Depuis la déclaration de Mme Takaichi Sanae, Premier Ministre du Japon, le 7 novembre 2025 au sujet des risques pour son pays d’un blocus chinois de Taïwan, la république populaire de Chine (RPC) a orchestré une campagne anti-japonaise. La tension entre les deux pays n’a pas cessé de monter, au point de finir par impliquer Donald Trump qui s’est entretenu avec Xi Jinping puis Mme Takaichi. Il est probable que la tension durera un certain temps, un an peut-être, et s’inscrit dans un cycle caractérisé par une crise précédente entre 2012 et 2014.
APEC
Chine – États-Unis – Sud global : Le tour du monde de Xi jinping de novembre 2024. Le Sud global contre l’Occident
L’élection de Trump aux États-Unis a donné une nouvelle dimension au voyage de Xi en Amérique latine. Xi, en inaugurant le port de Chancay, a planté le dernier clou dans le cercueil de la doctrine Monroe1. Le renforcement des liens commerciaux entre les deux continents s’accélère, entre l’Asie et ses industries chinoises, le Pérou avec ses ressources minières et le Brésil, ferme du monde. Depuis des dizaines d’années, la politique des États-Unis vis-à-vis de l’Eurasie a été le containment, l’endiguement avec un instrument, la force, et plus de 800 bases militaires. La réponse politique de la Chine a été le désencerclement avec les routes de la soie et le commerce international, complété aujourd’hui par le contre-encerclement avec l’attaque du système financier de 1944 et de son étalon, le dollar. Au multilatéralisme rejeté par Trump, président du « one indispensable nation in world affairs »2, Xi répond par des actions concertées avec les BRICS* et le Sud global, qui ne veulent pas continuer à enrichir le maître états-unien en finançant leur propre soumission.
Chine – Amérique du Sud – Monde : Plus qu’un port
L’Amérique du Sud est devenue un enjeu géopolitique d’importance. Longtemps chasse gardée des États-Unis, elle est désormais un continent d’expansion pour la puissance chinoise comme le démontre la création d’un terminal océanique majeur.
Chine – Mercosur – Union européenne : Le cœur de l’Union européenne balance entre le Mercosur et la Chine
« Le sage montre la lune, l’idiot regarde le doigt. »
La Chine aurait-elle conquis l’Amérique latine ? La Route de la soie avec ses navires remplace les GI et leurs bases militaires. C’est l’aboutissement d’une politique d’influence dont les armes sont le commerce, nourri par les protéines animales (viandes) et végétales (soja) et le maïs d’une agriculture latino-américaine florissante. L’Europe, engluée dans ses querelles internes, sans boussole ni militaire ni économique, montre ses limites avec le Mercosur. Depuis 30 ans, on cause sans aboutir, avec des sujets de désaccord où le ridicule frôle l’absurde. La France mobilise ses éleveurs de bovins pour lutter contre ce « traité assassin ». En 2023, sa filière de viande bovine est déficitaire de 87 000 t et elle a importé 1 301 t du Brésil, qui, lui-même, en a exporté plus de 2 millions, avec la Chine pour premier client. Et si le problème était autre que celui du charolais, bouc émissaire (!) qui ne concurrencera jamais la pampa. Raminagrobis Xi et son compère Lula pourraient nous surprendre au G20 de Rio : Complicité et réalisme sont les deux mamelles de la vista politique.
Chine – Brésil – Asie – Amérique latine : Xi et Lula, la voie Pacifique du développement
L’économique est, avec le commerce, le moteur des changements du monde. L’ère des conquêtes par les armes est révolue. L’Amérique latine, le Brésil à sa tête, n’est plus le backyard * des États-Unis. Finie la doctrine Monroe, terminés les coups d’État pour imposer « la démocratie ».
La renaissance économique de l’Asie a entraîné le réveil de l’Amérique : les complémentarités se révèlent. La Chine est arrivée, tranquillement, sans soldatesque ni missionnaires, avec des ressources financières pour faire des affaires dans la durée. Le port de Chancay (Pérou) en eau profonde ouvre des perspectives avec un transport maritime sûr dans le Pacifique.
Le Brésil, qui n’avait pas l’autosuffisance alimentaire il y a 40 ans, a pris le relais du food power * états-unien avec la Chine comme 1er client.
Lula rencontrera Xi prochainement. Tous deux connaissent la terre, jaune pour Xi, sèche pour Lula. Ils ont un ennemi commun, la pauvreté, en particulier celle du monde rural. Ils ont beaucoup d’expérience à échanger, l’Amérique latine serait-elle en train de se siniser économiquement ou la Chine de se latiniser ?
L’Indo-Pacifique. Nouveau centre du monde, Taillandier, Paris, 2024
de Valérie Niquet et Marianne Péron-Doise.
Note de lecture d’Alain Lamballe.
