïwanais. Et le DPP* a salué ses déclarations avec enthousiasme, percevant dans les propos de Raymond Greene un avertissement des États-Unis à l’adresse du KMT* et du TPP*.
Taïwan – États-Unis : Retard de livraison des 66 avions de chasse F-16V
L’armée de l’air de Taïwan avait commandé 66 avions de chasse F-16V aux États-Unis pour un montant de 247,2 Mds NT$* mais le calendrier initial de livraison progressive, prévu de 2024 à 2026, n’a abouti à aucune livraison à ce jour.
Taïwan – Chine – États-Unis Acte V scène 2 : Shen Po-yang, l’homme aux mille coiffures, un bluebird « Wanted » en Chine… « Celui qui a fait le nœud doit le défaire. » Han Kuo-yu
Shen Po-yang, le jeune député DPP* de 43 ans, non élu mais désigné2 premier député sur la liste DPP en 2024 – comprendre : mis en avant par le président Lai –, a retenu l’attention de Pékin et s’est fait remarquer lors des manifestations des Bluebirds à Taipei. Il est inscrit en Chine sur la « liste des partisans inconditionnels de l’indépendance de Taïwan ». Le PCC* qui l’accuse de sécession a annoncé l’ouverture d’une enquête par le Bureau de la sécurité publique, menaçant de recourir à Interpol pour son arrestation à l’échelle internationale.
Taïwan : Faire face aux changements sans précédent depuis un siècle…
La politique américaine à l’égard de Taïwan a évolué : avant 2024, elle consistait à « résister à la Chine et protéger Taïwan » (抗中保台). Mais elle s’est transformée en une « résistance modérée à la Chine sans protection de Taïwan » (軟抗中、不保台), analyse Su Chi, père du « Consensus de 1992 ». Selon lui, l’hypothèse selon laquelle les États-Unis interviendraient inévitablement pour défendre Taïwan et sur laquelle l’île s’est appuyée pendant un siècle1, est aujourd’hui révolue. Leur puissance militaire dans le Pacifique occidental est en déclin. Ils ne disposent plus de capacités suffisantes pour assurer la protection de Taïwan et leur détermination s’est ramollie. Il devient donc crucial pour Taïwan d’adopter une nouvelle stratégie afin de prendre en main son propre destin.
Taïwan : Acte V scène 1 – Une femme à la tête du Kuomintang
Une dame de fer
鄭麗文主席是國民黨選出的女戰將
Le monde occidental oppose régulièrement la démocratie taïwanaise au régime communiste du continent, développant ainsi une atmosphère anxiogène exacerbant les tensions. Et si la question était mal posée ? Cheng Li-wun déclare que « le KMT* est aujourd’hui le seul parti capable de jouer un rôle déterminant, en favorisant la réconciliation entre les deux rives et en garantissant la paix, ce qui permettra au monde de pousser un soupir de soulagement ».
Taïwan Acte IV scène 3 : le vent a tourné. Grand référendum révocatoire : grand échec pour le DPP, grande victoire pour le KMT. 大罷免, 大失敗, 大成功
En janvier 2024, le président Lai Ching-te* a été mal élu avec seulement 40 % des voix et sans majorité au Yuan législatif 1. Le gouvernement ne s’est pas organisé en coalition. Les députés DPP* ont rejeté avec force – même physique – les projets de lois proposés par le KMT* au Parlement, notamment ceux demandant des comptes au gouvernement DPP : ils auraient été adoptés puisque le gouvernement ne dispose plus de la majorité parlementaire. Sauf en éliminant son opposition. Le président Lai a décidé d’utiliser le référendum révocatoire (le grand rappel) pour destituer les élus de l’opposition (députés et élus locaux). Si cette procédure existe dans la constitution, elle est considérée par une grande partie de la population taïwanaise comme un acte de dictature. La tentative du gouvernement de se débarasser de son opposition a échoué. Les électeurs ont fait leur choix. Le DPP a été sanctionné : aucun des députés visés n’a été révoqué. Le président Lai en sort affaibli.
Taïwan – États-Unis – Japon : Réunion trilatérale étoilée pour un jeu de guerre 眾星雲集的台海兵推
Taiwan TTX wargame
Les 10 et 11 juin 2025, neuf généraux et amiraux en retraite (ER) de Taïwan, des États-Unis et du Japon, ont participé à un jeu de guerre – du plus haut niveau à ce jour – imaginant l’invasion de Taïwan par l’APL en 2030. Chaque pays devait agir pour ses propres intérêts.
Taïwan : Disparition du peuple han à Taïwan ? Guerre cognitive
En 2024, le site officiel du Yuan exécutif indiquait que la population enregistrée de Taïwan était « composée de Hans comme groupe ethnique le plus important, représentant 96,4 % de la population totale ». Récemment, ce site a discrètement remplacé cette phrase par « le reste de la population ». C’est une manière d’effacer le mot « Han » qui désigne la population chinoise originaire du continent.
Acte III scène 4 Taïwan – Taïwan : La grenade ou la colombe ? Assassinat de la démocratie
Sur les bandeaux sont écrits :
- « Contre le communisme vert » (反綠共)
- « Combattons la dictature » (戰獨裁)
***
Lors d’un rassemblement, organisé par le Kuomintang, 250 000 personnes se sont mobilisées pour s’opposer au « Parti communiste vert » et « combattre la dictature » du gouvernement actuel. Han Kuo-yu* dénonce un président de la République, Lai Ching-Te, qui propose « à ceux qui s’inquiètent du recul de la démocratie à Taïwan de se rendre sur la place Tian’anmen à Pékin pour protester ».

Taïwan – Chine : Le rouge est dans le vert. Espionnage chinois au coeur des structures politiques taïwanaises
Dans une certaine ambiance de chaos politique à Taïwan (pas de majorité au Parlement et procédure en cours de référendum révocatoire pour les députés du KMT*1), les Verts* accusent la plupart des jeunes députés du KMT* d’être des espions à la solde des communistes chinois. Ainsi, ils déclenchent une investigation générale. C’est alors qu’ils découvrent qu’ils sont eux-mêmes infiltrés au plus haut niveau… Affaire embarrassante.
Taïwan – États-Unis : Déplacement vers l’est de la chaîne d’approvisionnement des puces ?
Le mythe du bouclier de silicium s’évapore-t-il ? La mondialisation de TSMC s’accélère. À l’ère de l’IA, la demande de puces haut de gamme ne fera qu’augmenter. L’administration Trump 2.0 souhaite rapatrier la production taïwanaise aux États-Unis pour des raisons de sécurité nationale. L’investissement massif de TSMC sur le sol américain va entraîner une nouvelle vague de déplacement de la chaîne d’approvisionnement avec ses industries vers l’est. Taïwan avait une position irremplaçable dans le jeu sino-américain : sa valeur stratégique devrait donc diminuer. L’engagement des États-Unis en faveur de la sécurité de Taïwan pourrait s’affaiblir. Ce qui prouverait que l’aide sécuritaire des États-Unis envers Taïwan n’a jamais eu pour leitmotiv la défense de la démocratie mais bien celle de leurs intérêts propres.