L’absence du ministre sud-coréen de la Défense au Dialogue de Shangri-La 2025 (30 mai – 1er juin) marque une rupture discrète mais notable dans la participation traditionnelle du pays à ce forum sur la sécurité en Asie. Depuis 2004, la Corée du Sud y participait au plus haut niveau. La Corée du Sud a été également absente des plans du secrétaire américain à la Défense concernant les entretiens bilatéraux, trilatéraux et multilatéraux en marge du forum annuel, Séoul ayant dépêché le vice-ministre à la politique de défense, Cho Chang-rae, au lieu du ministre de la Défense par intérim, Kim Sun-ho.
LEVEAU Arnaud
Nouvelle-Zélande : Virage stratégique
La Nouvelle-Zélande amorce un virage stratégique dans sa politique étrangère, adoptant une posture plus affirmée face à la Chine, et marquée par un renforcement de ses alliances sécuritaires. Ce réalignement s’illustre notamment par une participation croissante aux exercices de liberté de navigation, des accords bilatéraux militaires et des discussions ouvertes sur une éventuelle participation au pilier 2 de l’Aukus (axé sur les technologies avancées non nucléaires). Cette évolution marque une rupture avec la tradition néo-zélandaise de neutralité relative, suscitant des interrogations au niveau régional.
Thaïlande –Vietnam : Un partenariat pour peser dans l’Asean et au-delà
Le 16 mai 2025, le Vietnam et la Thaïlande ont annoncé l’élévation de leurs relations bilatérales au rang de partenariat stratégique global, le niveau le plus élevé dans la hiérarchie diplomatique vietnamienne. Ce rapprochement intervient dans un contexte régional marqué par la montée en puissance de la Chine, le recentrage américain vers l’Indopacifique, et les tensions commerciales. Cette nouvelle alliance vise à consolider leur coopération politique, économique, sécuritaire et culturelle, tout en affirmant un rôle plus structurant dans l’Asean.
Lettre confidentielle Asie21-Futuribles n° 195/2025-06 sommaire
1- ÉVÉNEMENTS MAJEURS RÉCENTS ET ENJEUX DE DEMAIN ASIE DE L’EST Chine La marine chinoise brise ses chaînes, Philippe Deponcelle, Asie21 Chine – Afrique – États-Unis Un corridor disputé, Jorge Lusaf, Asie21 Chine – Taïwan Quai artificiel de débarquement, Daniel Schaeffer, Asie21 Encadré 1 Shuiqiao : mise en œuvre technique et service Taïwan – Chine – … Lire la suite
Corée du Sud – Japon – États-Unis : Vers une « zone de défense unifiée » : ambitions japonaises et inquiétudes sud-coréennes
Face à la montée des tensions en Indo-Pacifique, le Japon a proposé aux États-Unis la création d’une « zone de défense unifiée » regroupant les forces américaines, japonaises, sud-coréennes, australiennes et philippines. Cette initiative, bien accueillie aux États-Unis, inquiète la Corée du Sud qui craint de voir son armée entraînée dans des conflits dépassant la péninsule coréenne, notamment en cas de crise autour de Taïwan. Cette tension illustre les fragilités persistantes dans la construction d’une véritable architecture de sécurité collective en Asie orientale.
Cambodge : Entre fidélité stratégique et diversification prudente
Le Cambodge poursuit une politique étrangère marquée par un partenariat stratégique renforcé avec la Chine. Toutefois, dans un contexte géopolitique tendu, Phnom Penh manifeste des signes d’ouverture vers d’autres partenaires, notamment le Japon, dans une tentative de diversification diplomatique et économique visant à préserver son autonomie stratégique.
Indonésie : Militarisation économique et tensions stratégiques
Depuis l’arrivée au pouvoir du président Prabowo Subianto en octobre 2024, l’Indonésie a engagé une transformation rapide de son appareil étatique et de sa stratégie économique. Dans un contexte de fragilités budgétaires, de dépréciation de la monnaie nationale et d’interrogations sur la stabilité politique, le pays mise sur un interventionnisme délibéré combinant relance par la dépense publique, concentration du pouvoir et rôle accru des militaires dans la sphère civile. Parallèlement, l’Indonésie cherche à redéfinir sa place dans l’ordre mondial entre adhésion aux BRICS, rapprochement avec l’OCDE, et rôle de puissance pivot au sein de l’Indopacifique. Cette double dynamique – interne et externe – dessine les contours d’un projet de puissance indonésienne à haut risque.
