Asie du Sud-Est : Tectonique géopolitique dans le bassin du Mékong

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Asie du Sud-Est : Tectonique géopolitique dans le bassin du Mékong

Par Rémi Perelman, Asie21

SOMMAIRE

PREMIÈRE PARTIE. LE JEU DES INSTITUTIONS

I – États-Unis-Chine, entre rivalité et ajustements

Encadré 1. Partage géographique du bassin du Mékong

II – Des structures multinationales aux personnalités accusées

1- La Commission du Mékong, Mekong River Commission, MRC, [1957] 1995

Encadré 2. Les services des données et de l’information de la CMR

2) La Région du grand Mékong, Greater Mekong Subregion, GMS

3) Partenariat Mékong-États-Unis

4) Coopération Lancang Mékong

Encadré 3. Les onze barrages sur le cours supérieur du Mékong (Lancang)

Encadré 4. Incidence des barrages chinois sur le cours inférieur du Mékong

Encadré 5. Questions sur la LMC, soumises à recherche par l’Institut des économies en développement de la JETRO

4 bis – L’Institut du Mékong

Encadré 6. Les projets confiés par la LMC et l’Institut du Mékong

4 ter – Le Centre mondial d’études sur le Mékong

DEUXIÈME PARTIE. LE JEU DES INFRASTRUCTURES  (à venir)

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Première partie. Le jeu des institutions

I – États-Unis-Chine, entre rivalité et ajustements

Si en Indo-Pacifique, la situation en mer de Chine méridionale et la possible force sous-marine à propulsion nucléaire australienne font l’actualité, quasiment rien n’émane de l’abcès qui mûrit dans le vaste bassin fluvial (une fois et demie la superficie de la France) du Mékong. Il concerne six pays dont cinq forment la moitié des effectifs de l’ASEAN et qui, à l’instar du corridor économique sino- pakistanais en gestation, relie la Chine aux mers chaudes. Comme tel, il constitue pour les deux hyperpuissances un terrain stratégiquement sensible.

La position de l’Himalaya chinois en amont, la faible gouvernance de ses voisins méridionaux et la présence d’une diaspora influente donnent l’avantage à Pékin, juxtaposant en outre la puissance économique chinoise et trois des pays les moins avancés du monde (Birmanie, Cambodge, Laos). Sa liberté de manipulation du débit fluvial et des données correspondantes lui offre un levier sur les pays de l’aval dans la bataille feutrée que s’y livrent depuis plusieurs décennies les deux camps. Les armes utilisées y sont les institutions de gestion de l’eau enrôlant globalement, de part et d’autre, les mêmes pays. Seule, la couleur de leur parrainage les distingue. Mais, là encore, la Chine a l’avantage d’être l’un des acteurs du terrain, les États-Unis ne disposant que de son influence et de son argent.

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La Chine au centre des enjeux hydrauliques asiatiques

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Cet article du général Alain Lamballe (2S) est paru dans la revue Géopolitique d’octobre 2009 [dirigée à l’époque par Marie-France Garaud, revue qui a ensuite pris le nom de Nouvelle revue Géopolitique  avant de disparaître] mais il conserve toute son actualité. Aussi, nous le publions ici. À noter que lConvention des Nations unies sur les droits relatifs aux utilisations des cours d’eau internationaux à des fins autres que la navigation, adoptée en 1997, mentionnée dans l’article, est entrée en vigueur en 2014, le nombre minimum de ratifications nécessaire ayant été atteint à cette date.

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La Chine est magnifiquement dotée par la géographie car elle possède le plus grand château d’eau d’Asie, le Tibet bordé au Sud par l’Himalaya, le Karakoram et l’Hindukush, et plusieurs autres régions pourvoyeuses de moindre importance comme les Monts Célestes, les Monts Qilian et les Monts Altaï. Sa position en amont l’avantage par rapport à tous les pays qui l’entourent mais l’expose aussi aux critiques de ceux-ci. Partie prenante à de nombreux différends relatifs aux fleuves et rivières internationaux, elle se trouve au centre de la problématique de l’eau en Asie continentale et n’en mérite que mieux son appellation d’Empire du milieu[1].

Cet article est consacré aux relations de la Chine avec ses voisins dans le domaine de l’eau. Il mentionnera d’abord les particularités de ce pays avant d’aborder les problèmes région par région, dans l’ordre inverse des aiguilles d’un montre (Asie du Nord-Est, Asie du Nord, Asie centrale, Asie du Sud et Asie du Sud-Est) qui correspond à une emprise chinoise grandissante susceptible d’engendrer des tensions. En dernier lieu, il esquissera les grands traits de la politique suivie par la Chine tels qu’ils se dégagent des analyses régionales et de sa diplomatie mondiale. 

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Chine : Un pays a-t-il le droit de manipuler son climat sans demander l’accord du reste de la planète ?  

Le 2 décembre 2020, la Chine a annoncé qu’elle compte, d’ici 2025, contrôler le climat de plus de la moitié de son territoire, soit environ une fois et demie la superficie de l’Inde. 

On 2nd of December 2020, China has announced that it plans to control the climate of more than half of its territory (about one time and a half of the size of India), by 2025. 

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Asie du Sud-Est  : Chine – Mékong, mais pas en tête à tête

La Commission du Mékong a 25 ans. Elle est la lointaine héritière du Comité international pour l’aménagement du bassin inférieur du Mékong, conçu en 1957 comme un élément de la stratégie américaine dans la péninsule indochinoise. Se consacrant à la surveillance environnementale du bassin, elle coexiste aujourd’hui avec un second mécanisme, à visée économique, ainsi que trois programmes de coopération menés respectivement par la Chine, le Japon et les États-Unis.

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Chine – Mékong : les récents plans chinois et leurs impacts environnementaux pour les pays en aval

Une des dernières initiatives de la Chine, consiste à convaincre les pays situés en aval du fleuve Mékong, de lui permettre de prendre les mesures nécessaires à ce qu’elle appelle « l’amélioration de la navigation » sur son cours.

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