Alors que les États-Unis amorcent un rapprochement avec Pékin sous l’impulsion de Donald Trump, l’opinion américaine se montre de moins en moins favorable à une confrontation avec la Chine. Selon un sondage publié en 2026, seuls 38 % des Américains soutiendraient une intervention militaire directe en cas d’invasion de Taïwan, contre 52 % en 2021. Sans annoncer un abandon de l’île, cette évolution souligne l’incertitude croissante du soutien américain et rappelle à Taipei la nécessité d’anticiper les changements de cap à Washington.
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Tous les auteurs de la Lettre Asie21-Futuribles
Pakistan – Arabie saoudite – Turquie : Les signataires de l’accord de défense du 7 août 2026 au pied du mur
La poursuite des attaques des houthis sur le sol saoudien constitue un test pour les signataires de l’accord de défense du 7 août 2026.
Chine – Taïwan : Une réunification pacifique sous condition, la force si Taïwan proclame l’indépendance
Un sondage1 mené auprès de citoyens chinois continentaux par la Fondation Carter et l’université Emory montre que la majorité des personnes interrogées privilégient une réunification pacifique avec Taïwan, mais avec une condition importante : si Taïwan déclarait officiellement son indépendance, une large majorité accepterait une réponse militaire.
Laos – Chine – Vietnam : Ban Keun, le nouvel équilibre stratégique de Vientiane
L’ouverture à Ban Keun d’un centre conjoint de soutien et d’entraînement aérien avec la Chine intervient au moment où le Laos change de Premier ministre. Saleumxay Kommasith, ancien ministre des Affaires étrangères, a pris la tête du gouvernement le 5 octobre. Trois jours plus tard, le Premier ministre vietnamien Lê Minh Hưng arrivait à Vientiane pour sa première visite officielle avant de se rendre au Cambodge. Le remaniement répond d’abord à une logique intérieure, après le décès du président de l’Assemblée nationale en août. Mais il intervient dans un contexte où l’équilibre entre Pékin et Hanoï devient plus délicat à préserver. Le Laos a longtemps réparti ses dépendances : à Pékin les infrastructures et les capitaux, à Hanoï la profondeur politique et sécuritaire. Avec Ban Keun, cette répartition commence à évoluer.
Grappillages Asie21 n° 209/2026-10
Chine – Afrique Angola : Dette moins prégnante Angola : Zone franche de Barra do Dande Cap-Vert : Coopération économique Cap-Vert : Modernisation Mozambique : Bois Chine – Portugal – Sao Tomé-et-Principe – Russie – Iran Craintes Corée du Nord À la mer Inde – Brésil Convergences Japon – Corée du Sud – Brésil À qui vendre sa viande Macao – … Lire la suite
Asie du Sud-Est – Chine : Le canal de Pinglu : opportunité ou pression supplémentaire ?
Le 16 septembre 2026, la Chine a inauguré un canal de 134,2 km dans la province du Guanxi. Celui-ci devrait donner à ses provinces enclavées un accès facilité à la mer (golfe du Tonkin) en permettant d’accueillir des navires d’une capacité allant jusqu’à 5 000 tonnes. Après quatre années de travaux et un investissement de 10,8 milliards de dollars, ce canal est destiné à raccourcir de plus de 560 km l’acheminement des marchandises vers le golfe. Logiquement, on peut s’attendre à une densification des échanges. L’embouchure du canal de Pinglu se trouve en effet à Qinzhou, à l’avant-garde de la zone de libre-échange Chine-ASEAN ; d’ailleurs, une liaison internationale entre Nanning et Cần Thơ, dans le delta du Mékong au Vietnam, a été immédiatement ouverte. Pour les économies d’Asie du Sud-Est, l’enjeu consiste à ne pas faire de ce canal une voie à sens unique qui aggraverait les flux de dépendance mais à profiter aussi du marché chinois.
Taïwan – États-Unis – Chine : Washington juge le risque taïwanais surévalué
Pour le plus haut diplomate américain en charge de l’Asie de l’Est, le marché se trompe : Taïwan serait le risque le plus mal évalué. Xi Jinping, « acteur très rationnel », ne passerait pas à l’acte si le coût était prohibitif. Pourtant, Pékin renforce sa présence militaire autour de l’île, courtise le Kuomintang et presse Washington de s’opposer à l’indépendance, tandis que Donald Trump suspend une vente d’armes à Taïwan.
