La visite du président sud-coréen Lee Jae Myung en Inde puis au Vietnam, du 19 au 24 avril 2026, confirme une inflexion de la diplomatie coréenne. Il ne s’agit plus seulement de multiplier les partenariats, mais de redéployer ses dépendances dans un environnement plus instable, marqué par les tensions énergétiques, la fragmentation des échanges et la recomposition des chaînes de valeur. Dans cette dynamique, l’Inde apparaît comme un partenaire encore sous-exploité au regard de son potentiel industriel, tandis que le Vietnam constitue déjà un point d’ancrage central du dispositif productif coréen en Asie. Le déplacement articule ainsi deux logiques complémentaires : ouverture et rattrapage avec New Delhi, consolidation et montée en gamme avec Hanoi. Pour la France, cette évolution ouvre un espace encore peu structuré. L’élévation récente des relations avec Séoul et Hanoi au rang de partenariats stratégiques globaux crée les conditions pour penser, au-delà des relations bilatérales, des coopérations plus opérationnelles à trois, intégrant selon les cas, l’Inde.
Lee Jae-myung
Corée du Sud : Signaux ambigus d’un rééquilibrage stratégique
Depuis l’élection de Lee Jae-myung en juin 2025, plusieurs occasions manquées sur la scène internationale interrogent les partenaires occidentaux de la Corée du Sud.
Corée du Sud – États-Unis – Taïwan : Sourde oreille coréenne à l’appel américain ?
L’Atlantic Council * recommande à la Corée du Sud d’augmenter son implication dans les questions de sécurité du détroit de Taïwan et donc de ne plus se limiter à la mission de dissuasion des troupes américaines stationnées en Corée du Sud face à la Corée du Nord.
Corée du Sud : L’opposition conservatrice au pouvoir
À l’issue d’une campagne électorale très animée, l’opposition conservatrice a remporté de justesse les élections présidentielles du 9 mars 2022 en Corée du Sud. Âgé de 61 ans, catholique, le nouveau président Yoon Seok Yeol, procureur général sous le gouvernement précédent, entrera en fonction le 10 mai. Réputé pour ses prises de position radicales, il a contribué à envoyer en prison trois anciens présidents sud-coréens. Estimant que les femmes coréennes ont assez de pouvoir, il veut notamment supprimer le ministère de l’Égalité hommes-femmes. Il envisage aussi d’augmenter sensiblement la durée hebdomadaire du temps de travail, actuellement de 52 heures.