Riche en minerais critiques, la Birmanie, en proie à une guerre civile à l’horizon incertain, voit son accès à ses ressources perturbé, même dans l’État Shan, à l’est du pays, pourtant partiellement épargné par les combats. Cette situation suscite certaines inquiétudes en Chine car elle menace ses approvisionnements en terres rares, à l’heure où Washington semble vouloir faire pression sur elle afin qu’elle en augmente ses exportations. La nécessité chinoise d’assurer la sécurité de ses approvisionnements peut toutefois trouver un écho favorable dans la prise de contrôle, en juin 2025, de sites d’extraction de terres rares par l’United State Wa Army (UWSA).
Chine
Taïwan – Chine – États-Unis : Acte IV scène 2 : quatre exercices militaires dans l’Indo-Pacifique. Dissuasion stratégique intense
Les exercices militaires (Resolute Power Pacific, exercice trilatéral États-Unis-Japon-Corée du Sud, Talisman Sabre) dans la région indo-pacifique ont pour objectif technique de développer l’interopérabilité entre les participants. L’exercice annuel Han Kuang 41 est purement taïwanais et a pour objectif d’entraîner les forces militaires de Taïwan, Kinmen, Penghu et Matsu. Sur le plan stratégique, ils envoient un message à la Chine : sa menace est prise en compte et certains se préparent à l’affronter.
Japon – Royaume-Uni – Taïwan : Au nom du droit de la mer, ils ont franchi le détroit
Le 12 juin 2025, la frégate polyvalente japonaise JS Takamani, puis le 18 juin, le patrouilleur britannique de haute mer HMS Spey ont passé le détroit de Taïwan. L’objectif était de rappeler à la Chine que la bande centrale de mer dudit détroit ne constitue pas des eaux intérieures chinoises mais constitue une voie ouverte à la liberté de la navigation internationale en vertu du droit de la mer.
On 12 June 2025, the Japanese destroyer JS Takamani, followed on 18 June by the British high-sea patrol vessel HMS Spey, passed through the Taiwan Strait. The aim was to remind China that the central strip of sea in the Taiwan Strait does not constitute Chinese internal waters, but is an open channel for the freedom of international navigation according to the Law of the Sea.
Australie – États-Unis –Taïwan : Pression américaine, prudence australienne, visite du PM Albanese en Chine
Alors que le ministre australien de la Défense, Patrick Conroy*, demeure prudent sur la position de l’Australie concernant Taïwan, le Premier ministre Anthony Albanese* entame, le 13 juillet 2025, une visite de 6 jours en Chine, coïncidant avec le début de l’exercice militaire Talisman Sabre 20251, organisé par l’Australie et les États-Unis, et rencontre xi Jinping.
Taïwan – Guam : La gouverneure de Guam reçue à Taïwan par un président austronésien ?
Guam est un territoire insulaire – territoire non incorporé – des États-Unis situé dans l’archipel des Îles Mariannes, îles les plus au nord de la Micronésie. Les Mariannes se divisent en deux territoires américains distincts : l’île de Guam et les îles Mariannes du Nord et font partie de la deuxième chaîne d’îles1.
Lettre confidentielle Asie21-Futuribles n° 196/2025-07&08 sommaire
1- ÉVÉNEMENTS MAJEURS RÉCENTS ET ENJEUX DE DEMAIN
ASIE DE L’EST
Corée du Sud – Taïwan – États-Unis Sourde oreille coréenne à l’appel américain ? Catherine Bouchet-Orphelin, Asie21
Encadré 1 : Réserves de la Corée du Sud concernant son implication dans un conflit régional
Encadré 2 : La Chine invite le président Lee Jae-myung à la grande cérémonie de septembre
Japon – Royaume-Uni – Taïwan Au nom du droit de la mer, ils ont franchi le détroit, Daniel Schaeffer
Encadré 1 Les précédents japonais
Encadré 2 Les précédents britanniques
Encadré 3 Extraits pertinents de l’article 7 de la CNUDM : lignes de base droites
Mongolie – Asie centrale Ouverture régionale au Dialogue d’Oulan-Bator 2025, Arnaud Leveau, Asie21
Taïwan Exercice Han Kuang 2025 : montée en gamme face à la pression chinoise, Philippe Deponcelle, Asie21
Taïwan – États-Unis : Présence révélée d’instructeurs-formateurs américains à Taïwan
De manière inattendue, le contre-amiral (ER) américain Mark Montgomery mentionne, lors d’une audition1 au Congrès, la présence de formateurs américains stationnés à Taïwan en expliquant qu’il faut en doubler leur nombre.