Kazakhstan – Mongolie : Alternatives aux terres rares chinoises ?
Alors que la Chine tente de renforcer son contrôle sur les exportations de terres rares dans un contexte de tensions commerciales croissantes avec les États-Unis, le Kazakhstan et la Mongolie font irruption dans le jeu stratégique des ressources critiques. Découverte de gisements prometteurs, rapprochements diplomatiques, projets d’infrastructure : les deux pays d’Asie centrale s’affirment comme des alternatives crédibles à la domination chinoise.
Lettre confidentielle Asie21-Futuribles n° 193/2025-04 sommaire
1- Événements majeurs récents et enjeux de demain Asie centrale Kazakhstan et Mongolie Alternatives aux terres rares chinoises ? Arnaud Leveau, Asie21 Tadjikistan – Kirghizstan – Ouzbékistan Accords frontaliers, Alain Lamballe, Asie21 Asie de l’Est Chine-Taiwan-Etats-Unis Coup de tonnerre dans le détroit, Philippe Deponcelle, Asie21 Encadré 1 L’exercice Strait Thunder-2025A, dans le volume et l’intensité, … Lire la suite
Mongolie – Corée du Sud – Japon : Vers un partenariat à trois ?
La ministre des Affaires étrangères mongole, Battsetseg Batmunkh, en visite au Japon, a rappelé l’importance du partenariat bilatéral entre les deux pays et des relations développées avec d’autres démocraties libérales.
Japon – Australie – France : L’Australie pourrait reconsidérer ses options pour ses sous-marins. Le Japon en embuscade
L’Australie commence à douter de la faisabilité du programme de sous-marins nucléaires de l’alliance Aukus*. Face aux incertitudes croissantes liées aux coûts, aux délais et aux contraintes technologiques du projet et surtout aux éventuels revirements du partenaire américain, le pays pourrait être amené à envisager une solution alternative. Si la France peut se (re)positionner comme un partenaire évident, elle n’est pas la seule. Le Japon est déjà à la manœuvre.
Lettre confidentielle Asie21-Futuribles n° 192/2025-03 sommaire
1- ÉVÉNEMENTS MAJEURS RÉCENTS ET ENJEUX DE DEMAIN ASIE DE L’EST Chine – Mexique – États-Unis – Monde Fentanyl et pire, Jorge Lusaf, Asie21 Japon – Australie – France L’Australie pourrait reconsidérer ses options pour ses sous-marins, le Japon en embuscade, Arnaud Leveau, Asie21 Mongolie – Corée du Sud-Japon Vers un partenariat à trois … Lire la suite
Corée du Sud – Philippines : Un partenariat stratégique aux implications régionales et industrielles
La Corée du Sud s’affirme comme un acteur majeur de la coopération en matière de défense en Asie du Sud-Est. Son partenariat avec les Philippines se renforce à travers des ventes d’équipements militaires, des accords de coopération et un alignement stratégique face aux tensions régionales. En janvier 2025, le ministère philippin de la Défense nationale a révélé son intention d’acquérir 12 FA-50 pour environ 683 millions de dollars. Si elle se confirme, cette acquisition doublerait la flotte actuelle de FA-50 des Philippines, portant le total à 24 appareils. Cependant, la crise politique en Corée du Sud pourrait fragiliser ces relations, tandis que l’essor de l’industrie de défense sud-coréenne concurrence directement les entreprises européennes qui cherchent également à se positionner dans le pays.
Lettre confidentielle Asie21-Futuribles n° 191/2025-02 sommaire
1- ÉVÉNEMENTS MAJEURS RÉCENTS ET ENJEUX DE DEMAIN ASIE MÉDIANE Afghanistan – Pakistan – Chine Un corridor convoité, le Wakhan, Alain Lamballe, Asie21 ASIE DE L’EST Chine Centrale solaire orbitale, Philippe Coué, Asie21 Chine – États-Unis Trump : un nouvel ordre mondial ? Maurice Rossin, Asie21 Chine – Monde Double face ? Jorge Lusaf, Asie21 … Lire la suite
Japon – Indonésie : Développement conjoint d’un navire de guerre
Alors que le Premier ministre japonais Ishiba Shigeru n’est pas encore parvenu, malgré de nombreux efforts, à prendre attache avec le nouveau président américain Donald Trump, c’est en Asie qu’il essaie d’engranger des points et de restaurer une image écornée après son échec aux élections législatives d’octobre 2024. Si un déplacement en Chine au cours de l’année 2025 est fort probable, c’est d’abord en Asie du Sud-Est1 qu’il concentre son attention. Il s’est ainsi rendu en Malaisie (qui exerce la présidence tournante de l’ASEAN) et en Indonésie en janvier 2025 pour une mission principalement axée sur les questions de coopération en matière de sécurité, y compris énergétique, et de défense. En Indonésie, il a confirmé le développement conjoint d’un futur navire de guerre nippo-indonésien, rappelant la volonté croissante du japon de devenir, à terme, un acteur majeur du marché de l’armement mondial2.