Taïwan – États-Unis : Trump fait campagne, Taïwan passe à la caisse. Quand Trump fait de Taïwan un argument électoral
À l’approche des midterms, Trump aligne dans ses meetings électoraux les engagements financiers étrangers comme autant de succès personnels. En Alaska, il annonce, que Taïwan achètera du gaz local et investira 4,4 Mds US$. La version officielle taïwanaise est plus prudente : 6 Mt par an, jusqu’à 4,4 Mds US$, conditions encore à négocier. En Arizona, Trump s’est attribué l’extension de l’investissement de TSMC à Phoenix et a promis que les États-Unis contrôleraient bientôt « 50 % de la capacité mondiale de puces ». Trois journalistes taïwanais1 documentent l’écart entre annonce et engagement et posent la question de la contrepartie.
Taïwan – États-Unis : Acte IX scène 1 : le Pentagone détache des représentants au ministère taïwanais de la Défense
Jusqu’ici limitée aux instructeurs de terrain et aux bureaux de l’AIT*, la présence militaire américaine à Taïwan devrait franchir un cap avec l’installation de deux représentants du Pentagone, directement au siège du ministère taïwanais de la Défense.
Mongolie – Chine : Oyu Tolgoi, un test de souveraineté énergétique
Le 24 septembre 2026, le ministère mongol de l’Énergie a retenu un consortium mongolo-chinois pour développer jusqu’à 530 MW de capacités solaires et éoliennes dans la province d’Ömnögovi, dans le Sud-Gobi. Une partie de cette production alimentera la mine de cuivre et d’or d’Oyu Tolgoi, située dans le district de Khanbogd. Le projet doit réduire la dépendance de la principale mine du pays à l’électricité importée de Mongolie-Intérieure. Il intervient huit jours après la première interconnexion « réseau à réseau » entre la Mongolie et la Chine. Pour Oulan-Bator, l’enjeu dépasse le prix du kWh : il porte sur la nature même de son autonomie énergétique.
Dilemme japonais : soutenir Taïwan sans s’engager dans une guerre
日本的窘境
Les Japonais redoutent une action militaire chinoise contre Taïwan, mais refusent massivement que leurs Forces d’autodéfense s’y engagent. Alors que l’île de Yonaguni (archipel d’okinawa) s’apprête à accueillir un exercice conjoint avec les États-Unis et que des parlementaires amis de Taïwan avancent sur la coopération de défense, le sondage du JPRI* creuse l’écart entre opinion publique et classe politique. Il est lu à Taipei sous le seul angle de la menace chinoise, et passe sous silence le recul du soutien japonais à une intervention.
Corée du Sud – États-Unis 200 milliards de dollars : le nouveau prix de l’alliance ?
Le 30 septembre 2026, le président américain Donald Trump a présenté à la Maison-Blanche les premiers projets appelés à mobiliser l’engagement sud-coréen de 200 milliards de dollars aux États-Unis : une centrale à gaz au Texas, huit réacteurs nucléaires et le projet de gaz naturel liquéfié d’Alaska. Le lendemain, Séoul a contesté la présentation américaine du volet alaskien, toujours soumis à une étude de rentabilité. À l’approche des élections de mi-mandat, l’épisode éclaire la méthode américaine : obtenir des alliés des capitaux et des capacités industrielles en échange de la stabilité tarifaire. Il montre aussi comment la Corée du Sud tente d’en garder la maîtrise et d’en tirer des débouchés pour ses entreprises et sa filière nucléaire.
Corée du Sud – États-Unis : Les sous-marins à propulsion nucléaire prendront-ils la mer ou prendront-ils l’eau ? Depuis l’accord Trump-Lee de novembre 2025, les choses avancent difficilement sur ce projet structurant de la défense sud-coréenne
Le projet, appelé Jang Bogo N, prévoit de lancer le premier bâtiment au milieu des années 2030, pour une mise en service opérationnelle vers la fin de cette décennie. Il est timidement contesté dans le pays en raison de son coût exorbitant, au détriment d’autres armes exportées dans le monde entier, et de son utilité pour un pays dont l’ennemi stratégique – la Corée du Nord – est à sa frontière, ce qui réduit la nécessité d’une grande autonomie pour ses sous-marins. Il avance très lentement du fait du net refroidissement des relations américano-coréennes.