Chine : Dong Jun a-t-il une cape d’invisibilité ?
Depuis son arrivée au pouvoir, Xi Jinping n’a de cesse de faire le ménage au sein de l’APL*, et surtout au sommet de sa hiérarchie, au nom de la lutte contre la corruption.
Inde – Bangladesh : Tensions entre l’Inde et le Bangladesh
Depuis la démission forcée de Sheikh Hasina le 5 août 2024 et son exil en Inde, les relations entre Dacca et New Delhi se détériorent de plus en plus.
Vietnam – Indonésie – Singapour – France : Perspectives après les visites d’État du président Macron
Le président de la République, Emmanuel Macron, a effectué trois visites d’État en Asie du Sud-Est (Vietnam, Indonésie, Singapour) du 26 au 30 mai 2025 (le premier déplacement du président au Vietnam et à Singapour). Le but affiché par l’Élysée était de « relancer la stratégie française dans l’Indopacifique » et de présenter la France comme « une force de paix et d’équilibre ». Ces objectifs ont permis à E. Macron de répéter durant cette tournée les mêmes messages volontaristes tout en déclinant une offre spécifique à chaque pays. Dans les recompositions en cours, en Asie orientale comme ailleurs dans le monde, le président Macron a rappelé que l’Union européenne avait une ligne cohérente et représentait une solution possible face aux « menaces de coercition ». Au-delà des contrats signés et des liens réactivés, que peut-on concrètement attendre de ce déplacement bien orchestré et fort médiatisé ?
French President Emmanuel Macron made three state visits to Southeast Asia (Vietnam, Indonesia, Singapore) from 26 to 30 May 2025 (the President’s first trip to Vietnam and Singapore). The stated aim of the Élysée Palace was to ‘relaunch France’s strategy in the Indo-Pacific’ and to present France as ‘a force for peace and balance’. These objectives enabled E. Macron to repeat the same pro-active messages during his tour, while at the same time putting forward a specific offer for each country. In the context of the changes taking place in East Asia and elsewhere in the world, President Macron reiterated that the European Union had a coherent line and represented a possible solution to the ‘threats of coercion’. Aside from the contracts signed and the links reactivated, what can we really expect from this well-orchestrated, high-profile trip?
Chine – Taïwan : Quai artificiel de débarquement
Depuis janvier 2025, la Chine a construit et expérimenté un premier quai artificiel de débarquement, baptisé Shuiqiao*, assemblage de trois éléments majeurs. Répondant à priori aux performances recherchées, la construction en série d’autres ensembles a commencé. Dans le cadre d’une opération de conquête de Taïwan, ce matériel devrait servir aux opérations de débarquement des deuxièmes échelons en forces de combat et en soutien logistique des unités engagées.
Chine – Afrique – États-Unis : Un corridor disputé
Objet de confrontations géopolitiques, le corridor dit de Lobito en Angola permettra, s’il se développe comme prévu, d’assurer aux États-Unis et à l’Europe un accès aux minéraux rares de l’Afrique centrale.
