En date du 15 septembre 2021, Canberra, Washington et Londres surprenaient le monde en annonçant le lancement de l’AUKUS*. Résultat d’un travail de plusieurs mois de l’ex-Premier ministre australien Scott Morrison, mais davantage de la simultanéité au pouvoir de trois gouvernements anglo-saxons décidés à contenir la Chine, il est autant intéressant de s’interroger sur les raisons qui ont amené les libéraux à sceller secrètement cette entente militaire tripartite qu’à en observer désormais les conséquences pour le gouvernement travailliste fraîchement élu.
AUKUS
Australie – Chine : Les tensions sino-australiennes, le défi de l’ALP (Australian Labor Party)
Alors qu’ils ont quitté le pouvoir à l’apogée des relations entre Canberra et Pékin en 2013, les travaillistes de l’ALP* – vainqueurs des élections fédérales de mai 2022 – héritent aujourd’hui de profondes tensions sino-australiennes qu’ils attribuent au moins en partie au « manque de sophistication » de l’opposition, la coalition libérale-nationale (LNP). Après un gel de deux ans des relations diplomatiques entre l’Australie et la Chine, Xiao Qian – ambassadeur de la RPC – a récemment offert une reprise du dialogue à Canberra. Face aux défis économique et stratégique, le positionnement du nouveau Premier ministre travailliste, Anthony Albanese, sera donc déterminant au moment où l’Australie et la Chine célèbrent le 50e anniversaire de l’établissement de leurs relations diplomatiques sur fond de duel sino-américain.
Indo-Pacifique : Quad – Effervescence
Le 24 mai 2022 les Premiers ministres australien, indien, japonais et le président des États-Unis se sont rencontrés à Tokyo pour la quatrième édition du Quad*. Le communiqué conjoint émis à la suite fait état de nombreuses initiatives nouvelles décidées qui devraient rapidement déboucher sur des applications concrètes. Face à cela la Chine réagit avec hostilité, non seulement par le discours mais aussi en se livrant à diverses activités navales et aériennes dont une conjointe avec les Russes.
Indo-Pacifique : La barrière des Andaman et Nicobar
Ce territoire de l’Union indienne, dont il est éloigné d’un millier de km au large des côtes birmanes et ne représente en surface que 0,25 % et 0,03 % en population, pourrait bien doter sa métropole d’un rôle stratégique non négligeable dans l’Indo-Pacifique.
Les îles Salomon : La Chine et l’Australie en arrière-plan
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Mer de Chine du Sud – Chine – Philippines – Indonésie : La Chine persiste dans l’arbitraire de ses harcèlements
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À la fin du mois de novembre 2021, se prétendant dans son bon droit, la Chine a procédé à une opération sauvage de harcèlement contre les Philippins sur le haut-fond Thomas-2* soulevant un opprobre international de principe. Ce qui n’a pas empêché la Chine de poursuivre son harcèlement autour du même site comme aussi de l’île Thitu. Et au sud de la mer de Chine méridionale la voici qui somme l’Indonésie de cesser ses activités d’exploration gazière au nord de la grande île de Natuna.
Corée du Sud – États-Unis Un œil sur le détroit de Taïwan
La 53e réunion consultative de sécurité entre la Corée du Sud et les États-Unis a permis de raffermir les liens entre les deux pays distendus depuis 2019 et d’ancrer un peu plus fortement la Corée du Sud dans le système d’alliances que les États-Unis cherchent à mettre en place en Indo-Pacifique. Elle n’a toutefois par permis de définir clairement le rôle que pourrait jouer par la Corée du Sud dans ce réseau d’alliances.
Chine – Russie – Japon : Grandes manœuvres navales sino-russes autour du Japon
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Pacifique AUKUS : malaise en Océanie
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La signature du pacte AUKUS* n’a pas manqué de faire réagir dans le Pacifique. Passée la surprise de cette annonce, les États insulaires de la région ont commencé à faire part de leurs inquiétudes liées à ce nouveau partenariat de sécurité et surtout à l’acquisition par l’Australie de SNA*. Compte tenu de sa position stratégique dans une éventuelle confrontation entre les deux grandes puissances, l’Océanie peut difficilement faire entendre sa voix et s’attend à de fortes pressions, si ce n’est à être placée devant le fait accompli. Une alliance régionale pourrait-elle desserrer l’étau qui va sans doute l’étrangler ?
Lettre confidentielle Asie21-Futuribles n° 154/2021-10 sommaire
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1 – ÉVÉNEMENTS MAJEURS RÉCENTS ET ENJEUX DE DEMAIN
ASIE MÉDIANE
Organisation de Coopération de Shanghai : Que peut devenir l’OCS ? Patrick Dombrowsky, Asie21
Chine La Chine fait encore la course en tête, Philippe Delalande, Asie21
Chine – Afrique Les zombie land grabs (accaparement des terres) de la Chine en Afrique, Maurice Rossin, Asie21
Chine – Australie : la France victime collatérale
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Les média français focalisent essentiellement leur attention sur l’annulation décidée par l’Australie, sans préavis et avec une désinvolture qui relève de la plus infâme goujaterie, du contrat de construction de sous-marins qu’elle avait signé avec la France le 20 décembre 2016. A titre de rappel ledit contrat portait sur la fourniture de douze sous-marins classiques à propulsion conventionnelle, de la classe Barracuda, de toute dernière technologie. Il est évident que sur le plan commercial cette annulation entraîne une perte financière énorme pour Naval group et par voie de conséquence pour la France, sans compter les dommages subséquents que cela génère sur le plan des emplois.
Australie : Nucléaire, au risque de tout perdre
En engageant l’Australie dans le « schéma chinois » des États-Unis, le Premier ministre Scott Morrison vient de mettre son pays à mal. Les sous-marins nucléaires anglo-américains dont l’Australie doit être dotée ne seront pas en ligne avant dix à quinze ans, s’ils sont effectivement construits, ce dont on peut douter. En attendant l’Australie reste seule et nue soumise aux sanctions chinoises : elle perd ce marché et ses échanges extérieurs sont désorganisés ; le pays est ouvertement menacé par la Chine de frappes conventionnelles et à terme nucléaires. Car voici, non sans raisons l’Australie dénoncée comme une puissance nucléaire virtuelle. Cela, en échange d’une protection illusoire car l’Australie ne sera pas défendue en cas de crise. Au total, une mauvaise affaire et une grave crise politique prévisible en Australie.
By committing Australia to the « Chinese scheme » of the United States, Prime Minister Scott Morrison has just undermined his own country. The Anglo-American nuclear submarines, which Australia is to be equipped with, will not be operational for ten to fifteen years, if they are built, which is doubtful. In the meantime, Australia remains alone and nude, subject to Chinese sanctions: it is losing this market and its foreign trade is disorganized; the country is openly threatened by China with conventional and eventually nuclear strikes. For here, not without reason, Australia is denounced as a virtual nuclear power. And this in exchange of an illusory protection, because Australia will not be defended in case of crisis. All in all, a bad deal and in the long run, a serious political crisis predictable in Australia.