Chine – Philippines – Japon – Taïwan : Comment la Chine espère élargir les goulets marins au sud et au nord de Taïwan
Le 1er octobre 2026 les garde-côtes des Philippines ont intercepté un navire chinois de recherche scientifique opérant illégalement en ZEE nord du pays, dans le secteur d’Itbayat, qu’il a finalement quitté le 2 octobre. L’ambassade chinoise à Manille a contesté l’action philippine comme contrevenant au droit de la Chine à exercer ses activités dans des eaux sous sa juridiction. Le discours se fonde sur les récentes conclusions d’un groupe d’universitaires démontrant que tout le groupe des îles et îlots au nord de Luçon sont une « extension géographique naturelle » de Taïwan et de ce fait appartiennent à la Chine. Le discours n’a pas encore été officialisé par la capitale chinoise mais il est l’indice d’une tentative, en gestation, de déstabilisation du gouvernement philippin quant à son authentique souveraineté sur des îles dont l’intérêt stratégique est crucial, à des degrés différents, tant pour Manille que pour Pékin.
Chine – Japon Mer de Chine orientale : la troisième mèche
En mer de Chine orientale, Pékin ne cherche pas l’affrontement mais l’usure du Japon. Garde-côtes présents presque chaque jour, flottes de pêche mobilisées en masse, argument juridique tiré de la Charte de l’ONU, articulation avec Taïwan : tout est calibré pour rester sous le seuil de la guerre et entraver l’action de Tokyo en cas de crise à Taïwan. Fin septembre 2026, un début de dialogue est apparu, sans rien débloquer.
Lettre confidentielle Asie21-Futuribles n° 209/2026-10 sommaire
1- ÉVÉNEMENTS MAJEURS RÉCENTS ET ENJEUX DE DEMAIN
ASIE DE L’EST
Chine – Japon Mer de Chine orientale : la troisième mèche, Catherine Bouchet-Orphelin, Asie21
Chine – Philippines – Japon – Taïwan Comment la Chine espère élargir les goulets marins au nord et au sud de Taïwan, Daniel Schaeffer, Asie21
Encadré 1 Les Philippines face à la prétention semi-officielle chinoise sur les îles Batan
Encadré 2 Récapitulatif succinct des illégales opérations chinoises à proximité immédiate des Batan
Corée du Sud – États-Unis 200 milliards de dollars : le nouveau prix de l’alliance ? Arnaud Leveau, Asie21
Chine – États-Unis – Australie – Taïwan FIP : un sommet annuel sous tension
Le 55e sommet annuel du Forum des Îles du Pacifique (FIP), qui s’est tenu du 31 août au 3 septembre 2026 aux Palaos, partenaire stratégique des États-Unis, a rappelé l’enjeu stratégique que représente le Pacifique Sud dans la compétition qui oppose le couple États-Unis – Australie à la république populaire de Chine dans la région, sur fond de tensions autour de la question taïwanaise. Les 18 membres ont réussi à présenter une unité de façade mais l’absence de consensus lors de la rédaction de la déclaration finale témoigne de divergences profondes entre les membres.
Taïwan – États-Unis : Taïwan dans le viseur américain
Les États-Unis renforcent fortement la surveillance des chaînes commerciales transitant par Taïwan et d’autres grands hubs asiatiques et occidentaux afin de lutter contre le contournement des droits de douane américains sur les produits chinois.
Taïwan – Japon : Le virage politique d’Okinawa, facteur favorable pour le gouvernement de Lai Ching-te
L’élection de Koja Genta au poste de gouverneur d’Okinawa marque une rupture politique majeure après huit années de gouvernance de Tamaki Denny*.
Taïwan – Corée du Sud : Séoul contre Taipei, la guerre des récits économiques. Les Taïwanais qualifiés de « super-héros mendiants » par les médias coréens
韓國媒體譏諷台灣經濟是乞丐超人
Taïwan affiche une croissance économique spectaculaire, portée par l’industrie des semi-conducteurs et des technologies. Mais derrière ce succès se cachent de profondes disparités selon le journal sud-coréen Korea Daily1 qui critique les difficultés économiques et sociales de Taïwan (inégalités de revenus, patrimoine concentré, prix de l’immobilier très élevé, fossé entre le secteur technologique et le reste de la population), pointant ainsi les revers d’un miracle économique dont une partie de la population ne profite guère. C’est le paradoxe du miracle des semi-conducteurs.