Philippines – Chine – États-Unis : Pas de printemps pour Manille
Manille connaît un printemps agité. Sa relation avec Pékin a en effet connu ces dernières semaines un fort regain de tension, illustré à grand bruit par la parade de drapeaux sur le récif contesté de Sandy Cay. Ce climat de tension est également alimenté par un contexte que Pékin ne manque pas de déclarer comme provocateur : tournée de réassurance de Pete Hegseth, affirmation de souveraineté en mer de Chine méridionale, exercice américano-philippin Balikatan-2025 – dont les scénarios et la zone de manœuvre s’approchent de Taïwan – déclaration philippine sur un engagement inévitable en cas de conflit à Taïwan, accords de défense de Manille avec le Japon et la Nouvelle-Zélande… Les Philippines campent sur une posture décomplexée et moins conciliante vis-à-vis de la Chine depuis la présidence Marcos, dopée par le soutien affiché par Washington qui, dans son pivot vers l’Asie du sud-est, compte peut-être faire des Philippines le proxy de sa stratégie d’endiguement de la Chine, au cœur du système développé le long de la première chaîne d’îles. Manille semble s’y préparer.
Birmanie : Les conséquences du séisme sur la guerre civile
Le 28 mars 2025, le plus puissant séisme depuis un siècle frappait le centre-nord de la Birmanie, tuait près de 4 000 personnes et en laissait 2 millions d’autres dans un état critique. Avec des effets dramatiques sur un pays déjà éprouvé par la guerre civile qui s’est engagée depuis le dernier coup d’État, le 1er février 2021. Un cataclysme autant géographique que social et stratégique, susceptible de redistribuer les cartes politiques. Une opportunité pour la Tatmadaw* mais une véritable épreuve pour l’opposition aux généraux qui subit à la fois les conséquences des désordres provoqués et le cynisme de l’armée. La trêve est arrivée à son terme le 30 avril avant d’être réinstaurée le 6 mai par la junte.
Asie – Canada – États-Unis : Inquiétudes
Le changement de gouvernance à Washington cause un nouveau souci au Canada. Souvent victime expiatoire à la place des États-Unis, notamment pour certains pays d’Asie, il doit composer avec ceux-ci dont les populations émigrées sont importantes dans son peuplement et impliquées dans son gouvernement.
Chine : Base sous-marine de Qingdao
À partir du 14 avril 2025, la presse internationale donne un tour sensationnel à l’analyse de clichés de Google Earth de la base sous-marine de Qingdao par un analyste naval australien. Ce qui n’enlève cependant rien à l’intérêt du travail d’Alex Luck et de la révélation au grand public de l’existence et de l’organisation de cette base.
Chine : Des échantillons très politiques
La Chine vise toutes les planètes du Système solaire. Mais après la Lune, c’est bien Mars qui est prioritaire. L’empire du Milieu souhaite ramener des échantillons de cette planète sur Terre.
Chine – Pakistan : Premier étranger à bord de Tiangong-3
Un astronaute pakistanais séjournera dans la station spatiale chinoise Tiangong-3 d’ici deux ans.
L’Asie-Pacifique. Nouveau centre du monde , Odile Jacob janvier 2025
de Sophie Boisseau du Rocher et Christian Lechervy
Recension de l’ouvrage par le Gal (2S) Alain Lamballe

Dans ce livre de 307 pages, Sophie Boisseau du Rocher et Christian Lechervy s’intéressent à l’Asie-Pacifique, une région plus restreinte que celle dénommée Indo-Pacifique. Pour les deux auteurs, l’Asie-Pacifique comprend 17 États : Mongolie, Corée du Nord, Corée du Sud, Japon, Chine, Taïwan, Birmanie, Laos, Thaïlande, Cambodge, Vietnam, Brunei, Malaisie, Singapour, Indonésie, Timor Leste, Philippines. Rassemblant le monde sinisé, ces pays apparaissent utilement sur une carte en noir et blanc au début de l’ouvrage. Cette région composée de l’Asie du Nord-Est et de l’Asie du Sud-Est se trouve au carrefour de deux océans, l’océan Pacifique et l’océan Indien, dont les parties nord apparaissent sur la page de couverture. Les auteurs indiquent que la Chine inclut dans la zone Asie-Pacifique l’océan Pacifique dans sa totalité.
Japon – Vietnam – Brésil : Nouvel acteur
La récente visite du président brésilien au Japon et au Vietnam conforte son pays dans son rôle d’acteur international d’importance.