En 254 pages et 7 chapitres, Valérie Niquet et Marianne Péron-Doise traitent de l’Indo-Pacifique sous ses divers aspects politiques, économiques et militaires. Sans surprise, la Chine et les réactions des autres pays riverains et des grandes puissances mondiales que sa politique suscite occupent une place prépondérante dans l’ouvrage. A contrario, le livre consacre une faible importance à l’Afrique. La part réservée au Moyen-Orient n’est guère non plus conséquente. Quelques cartes agrémentent le livre.
Japon – Chine : Un retour du nucléaire agité
Ce n’est que pendant quelques semaines que le Japon a pu se réjouir de son retour au nucléaire : l’accord donné à la remise en route de la plus grande centrale nucléaire au monde Kashiwazaki-Kariwa et, avec le blanc-seing de l’AIEA, le début du déversement en mer des eaux de Fukushima décontaminées. Mais il lui a fallu rapidement déchanter. La légitimité des rejets a été sévèrement mise en cause par la Chine et, le 1er janvier 2004 le tremblement de terre de NOTO, à 65 kilomètres de l’épicentre, a mis à mal la centrale nucléaire de Shika insuffisamment protégée. Il lui fallait reconnaître que toutes les leçons de la catastrophe de Fukushima n’avaient pas été tirées. Il devait se montrer plus rigoureux et mettre à jour ses normes de sécurité. Un moment de lucidité qui devrait inspirer tous les États nucléaire dans le monde.
For only a few weeks, Japan was able to celebrate its return to nuclear power: the agreement to restart the world’s largest nuclear power plant, Kashiwazaki-Kariwa, and, with the IAEA’s green light, the start of the discharge of decontaminated Fukushima water into the sea. But he was soon disillusioned. The legitimacy of the discharges was severely questioned by China, and on January 1, 2004, the NOTO earthquake, 65 kilometers from the epicenter, damaged the inadequately protected Shika nuclear power plant. He had to acknowledge that not all the lessons of the Fukushima disaster had been learned. It had to be more rigorous and update its safety standards. A moment of lucidity that should inspire nuclear states the world over.
Taïwan – Élections : Bleu-Blanc vs Vert ? Grand chamboulement ? Qui sera la potiche ?

La campagne électorale bat son plein pour la présidentielle de janvier 2024 qui n’a qu’un tour. Les alliances doivent donc se faire en amont, basées entre autres sur les résultats de sondages qui, d’ailleurs, semblent cohérents entre eux, confirmant les tendances de l’opinion publique. Mais elles sont difficiles à faire car l’un doit se sacrifier en acceptant d’être la potiche de l’autre. Le récent accord KMT-TPP a entamé une nouvelle phase de la campagne.
Russie – Asie – Europe : Drang nach Osten … ter repetita non placent
Poussée vers l’est. Ce qui est répété une troisième fois ne séduit plus
L’ours russe est sorti de sa longue léthargie avec la guerre d’Ukraine qui a bouleversé la marche tranquille de l’Occident vers l’est.
Paul Valéry s’interrogeait il y a 100 ans sur la destinée de l’Europe. « L’Europe deviendra-t-elle ce qu’elle est en réalité, c’est-à-dire : un petit cap du continent asiatique, ou bien l’Europe restera-t-elle ce qu’elle paraît, c’est-à-dire : la partie précieuse de l’univers terrestre, la perle de la sphère, le cerveau d’un vaste corps ? »3 Le temps a fait son œuvre et la crise ukrainienne a révélé les différences entre la Russie et l’Occident. La frontière ouralienne entre l’Europe et l’Asie de Vassili Tatitchev4 a explosé en même temps que les gazoducs de Nordstream. On est passé de l’Atlantique – Oural5, à Lisbonne – Vladivostok pour arriver à Brest, Brest-Litovsk6.
Le 21 février 2023, Poutine a tiré sa révérence à l’Europe. Il a fixé un cap pour la Russie, le soleil levant, condamnant l’Europe à regarder vers le soleil couchant. Les priorités sont les nouveaux corridors logistiques de la Russie devenue asiatique, réduisant l’Europe à une peau de chagrin de l’Asie.
Nouvelle-Zélande – Chine Jacinda Ardern rencontre Xi Jinping
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La Première ministre néo-zélandaise Jacinda Ardern a rencontré le Président Xi Jinping le 18 novembre 2022, lors du sommet de l’APEC qui se tenait à Bangkok, Thaïlande.
Thaïlande : l’incertitude Prayut
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Avec la décision de la Cour constitutionnelle de suspendre le Premier ministre Prayut Chan-O-Cha, la Thaïlande n’en finit pas de s’enfoncer dans une crise politique. Cette décision ouvre de nouvelles perspectives – optimistes ou inquiétantes selon les positions de chacun – alors que des échéances électorales sont prévues pour mars 2023. La Thaïlande accumule les dossiers sensibles et leur non-règlement contribue à l’instabilité ambiante. Ces flottements pénalisent une économie déjà éprouvée par la crise sanitaire et la légitimité internationale du royaume qui doit accueillir le prochain sommet de l’APEC (Coopération Économique Asie-Pacifique) qui se tiendra dans la capitale thaïe les 18 et 19 novembre prochains. Cette suspension n’a pas, en outre, empêché l’Union européenne de signer un accord de partenariat et de coopération (PCA) avec Bangkok.
