L’intervention militaire américaine en Iran ne produit pas seulement un choc moyen-oriental. Elle recompose déjà, à distance, plusieurs équilibres asiatiques. Le premier effet est économique : tension sur les routes maritimes, hausse brutale de l’énergie, perturbations logistiques et renchérissement de certains intrants critiques. Le second est stratégique : pour rassurer ses positions et ses partenaires au Moyen-Orient, Les États-Unis ont redéployé des moyens jusque-là mobilisés en Indo-Pacifique, ce qui nourrit en Asie une interrogation familière mais redevenue urgente sur la disponibilité réelle de la puissance américaine. La crise éclaire également la position chinoise. La Chine appelle à l’apaisement et tente une médiation mais son influence réelle reste limitée. Les événements produisent deux lectures opposées en Asie : un affaiblissement de la capacité américaine à couvrir plusieurs théâtres simultanément et une difficulté persistante de la Chine à structurer un ordre régional.
Terminal High Altitude Area Defense
Corée du Sud – Chine : Rapprochement stratégique prudent
Le 1ᵉʳ novembre 2025, en marge du sommet de l’APEC, les présidents Lee Jae-myung et Xi Jinping ont tenu à Gyeongju un sommet bilatéral de haut niveau, le premier entre les deux pays depuis 2014. À l’issue de la rencontre, la Corée du Sud et la Chine ont annoncé une série d’accords économiques et politiques marquant une normalisation complète de leurs relations. La nouvelle administration Lee met en avant une diplomatie « pragmatique », centrée sur la stabilité économique et la gestion des interdépendances avec la Chine. Ce recentrage s’accompagne d’une volonté de maintenir l’alliance militaire avec les États-Unis tout en réduisant la dépendance stratégique qui en découle.