La publication du rapport du service de recherche du Congrès sur l’AUKUS rassemble toutes les informations qui vont permettre aux parlementaires américains de se prononcer en toute connaissance de cause sur ce qui constituait le cœur de l’accord : l’affectation d’au moins trois sous-marins nucléaires d’attaque Virginia à la marine australienne. Ce qui allait de soi en 2021 ne l’est plus à la suite de l’effondrement de la productivité des chantiers navals américains et du retard pris dans la production et l’entretien. Ces affectations se feraient au détriment des capacités navales américaines. L’évaluation des avantages et des inconvénients des différentes options semble indiquer que, face à une éventuelle crise avec la Chine, la solution la plus avantageuse serait de réserver les sous-marins nucléaires d’attaque exclusivement à la flotte américaine mais de leur donner comme port d’attache la base navale que l’Australie est en train de développer. À moins d’un revirement improbable, l’alliance AUKUS, telle que l’avait envisagée l’Australie lors de sa rupture avec la France, semble désormais dépassée.
Afin d’obtenir l’attribution du secrétariat de l’Accord, décision qui pourrait être prise fin 2026 selon le programme organisationnel prévu, la Chine multiplie les actions qui visent à la faire reconnaître comme une puissance particulièrement attentive à la préservation du milieu marin international. Ce qu’elle n’est pas vraiment et ce qui rend contestable sa prétention à la prise de responsabilité du secrétariat.