ASEAN : Cambodge, Indonésie et Thaïlande, hôtes de divers dirigeants du monde en novembre 2022
Le Cambodge accueillera le sommet de l’ASEAN du 11 au 13 novembre 2022, l’Indonésie celui du G20 les 15 et 16 novembre, et la Thaïlande, les leaders économiques des 21 pays membres du Comité économique de l’Asie-Pacifique, lors du sommet de l’APEC, les 18 et 19 novembre.
Taïwan – États-Unis : Conférence de presse de Sandra Oudkirk (AIT), porc aux résidus de ractopamine, référendums. Tsai Ing-wen prise en étau entre le peuple taïwanais et Washington
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Sandra Oudkirk1, actuelle représentante des États-Unis à Taïwan où elle a pris ses fonctions en juillet 2021, s’est exprimée à l’occasion de sa première conférence de presse notamment sur l’importation de porc américain aux résidus de ractopamine qui va faire l’objet d’un référendum en décembre prochain. Ce référendum a été demandé par l’opposition (KMT). Le gouvernement Tsai met tout en œuvre pour remporter l’acquiescement du peuple.
Singapour – Vietnam – Chine – États-Unis : Quand les États-Unis veulent estomper le doute
Du 22 au 26 août 2021, Kamala Harris, vice-présidente des États-Unis a effectué une visite à Singapour et au Vietnam. Les objectifs essentiels étaient de resserrer davantage les liens entre Washington et ces deux pays et globalement, malgré le piteux repli d’Afghanistan, de rassurer l’ASEAN sur l’engagement américain en Asie du Sud-Est afin de contrer l’hégémonie chinoise en mer de Chine du Sud.
From 22 to 26 of August 2021, Kamala Harris, vice president of the Unites States, paid a visit to Singapore and Vietnam. The main aims of the visits were to enhance the links between Washington and these two countries and as a whole, despite the pitiful withdrawal from Afghanistan, to reassure ASEAN on a sustainable American commitment in South East Asia in order to put in check the Chinese hegemony in the South China Sea.
Taïwan – Lituanie – États-Unis : Ouverture d’un bureau de représentation de Taïwan en Lituanie. Le jeu politique continue
Le premier bureau de représentation de Taipei, sous le nom de Taïwan et non Taipei, dans un pays européen s’est installé en Lituanie. Et inversement, la ministre lituanienne de l’Économie Ausrine Armonaite a déclaré que son pays ouvrirait un bureau à Taïwan à l’automne 2021.
Guerre commerciale : trêve sino-américaine, mais nouveaux fronts technologique et financier 中美貿易戰轉向科技戦和金融戰

Lettre confidentielle Asie21-futuribles n°123 décembre 2018 – sommaire
1 – ÉVÉNEMENTS MAJEURS DU MOIS ET ENJEUX DE DEMAIN EURASIE Russie – Japon Espoirs et désenchantement, Jean Perrin, Asie21 EXTRÊME-ORIENT Chine Une règlementation pour responsabiliser les institutions financières systémiques, Patrick Hébert, Asie21 Encadré Risque systémique Une licorne « aux caractéristiques chinoises », Édouard Valensi, Auteur invité, Asie21 Chine – Angola Du poids de la dette, Jorge Lusaf, Asie21 Chine – … Lire la suite
Vers une mondialisation 3.0 ?
Université Panthéon-Assas Centre Thucydide ANNUAIRE FRANÇAIS DE RELATIONS INTERNATIONALES 2018 Volume XIX PUBLICATION COURONNÉE PAR L’ACADÉMIE DES SCIENCES MORALES ET POLITIQUES (Prix de la Fondation Edouard Bonnefous, 2008) PAR JEAN-RAPHAËL CHAPONNIÈRE ( * ) Depuis quelques années, la mondialisation s’essouffle : les flux de capitaux et d’investissements directs. l’étranger (IDE) n’ont pas retrouvé leurs … Lire la suite
Le débat stratégique australien
Le débat stratégique australien Éléments documentaires Rémi Perelman, Asie21, mars 2018 PLAN Avant-propos Chapitre I – Le cadre du débat stratégique australien 1) Un débat sur la stratégie australienne pour les vingt ans à venir 2) Des positions partisanes différentes Chapitre II – Les sujets du débat stratégique australien … Lire la suite
Le président Trump en Asie du Sud-Est : réaffirmer le partenariat américain
Le président Trump sera bientôt en Asie du Sud-Est (Vietnam, Philippines) pendant une tournée asiatique. Après avoir, dans un premier temps, envoyé des signaux contradictoires qui ont profondément perturbé ses partenaires, l’administration Trump a réagi et s’est engagée à réactiver les partenariats en cours avec les États d’Asie du Sud-Est et l’ASEAN. Ses engagements et gestes de bonne volonté seront-ils suffisants pour permettre aux États-Unis de revenir dans un espace régional de plus en plus irrigué par les dynamiques chinoises ?