La fermeture du détroit d’Ormuz, consécutive à l’opération militaire américano-israélienne Epic Fury contre l’Iran le 28 février 2026, a ouvert en Asie du Sud-Est une course aux approvisionnements alternatifs dont la Russie est la principale bénéficiaire. Ce pivot, présenté dans chaque pays comme contraint et temporaire, s’inscrit dans une logique de non-alignement structurel qui redessine les équilibres régionaux et ouvre une fenêtre d’opportunité pour la Russie dans un secteur critique.
Ormuz
Chine – Japon – UE – ONU – mers de Chine : Passe d’armes à propos de la sécurité et de la liberté de la navigation
Lors d’un débat ouvert à l’ONU le 27 avril 2026, portant sur « la sécurité et la protection des voies navigables dans le domaine maritime » et inspiré par la crise du détroit d’Ormuz, les déclarations de l’Europe et du Japon concernant la liberté de navigation internationale et sa sécurité dans les deux mers de Chine ont fortement déplu au représentant chinois, ce qui était à prévoir. Mais, de même que Pékin ne cesse de défendre des droits contestables dans les deux mers en tournant à sa guise le droit de la mer, il est fondamental de lui rappeler en permanence que ses interprétations pour justifier ses prétentions sont erronées et inacceptables.
Corée du Sud : Or noir et Ormuz. Ses dépendances énergétiques
Le conflit actuel autour du détroit d’Ormuz a mis en évidence une fragilité, jusque-là sous-estimée, de la Corée du Sud, son extrême dépendance au pétrole. Si on compare les mix énergétiques coréens et français, on constater que la Corée du Sud importe 2,5 M barils/jour (1,2 pour la France pour un PIB presque 2 fois supérieur). Plus inquiétant, 70 % du pétrole passe par le détroit d’Ormuz (10 % pour la France). La dépendance à cette voie maritime est la conséquence du choix du pays de concentrer ses achats pétroliers en Irak, au Koweït et au Qatar, là et où il n’y a pas d’autres voies d’accès aux marchés internationaux qu’Ormuz. À titre de comparaison, les principaux fournisseurs de pétrole de la France sont les États-Unis, l’Arabie saoudite (par le port de Yanbu), le Kazakhstan et la Norvège. Au-delà du pétrole – léger ou lourd, naphta (critique pour son industrie pétrochimique) – la Corée importe du Qatar de l’hélium, indispensable pour la fabrication de semi-conducteurs dont elle est un des leaders mondiaux. Là encore, une dépendance qui fragilise l’industrie du pays.
Tableau militaire de la région indopacifique
Tableau militaire de la région indo-pacifique Éléments documentaires Rémi Perelman, Asie21, mars 2018 Le déploiement militaire en Indo-Pacifique, notamment maritime Une région lourdement armée. Les acteurs présents dans cet espace composite qui se recompose sont engagés dans des relations complexes qui en font un foyer d’instabilité mondiale. On y trouve en effet – à … Lire la suite