Lettre confidentielle Asie21-Futuribles n° 190/2025-01 sommaire
1- ÉVÉNEMENTS MAJEURS RÉCENTS ET ENJEUX DE DEMAIN ASIE DE L’EST Chine Un surprenant modèle de société, Edouard Valensi, Asie21 Encadré 1 Rapport sur la mise en œuvre du Plan national de développement économique et social 2023 et du projet de Plan national de développement économique et social 2024 Encadré 2 La politique de natalité … Lire la suite
Vietnam : Un salon de défense sans complexe
C’est sans complexe que le Vietnam a organisé la seconde édition du salon Defence Expo consacré au marché de l’armement. A la différence la France qui a exclu un certain nombre de pays et de participants du salon Eurosatory en juin 2024, le Vietnam a accepté sans frémir la présence d’exposants venus de blocs différents … Lire la suite
Mongolie-Kazakhstan : Un partenariat stratégique pour quoi faire ?
Quelques jours avant d’effectuer une visite d’État en France, le président du Kazakhstan Kassym-Jotmat Tokaïev s’est rendu en Mongolie pour une autre visite d’État marquée par la création d’un conseil d’affaires Kazakhstan-Mongolie, afin de renforcer les liens commerciaux et économiques entre les deux pays mais aussi élever leurs relations à un niveau de partenariat stratégique. À la différence de son prédécesseur, le président Tokaïev souhaite placer la relation avec la Mongolie sur la liste des priorités de la politique étrangère du Kazakhstan. Si les deux pays ont tout intérêt à renforcer leur partenariat pour tenter de sortir de l’ornière russo-chinoise, ils pourraient également se trouver rapidement en concurrence sur le marché mondial des métaux précieux. Une meilleure coordination entre eux pourrait leur éviter de se trouver à la merci des grandes puissances qui cherchent à contrôler leur approvisionnement en matériaux essentiels.
Japon – Corée du Sud – États-Unis : Vers une institutionnalisation des alliances américaines
Avec l’objectif de maintenir un haut niveau de partenariat et de coopération avec leurs principaux alliés en Asie quels que soient les éventuels changements politiques, les États-Unis ont manifesté le souhait d’institutionnaliser certains des mécanismes de dialogue récemment mis en place. Cela pourrait, dans un premier temps, se concrétiser par la création d’un secrétariat permanent pour coordonner le triangle États-Unis – Japon – Corée du Sud. Puis, dans un second temps, déboucher sur la constitution d’une structure permanente de coordination entre l’Otan et ses quatre partenaires de la région indopacifique (IP4*)1. L’intérêt étant de garantir la poursuite de la politique actuelle, même en cas de changement d’administration aux États-Unis ou dans un autre pays de la région, et de contourner les oppositions quant à l’ouverture de bureaux de représentation de l’Otan en Asie.
Vietnam : L’art subtil de l’équilibre
Peu de temps après avoir reçu le président russe Vladimir Poutine au Vietnam en juin 2024, To Lam, le nouveau président du Vietnam1, nommé ensuite secrétaire général du Parti communiste au pouvoir, s’est rendu en Chine pour sa première visite officielle. Quatorze accords de coopération ont été signés en matière de santé, de développement des infrastructures et d’échanges bancaires. Pour rassurer ceux qui s’inquiètent d’un éventuel changement d’orientation de la politique étrangère vietnamienne, To Lam s’est rendu aux États-Unis en septembre pour participer à l’Assemblée générale des Nations unies. Il a prolongé son séjour américain pour rencontrer le président Joe Biden et assister à la signature de plusieurs contrats dans les domaines de l’aéronautique, de l’énergie et des technologies. Si l’équilibre semble maintenu, les principaux partenaires des États-Unis (Australie, Nouvelle-Zélande, Singapour et dans une moindre mesure le Japon et la Corée du Sud) semblent avoir été oubliés dans les premiers pas à l’international du nouvel exécutif vietnamien.