Tableau militaire de la région indopacifique

Tableau militaire de la région indopacifique

Éléments documentaires

Rémi Perelman, Asie21, mars 2018

 

Le déploiement militaire en Indo-Pacifique, notamment maritime 

Une région lourdement armée. Les acteurs présents dans cet espace composite qui se recompose sont engagés dans des relations complexes qui en font un foyer d’instabilité mondiale. On y trouve en effet – à l’exception notable et très regrettable de l’Europe bien que la France y ait cependant un pied – huit puissances régionales classées parmi les vingt plus grandes puissances mondiales (Chine, Inde, Corée du Sud, Japon, Pakistan, Taïwan et Indonésie). Les deux premières (Chine et Inde) peuvent être considérées comme des superpuissances régionales. La Russie, autre superpuissance régionale, n’est pas très loin. Parmi elles, les puissances nucléaires que sont les États-Unis, la Chine, l’Inde, le Pakistan, la Corée du Nord et sans doute, le Japon.

L’Australie ne peut être que concernée. L’abondance de ses ressources terrestres, marines et sous-marines constitue un enjeu majeur dans une région qui concentre environ la moitié de la population du globe.

Quant aux pays de l’ASEAN, ils ne pèsent globalement rien, mais seront des supplétifs des uns ou des autres au gré de ralliements douteux comme en témoigne l’attitude des Philippines.

Sur le plan stratégique, le poids démographique n’est évidemment pas suffisant pour évaluer les masses combattantes. Lesquelles s’articulent dans le cadre d’institutions bi- ou multilatérales, d’accords de programmes ou d’alliances, à l’intérieur desquels évoluent, selon leurs doctrines et stratégies, les forces armées avec leurs effectifs et leurs équipements.

Deux facteurs majeurs d’instabilité très différents, déjà évoqués, caractérisent la région indopacifique : 1) la compétition entre la Chine et les États-Unis, avec les dangers de la surenchère et les risques des dérapages, accessoirement, la menace nord-coréenne, 2) le terrorisme, avec la présence de groupes inspirés par l’idéologie jihadiste ou un nationalisme exacerbé.

 

Les Flottes et bases, notamment navales, en Indo-Pacifique (sauf Australie)

États-Unis

La Flotte

En 2020, la marine américaine, VIIe et Ve Flottes, devrait avoir déployé quasiment les deux tiers de ses forces dans le Pacifique : 60 % contre 50 % auparavant. Les États-Unis ont de loin la flotte sous-marine la plus puissante au monde avec quelque 70 submersibles, tous à propulsion nucléaire.

La VIIe Flotte des États-Unis (United States 7th Fleet ; un ou deux porte-avions, entre 50 et 70 navires et sous-marins, 140 avions et environ 20 000 marins et marines) opère, entre la ligne de changement de date dans l’océan Pacifique et la frontière entre l’Inde et le Pakistan en longitude et, en latitude, des îles Kouriles au nord et Antarctique. Cette flotte, la plus importante des flottes américaines, maintient une présence continue en Indo-Asie-Pacifique depuis plus de 70 ans.

La Ve Flotte des États-Unis (United States 5th Fleet, deux porte-avions, 20 navires, 103 avions de combat, environ 20 000 marins et marines) flanque la VIIe à l’ouest, en opérant dans les golfes Arabique, d’Oman, d’Aden et dans les mers Rouge et d’Arabie avec une attention particulière pour trois points d’étranglement critiques : le canal de Suez et les détroits d’Ormuz et de Bab al Mandeb.

Chacune de ces flottes peut être renforcées ou réduites en fonction de la situation.

Les États-Unis ont de loin la flotte sous-marine la plus puissante au monde avec quelque 70 submersibles, tous à propulsion nucléaire.

Bases militaires

L’armée américaine est significativement présente dans la région indopacifique :

  • Japon (39 300 soldats),
  • Corée du Sud (23 400 militaires ; système avancé antimissile THAAD),
  • Australie (1 250 marines par rotation semestrielle sur la base de Darwin, 2 500 à terme) ;
  • Deux territoires liés aux États-Unis :
    • dans les îles Mariannes du Nord : Guam (bases aérienne et navale, 6 000 militaires, THAAD) et la base aérienne de Saipan, destinée à décharger celle de Guam;
    • Hawaï (50 000 militaires et 20 000 civils) ; Îles Marshall (site d’essai balistique) ; Micronésie (Palaos, station radar) ;
  • Djibouti (4 000 militaires et contractuels, drones).
  • Diego Garcia, rétrocédé par le Royaume-Uni aux États-Unis jusqu’en 2036 (4 000 militaires et civils, base aéronavale, atoll exempt de cyclones, rade profonde, piste de 4 km pour avions gros porteurs…, cinq navires de soutien permanents). Dépôts destinés aux stocks prépositionnés du Pacific Air Forces War Reserve Materiel. Quatre stations de surveillance et relais satellite : GEODSS, GPS, ART et Echelon.

 

Le Traité de défense mutuelle des États-Unis comprend cinq alliés : l’Australie, la République de Corée, Japon et Thaïlande. Les Philippines du président Duterte laissent planer le doute sur la force des liens de Manille avec Washington.

 L’Initiative de stabilité en Asie-Pacifique est un plan proposé par le sénateur John McCain, approuvé par le Pentagone en mai 2017, visant à investir 7,5 milliards de dollars – et sans doute 9 – dans le renforcement de la présence américaine en Asie-Pacifique au cours des cinq prochaines années. Les États-Unis sont en effet contraints de s’adapter à l’échelle des défis de la Chine et de la menace nucléaire nord-coréenne.

 

République populaire de Chine

La Flotte

La Marine de l’Armée populaire de libération, la troisième marine mondiale et la plus importante d’Asie, comptait en 2012 près de 225 000 membres et plus de 400 navires de guerre dont 68 sous-marins dont une dizaine sont nucléaires. Outre sa marine de guerre, la Chine dispose de cinq corps paramilitaires de garde-côtes qui arment de très nombreux bâtiments de petit ou moyen tonnage dont plusieurs navires transférés de la marine de guerre.

Flotte de la mer de l’Est

La flotte de la mer de Chine orientale est chargée entre autres de la protection de Shanghai et de la surveillance de Taïwan, elle couvre la mer de Chine orientale de Lianyungang au nord à de Nan’ao et à Shantou au Sud, QG à Ningbo.

Flotte de la mer du Sud

La flotte de la mer du Sud couvre la mer de Chine méridionale, du détroit de Taïwan à la frontière du Vietnam. Base de Yulin près de Sanya (Hainan) : sous-marins et futurs porte-avions. Q.G à Zhanjiang.

Bases militaires

  • en mer de Chine du Sud, casus belli, dans les Paracels et les Spratley. Les bases sont édifiées sur les îles artificielles à partir de sept récifs (Fiery Cross, Subi, Mischief, Cuarteron, Gaven, Johnson South et Hughes), essentiellement dans deux archipels :
    • Dans l’archipel des Paracels, l’île Woody – Yongxing pour les Chinois – comporte une base de lancement d’engins balistiques
    • Dans l’archipel des Spratley, trois nouvelles îles (Fiery Cross, Subi et Mischief) sont dotées de pistes pouvant accueillir des avions civils ou militaires. Fiery Cross comporte un port suffisamment grand pour accueillir des pétroliers ou de grands navires de guerre.
  • Première base navale chinoise hors de son territoire, inaugurée en août 2017. Elle devait abriter 400 militaires, mais elle serait conçue pour permettre le décuplement de ce chiffre.

 

Japon

La Flotte

La Marine japonaise conforte sa position en remplaçant la Royal Navy à la quatrième place en raison des sévères restrictions que vient de connaître cette dernière.

Les forces navales japonaises (plus de 45.000 militaires) alignent 120 navires de guerre principaux : 4 porte-hélicoptères (2 de classe Hyuga de 19000 tonnes et 2 de classe Izumo de 27000 tonnes), 22 sous-marins, 47 destroyers et frégates, 29 bateaux dédiés à la guerre des mines, 9 patrouilleurs et 9 navires amphibies, le tout totalisant un déplacement d’environ 432 000 tonnes (Corée du Nord :109 000 tonnes ; Chine : 1 070 000 tonnes). L’essentiel de l’aéronautique (179 avions et 135 hélicoptères) est destiné à la lutte anti-sous-marine et à la guerre des mines.

Le commandement des forces navales

Le centre national de commandement des forces navales est à Yokosuka, tandis que 5 centre de commandement régional situées à Kure, Maizuru, Sasebo et Yokosuka, Atsugi (flotte aéronavale) les deux flottes de sous-marins et dragueur de mines se partagent entre Kure et Yokosuka. Le centre d’entrainement est placé à côté du centre national de Yokosuka. L’industrie japonaise (Kawasaki, Mitsubishi…) construit ses propres sous-marins.

La défense antimissile

En vue d’intercepter d’éventuels missiles nord-coréens (et sans doute, chinois), la couverture du pays par le système de défense antimissile Aegis (composante du bouclier anti-missiles américain en Asie) devrait être terminée avant 2023. Six destroyers de classes Atago et Kongo de 10 000 tonnes de conception récente sont déjà dotés du système naval correspondant armés de missiles anti-aériens et anti-missiles SM-2. Tokyo a l’intention de les compléter par le système terrestre (Aegis Ashore) en achetant trois batteries aux États-Unis. Par ailleurs, en assumant le suivi du déplacement des navires et des sous-marins chinois, les sous-marins japonais coopèrent étroitement avec la marine américaine.

On estime que le Japon est à même de créer une ogive nucléaire en 6-12 mois.

Le Japon dispose de la 6e plus importante zone économique exclusive mondiale (4 479 358 km²). Comparaison : la France, à la 2eplace après les États-Unis, possède une zone économique exclusive de 11 035 000 km².

Base militaire

  • Djibouti. La première base navale permanente des Forces japonaises d’autodéfense à l’étranger a été inaugurée en juillet 2011. D’une surface de douze hectares, elle peut accueillir 600 personnes et deux avions de patrouille maritime. Deux frégates sont également déployées sur zone.

République de Chine

Flotte

La Marine taïwanaise, dont la majorité de l’équipement provient des États-Unis, a acheté deux sous-marins Zwaardvis en provenance des Pays-Bas à la fin des années 1980 ainsi que quatre destroyers de classe Kidd, renommés Kee-Lung.

La Marine taïwanaise, qui subit des difficultés d’approvisionnement et de transfert de technologie dues aux pressions du gouvernement chinois, a dû se contenter de moderniser d’anciens bâtiments et équipements et d’en allonger le service. Elle possède seulement deux sous-marins modernes.

En mars 2017, Taïwan reçoit 2 frégates de seconde main de la classe Oliver Hazard Perry et décide de construire elle-même des sous-marins pour une mise en service annoncé à partir de 2025.

Avions de patrouille maritime : 15, dont 12 P-3C Orion ; 18 hélicoptères multirôle et 13 hélicoptères ASM.

Organisation 

  • 4 Flottes selon secteurs géographiques (les 124e, 131e, 146e et 168e Flottes)
  • 4 Flottes ou unités spécialisées : les 151e (amphibie) 192e (mines), 256e (escadron sous-marin) et le groupe Hai Chiao PGMG (missiles guidés)

Corée du Sud

La Flotte

La Marine sud-coréenne accède au 8e rang des grandes marines mondiales (effectifs : 68 000 personnes + 25 000 personnes du Corps des Marines ; 70 aéronefs et 120 navires. En 2010, elle comptait 18 sous-marins de conception allemande : 9 Type 209 (sous-marins d’attaque à propulsion classique acquis dans les années 1990) et 9 Type 214 (propulsion à pile à combustible et diesel, construits en Corée du Sud avec l’aide technique allemande). Une nouvelle classe devrait faire son apparition, aux alentours des années 2020, avec la réalisation du programme KSX-III qui prévoit la construction de 9 sous-marins de 3 000 tonnes chacun.

Même si elle possède moins de bateaux que sa rivale nord-coréenne, sa Marine la dépasse en tonnage.

  1. Daewoo Shipbuilding & Marine Engineering a livré début août 2017 le sous-marin Nagapasa, premier d’une série de trois unités dérivées du type allemand 209/1400 commandées en décembre 2011 par l’Indonésie. C’est le premier sous-marin achevé par la Corée du sud pour le marché export.

La Marine sud-coréenne possède trois Flottes (1e, 2e, et 3e) et la Flotte de manœuvres stratégiques, dédiée aux opérations lointaines.

Ayant pour objectif de sécuriser les voies maritimes vitales à l’économie du pays, elle devrait constituer dans les années 2030 une marine de haute-mer capable, notamment avec des porte-avions légers, de projeter sa puissance non plus seulement dans la péninsule mais dans tout l’océan Pacifique. Même si elle possède moins de bateaux que sa rivale nord-coréenne, sa Marine la dépasse en tonnage. Le sous-marin Nagapasa, livré début août 2017 est le premier sous-marin achevé par la Corée du sud pour le marché export.

Corée du Nord

La Flotte

Bien qu’issue de technologies obsolètes ou modernisée de façon douteuse, la flotte sous-marine de Corée du Nord est la plus grande de la région.

La Marine nord-coréenne comprenait en 2008 environ 46 000 marins et 708 bâtiments dont 3 frégates, 76 sous-marins selon Global Fire Power* (20 de classe Romeo, 40 de classe Sang-o et 10 sous-marins de poche). Le reste de ses navires est en grande partie constitué de patrouilleurs. Capable de mener des opérations défensives, des opérations sous-marines contre des navires marchands et des actions conventionnelles, il s’agit d’une marine côtière capable d’opérer seulement jusqu’à 50 kilomètres des côtes de la Corée du Nord. Elle est divisée en deux flottes :

  • une Flotte de l’Ouest (environ 300 navires) basée à Nampo
  • une Flotte de l’Est (environ 470 navires) basée à Wonsan.

* Global Fire Power : source des chiffres relatifs aux forces navales cités ici, année 2017.

 

Asie du SE

Le Vietnam et l’Indonésie ont augmenté leurs dépenses militaires de près de 150 % entre 2005 et 2015 (moyenne en Asie du Sud-Est : 64 %).

  • L’Indonésie dispose de 4 sous-marins conventionnels de la classe Chang Bogo (deux en service, deux en cours d’essais en mer) et un en construction. En 2015, elle modernise une base aérienne militaire et construit un nouveau port militaire sur l’archipel des îles Natuna, avant-poste indonésien en Mer de Chine méridionale.L’Indonésie et la Corée du Sud sont convenues de renforcer leur coopération militaire bilatérale, en particulier en ce qui concerne le développement de chasseurs et de sous-marins. Les deux pays ont signé en 2016 un accord pour développer un avion de chasse ayant pour nom de code KF-X/IF-X. L’avion de génération 4,5 devrait être produit vers 2025 (Yonhap, 31 jan. 2018).
  • La Malaisie. La marine malaisienne acheté à DCNS deux sous-marins Scorpène en 2002 et six corvettes GoWind françaises dans leur plus grande version dite “2500” (le tonnage du navire) qui devaient être livrées à partir de 2017.
  • Les Philippines. La marine philippine dispose de six frégates et d’une quinzaine de corvettes toutes étant des navires américains de seconde main.
  • Singapour disposait de quatre sous-marins suédois Challenger en 2001 auxquels se sont ajoutés deux sous-marins classiques Archer en 2009. Deux sous-marins allemands 218SG s’ajouteront en 2020.
  • La Thaïlande annonçait en juillet 2016 sa volonté d’acquérir trois sous-marins conventionnels chinois de class Yuan ; elle pourrait avoir passé un contrat (non encore officiellement révélé) pour deux sous-marins de classe Kilo modernisés.
  • Le Vietnam a acquis en 2009, six sous-marins conventionnels de classe Kilo modernisés en Russie. Quatre frégates de classe Guépard(2000 tonnes) et 12 frégates de classe Molnyia (500 tonnes) dont une dizaine sont construites directement au Vietnam.

 

L’Inde

La Marine indienne, la septième marine en termes de tonnage de navires de combat et la quatrième marine du monde en effectifs, compte plus de 155 navires, dont 15 sous-marins et un porte-avions, 68 000 marins (dont 5 000 membres de l’aviation navale et 2 000 commandos de marine). Selon l’État-Major de la Marine indienne, il manquerait 10 frégates au plan d’équipement en cours pour atteindre le contrat opérationnel indien.

Le budget militaire s’est accru de 11 % en 2015, s’établissant à 35,6 milliards d’euros.

La Marine indienne est organisée en trois commandements régionaux (ouest, sud et est), siégeant dans les trois bases navales de Mumbai, Kochi et Vishakhapatnam où, en outre sont assurées les fonctions d’entraînement, d’entretien et de logistique.

Un récent accord de coopération entre Washington et New Delhi, « partenaires majeurs de la défense », le Logistics Exchange Memorandum of Agreement (LEMOA), signé le 29 août 2016, vise à donner aux forces armées des deux pays un accès réciproque aux bases militaires pour la maintenance et le réapprovisionnement de leurs équipements.

Le Pakistan

La Marine pakistanaise compte 63 navires de combat, dont 8 sous-marins, et 101 avions, 30 700 militaires d’active et 5 000 dans la réserve.

Détails : 11 frégates, 2 patrouilleurs lance-missiles un navire de soutien logistique, cinq sous-marins Agosta (2 70 et 3 90B). En outre, huit sous-marins S-20 dérivé du type 039A chinois ont été commandé à la Chine en 2016.

La Marine pakistanaise est dotée d’un « Commandement de la force navale stratégique ».

La répartition des sous-marins en Indo-Pacifique

 

Sources : GFP (Global Fire Power 2017 Military Strength Ranking) et FRS (Rapport FRS, fév. 2018 : Implications des ambitions maritimes des États puissances et des innovations navales, A. Sheldon-Duplaix).

Remarque. Selon l’hebdomadaire Le marin, cité le 26/04/2016 par Ouest France, le monde comptait 490 sous-marins d’attaque en 2016. La moitié des sous-marins du monde sera exploitée en Indo-Pacifique d’ici 2030 est-il prédit. Le millésime pourrait bien se rapprocher plus vite que prévu. Le vérifier supposerait que Global Fire Power distingue dans ses chiffres le nombre de sous-marins d’attaque.

Pays Chiffres : GFP 2017 Observations Chiffres : Rapport FRS fév. 2018
Japon 17 + en 2021. 22 [0 SNLE/0 SNA/ 22 SMD]
Inde 15 16 [1 SNLE/1 SNA/ 14SMD]
Australie 6 12 à partir de 2030
Corée du Sud 15* + 1 en 2019 12 [0 SNLE/0 SNA/ 12 SMD]
Vietnam 6
Singapour 6
République de Chine (Taiwan) 4 2 à partir de 2025
Malaisie : 2
États-Unis 70 % en IndoPac. non précisé (en principe : 60 %)
Chine 68 74 [7 SNLE/7 SNA/60 SMD]
Corée du Nord 76
Pakistan 8
Total 257   302 en tenant compte du supplément

*Corée du Sud : le site Mer et Marine donne le chiffre de 18 sous-marins.

  1. Les Marines des autres pays de la région ne comportent pas de sous-marins (Thaïlande, Birmanie, Philippines, Bangladesh, Sri Lanka, Cambodge, Nouvelle-Zélande)

 

Les dispositifs régionaux de sécurité en Indo-Pacifique

(Source : notamment le rapport du Sénat, déc. 2016)

  • Traité de San Francisco, traité de paix avec le Japon, 8 septembre 1951 ;
  • Convention d’armistice en Corée, 27 juillet 1953 ; la France est membre de la coalition du Commandement des Nations unies (UNC) et de la Commission militaire d’armistice (UNCMAC) ;
  • Traité de Manille pour la sécurité collective en Asie du Sud-Est, 8 septembre 1954, en vigueur malgré la dissolution de l’OTASE en 1977 ;
  • Traité de Bali d’amitié et de coopération en Asie du Sud-Est, 24 février 1976, auquel la France a adhéré en janvier 2007.
  • La Proliferation Security Initiative (PSI) prévoit des programmes opérationnels destinés à aider les États à agir de façon coordonnée, pour lutter contre le trafic de marchandises illicites. L’Australie, les États-Unis, la Corée du Sud, le Japon et la France participent dans ce cadre à l’exercice « Bouclier du Pacifique ».
  • lLe Shangri-La dialogue, au niveau politique et stratégique, réunion annuelle entre ministères de la défense de la région Asie-Pacifique,
  • Le Raisina Dialogue (New Delhi)
  • Le South Pacific Defence Ministers Meeting (SDPMM), communauté régionale de défense créée en 2013 qui réunit tous les deux ans les ministres de la défense de l’Australie, la France, la Nouvelle-Zélande, le Chili, la Papouasie-Nouvelle-Guinée et les Tonga. Fidji pourrait prochainement adhérer ;
  • La Pacific Armies Chiefs Conference et sa déclinaison méridionale, le Chief of Defence Conference (CHOD), qui est la réunion annuelle des chefs d’état-major des nations du Pacifique soit environ 30 pays ;
  • Le Western Pacific Naval Symposium (WPNS). Les échanges qui s’y tiennent sont consacrés à l’interopérabilité des armées. Le WPNS regroupe 21 membres. La France est le seul pays européen permanent depuis 2002. La prochaine réunion des chefs d’état-major de la marine aura lieu en 2018 ;
  • L’Indian Ocean Naval Symposium (IONS), l’homologue du WPNS pour l’océan Indien ;
  • Les séminaires des chefs d’état-major des armées du Pacifique, USPACOM,
  • La réunion annuelle des chefs du renseignement militaire d’Asie- Pacifique ;
  • Le central South Pacific Coast Guard forum.

National maritime domain awareness – NMDA

L’Organisation maritime internationale comme la compréhension effective de tout élément associé au domaine maritime qui pourrait avoir un impact sur la sécurité, la sûreté, l’économie ou l’environnement.

La connaissance du domaine maritime (MDA), défini comme étant toutes les zones et choses de, sur, sous, adjacentes ou bordant une mer, un océan ou une autre voie navigable, y compris toutes les activités, infrastructures, personnes, cargaisons et navires maritimes. et d’autres moyens de transport.

Aux États-Unis, le secrétaire de la marine est l’agent exécutif du DoD pour la sensibilisation au domaine maritime.

Pour les ports privés, la plate-forme CommandBridge du groupe Mariner est le leader du marché des systèmes de surveillance des domaines maritimes.

Les organisations dans la région indopacifique

Indo-Pacifique

Le « Quad ». Effectifs militaires des pays du dialogue quadrilatéral de sécurité

Pays du Quad Actifs Réservistes Autres Budget mili.*
États-Unis 1100000 2295000 275000 87,9
Australie 54747 19915 0 2,6
Inde 1325000 1155000 1293500 50,2
Japon 247150 56100 12250 50,7
Total 2726897 3526015 1580750 191,4
Chine 2380000 2280000 470000 184

*milliards de dollars

Océan Indien

Indian Ocean Rim Association

Lancée à l’initiative de l’Afrique du Sud et de l’Inde, l’Association des rivages de l’océan Indien (IORA), est une organisation internationale réunissant des représentants du gouvernement, du monde des affaires et des milieux universitaires, officiellement lancée en mars 1997.

Il repose sur les principes du régionalisme ouvert pour le renforcement de la coopération économique, en particulier en matière de facilitation des échanges et d’investissement, de promotion et de développement social de la région. Six domaines prioritaires : sécurité maritime, commerce et investissement, gestion des pêches, réduction des risques de catastrophe, coopération académique et scientifique, promotion touristique et échanges culturels. Le Secrétariat de coordination de l’IORA est situé à Ebene, Maurice.

21 États membres : Afrique du Sud, Australie, Bangladesh, Comores, Émirats Arabes Unis, Inde, Indonésie, Iran, Kenya, Madagascar, Malaisie, Maurice, Mozambique, Oman, Seychelles, Singapour, Somalie, Sri Lanka, Tanzanie, Thaïlande, Yémen.

7 partenaires de dialogue : Allemagne, Chine, Égypte, France, Japon, Royaume-Uni, États-Unis.

2 organisations au statut d’observateur : Indian Ocean Tourism Organisation, Indian Ocean Research Group.

Forum Régional de l’ASEAN

(ASEAN Regional Forum, ARF)

Le Forum régional de l’ASEAN (ASEAN Regional Forum, ARF), initié en 1993 par cette organisation est, depuis 1994, le premier grand forum multilatéral de la région Asie-Pacifique pour des consultations officielles sur les questions de sécurité.

Objectifs : 1) favoriser un dialogue et une consultation constructifs sur les questions politiques et de sécurité d’intérêt commun ; 2) apporter une contribution significative aux efforts visant à renforcer la confiance et la diplomatie préventive dans la région Asie-Pacifique.

En juillet 1996, le Forum a adopté les critères de participation suivants : les nouveaux participants doivent être des États souverains, obtenir le consensus de ses membres et démontrer qu’ils ont un impact sur la paix et la sécurité de « l’empreinte géographique » des principales activités de l’ARF (Asie du Nord-Est et du Sud-Est, Océanie).

Autour des 10 États membres de l’ASEAN (Birmanie, Brunei, Cambodge, Indonésie, Laos, Malaisie, Philippines, Singapour, Thaïlande, Vietnam), l’ARF regroupe désormais 17 « partenaires de dialogue » : Australie, Bangladesh, Canada, Chine, Corée du Nord, Corée du Sud, États-Unis, Inde, Japon, Mongolie, Nouvelle-Zélande, Pakistan, Papouasie-Nouvelle-Guinée, Russie, Sri Lanka, Timor-Est, Union européenne.

La présidence tournante est assurée par les membres du comité permanent de l’ASEAN, le secrétariat siège à Jakarta.

L’Association sud-asiatique pour la coopération régionale

(South Asian Association for Regional Cooperation, SAARC)

La SAARC est une association régionale initiée par le Bangladesh, en 1983 et établie par une charte signée en 1985. Objectifs : encourager la coopération dans les domaines de l’agriculture, le développement rural, la science et les technologies, ainsi que la culture, la santé, le contrôle de la natalité, des politiques anti-narcotrafic et la lutte anti-terrorisme.

Elle regroupe 8 pays membres : Bangladesh, Bhoutan, Inde, les Maldives, Népal, Pakistan, Sri Lanka et Afghanistan à partir d’avril 2007.

9 entités ont le statut de membre observateur (2006) : Australie, Birmanie, Chine, Iran, Japon, Corée du Sud, États-Unis, