1 – ÉVÉNEMENTS MAJEURS DU MOIS ET ENJEUX DE DEMAIN EURASIE Russie – Japon Espoirs et désenchantement, Jean Perrin, Asie21 EXTRÊME-ORIENT Chine Une règlementation pour responsabiliser les institutions financières systémiques, Patrick Hébert, Asie21 Encadré Risque systémique Une licorne « aux caractéristiques chinoises », Édouard Valensi, Auteur invité, Asie21 Chine – Angola Du poids de la dette, Jorge Lusaf, Asie21 Chine – … Lire la suite
L’Indo-Pacifique est le nouveau concept à la mode, un concept étrangement élastique et déclinable. Lancé une première fois par Shinzo Abe en 2007, il reprend forme en 2013 quand le Livre blanc australien le cite comme « un espace de prospérité et de stabilité ». Shinzo Abe le réhabilite en 2016 et articule une stratégie pour un Indo-Pacifique « libre et ouvert », en même temps que le Premier ministre indien qui y voit un prolongement de la Look East Policy lancée par son pays en 1991. En 2017, l’Administration Trump l’intègre dans sa Stratégie de sécurité nationale, puis dans sa Stratégie de défense nationale en 2018. De manière étonnante, l’ASEAN, située à la charnière des océans Indien et Pacifique, n’a pas encore adopté une politique appropriée. Ce qui ne signifie pas pour autant que l’Association et ses dix membres se désintéressent du sujet.
L’improbable retour au pouvoir de Mahathir Mohammad, ancien Premier ministre (1981 – 2003), à la faveur des élections générales le 9 mai 2018, a pris bon nombre d’observateurs par surprise. Âgé de 93 ans, Mahathir retrouve un pays en mauvaise posture. Non seulement l’économie traverse une passe difficile, mais les dérives politiques ont atteint de nouveaux excès avec Najib Razak, le Premier ministre sortant. Sur la scène internationale, le crédit dont bénéficiait ce pays émergent a été sérieusement entamé. Après l’euphorie et la jubilation, le Premier ministre et sa nouvelle administration doivent faire face à de sérieux défis. Rien n’indique à ce stade qu’ils vont y parvenir.
1 – ÉVÉNEMENTS MAJEURS DU MOIS ET ENJEUX DE DEMAIN ASIE MÉDIANE Afghanistan – Chine Une base militaire afghano-chinoise, Rémi Perelman, Asie21 EXTRÊME-ORIENT Chine La Chine interrompt la libéralisation de son secteur financier, Philippe Delalande, Asie21 Chine – États Unis Quand les éléphants se battent, les herbes sont piétinées, Jean-Raphaël Chaponnière, Asie21 Une nouvelle étape dans la guerre commerciale et économique, Patrick … Lire la suite
Des 1er au 3 juin 2018 s’est tenu le Dialogue du Shangri-La (SLD), réunion annuelle des hauts responsables à la défense à Singapour. Avec la question nord-coréenne et celle de la mer de Chine du Sud, les risques d’accrochage ne manquaient pas. Pourtant, cette édition a aussi largement tourné autour du concept – toujours débattu – d’Indo-Pacifique. Narendra Modi, Premier ministre de l’Inde, a ouvert le dialogue et promu des règles pour la stabilité et la sécurité. Au-delà des appels consensuels à la coopération et au dialogue, une certaine tension mais aussi effervescence étaient palpables.
Le 9 mai 2018, des élections générales se sont tenues en Malaisie et en dépit de manipulations, de menaces de chaos, de peurs attisées, les Malaisiens ont fait le grand saut et mis un terme à six décennies de pouvoir de la coalition Barisan Nasional (BS) qui dirigeait le pays depuis l’indépendance (1957). Troisième économie d’Asie du Sud-Est, la Malaisie a fait preuve d’audace et les citoyens réclament l’établissement d’un État de droit garantissant une meilleure égalité civile, juridique et politique. Pour autant, est-ce l’aube d’une nouvelle démocratie ?
Le Laos est un État enclavé, frontalier de la Chine, de la Thaïlande, du Vietnam et de la Birmanie. Dirigé par le Pathet Lao, Parti communiste local, c’est l’un des pays d’Asie du Sud-Est parmi les moins développés : le PIB/habitant (6, 9 millions) n’atteint pas 2000 dollars. Néanmoins, sa croissance en 2016 était de 7,4 % : bien surprenant même si on sait que les secteurs clés de l’énergie et des mines sont en plein développement. Ce qui justifie ce taux enviable a un nom « magique » : les Routes de la soie, la fameuse « Initiative une Ceinture, une Route » (BRI) de Xi Jinping. État-tampon et porte de l’Asie du Sud-Est péninsulaire, le Laos en a été un des premiers bénéficiaires.
Des 16 au 18 janvier 2018, s’est tenu à Delhi le troisième Dialogue Raisina. Il s’agit d’un forum multilatéral consacré aux questions internationales et globales coorganisé par le ministre indien des Affaires étrangères et l’ORF, un centre de recherche. Le thème traité cette année et décliné en une cinquantaine d’ateliers était « Gérer les temps de rupture ». Ces ateliers réunissaient quatre à cinq experts sur la scène qui, après avoir présenté les principaux enjeux – de leur point de vue – sur le thème, étaient interrogés par un ou une spécialiste du sujet avant que la salle puisse poser des questions. Le format, très dynamique et interactif, a permis des discussions particulièrement animées sur des sujets aussi différents que le concept Indo-Pacifique (les quatre amiraux en charge du QUAD1 étaient présents), l’intelligence artificielle, les villes connectées, les enjeux technologiques de la lutte contre le terrorisme ou l’avenir de l’Afghanistan (autour d’un ex-Président Karzaï très lucide).
Le président Jokowi se trouve, à un peu plus de la moitié de son mandat, dans une position délicate : les courants musulmans fondamentalistes jouent de plus en plus habilement des ouvertures démocratiques pour se faire entendre dans l’espace public et critiquer les politiques engagées par son Administration. Pour ralentir leur progression, le président doit avancer des résultats tangibles ; ce qu’il ne peut pas faire sans les investissements chinois, dont l’ampleur est dénoncée par les mêmes radicaux. Comment résoudre ce dilemme ?
Le président Trump sera bientôt en Asie du Sud-Est (Vietnam, Philippines) pendant une tournée asiatique. Après avoir, dans un premier temps, envoyé des signaux contradictoires qui ont profondément perturbé ses partenaires, l’administration Trump a réagi et s’est engagée à réactiver les partenariats en cours avec les États d’Asie du Sud-Est et l’ASEAN. Ses engagements et gestes de bonne volonté seront-ils suffisants pour permettre aux États-Unis de revenir dans un espace régional de plus en plus irrigué par les dynamiques chinoises ?
Le 25 août 2017, une trentaine de postes de police birmans et une base militaire sont attaqués par des soldats de l’ARSA (Armée du Salut des Rohingya de l’Arakan), déclenchant des représailles violentes de la part de l’armée birmane, la Tatmadaw. Les tensions auraient fait selon l’armée au moins 500 morts mais l’ONU estime le nombre de victimes à un millier et fait état d’exactions, de viols et de villages incendiés. 40 000 réfugiés se dirigent vers le Bangladesh, plusieurs milliers s’embarquent sur des navires de fortune vers la Malaisie ou l’Indonésie.
La communauté internationale dans son ensemble s’indigne sur le silence d’Aung San Suu Kyi.
La communauté musulmane dénonce les agissements et abus de la Tatmadaw.
Al Qaida déclare « qu’aider les Rohingya et organiser la résistance est une obligation de la charia ».
L’ASEAN est divisée.
Les ressorts du drame des Rohingya sont d’abord à chercher dans l’histoire chaotique de la Birmanie ces siècles derniers ; et force est de constater qu’il n’a pas ému les acteurs extérieurs depuis l’indépendance. Ce pourrait être le paramètre vraiment nouveau de cette dernière crise : une internationalisation dont il n’est pas sûr que les Rohingya tirent bénéfice.
LE MONDE | • Mis à jour le | Propos recueillis par Marc-Olivier Bherer
La spécialiste Sophie Boisseau du Rocher estime qu’avec le discours de mardi, la dirigeante birmane a fait un geste sensible pour l’intégration des Rohingya.
Que vous inspirent les déclarations de la dirigeante birmane sur les Rohingya, qui a condamné « les violations des droits de l’homme » dont ils sont victimes et a déclaré que son pays était « prêt » à organiser le retour des Rohingya réfugiés au Bangladesh ?
Sophie Boisseau du Rocher : Les déclarations d’Aung San Suu Kyi pourraient décevoir ceux qui attendaient un revirement complet et public de ses positions, qui espéraient par exemple qu’elle condamne publiquement l’armée pour les exactions commises dans l’Etat d’Arakan, exactions qui pourraient même paraître sous-estimées. Il s’agit, à mon avis, d’une erreur de jugement et d’une méconnaissance de la situation sur place.
Depuis plusieurs mois, le Premier ministre du Cambodge Hun Sen procède à un resserrement des jeux politiques afin de ne laisser aucune possibilité à l’opposition de gagner les élections législatives de juillet 2018. Derniers événements en date : l’arrestation du dirigeant du PSNC (Parti du Sauvetage national), Kem Sokha, le 3 septembre 2017 et la fermeture d’un des derniers journaux d’opposition, le Cambodia Daily, le 4 septembre. En même temps que la mise en place d’une « démocrature », Hun Sen revendique l’échec de la transition démocratique. L’exportation du modèle chinois se consolide.
Le 4 juin 2017, les 8 millions d’électeurs cambodgiens étaient appelés aux urnes pour élire leurs maires. Ce scrutin avait valeur de test avant les élections législatives de 2018, autrement plus importantes pour le pouvoir en place. Hun Sen, Premier ministre depuis 31 ans, ne se voit toujours pas passer le relais, et encore moins à un représentant de l’opposition. L’année à venir va donc être particulièrement intéressante à observer aussi bien pour les manipulations auxquelles le régime va probablement avoir recours, que pour l’ingéniosité dont devra faire preuve l’opposition. Mais l’avenir de la transition démocratique est clairement au bout du processus.
Le 29 mai 2017, le président Rodrigo Duterte a décrété la loi martiale à Mindanao (où vivent 20 millions d’habitants à 80 % musulmans) où des groupes rebelles se réclamant de Daech font régner la terreur. Le monde réalise avec inquiétude que l’État islamique considère cet archipel, ainsi que la Malaisie et l’Indonésie voisines, comme des nouveaux espaces d’expansion.
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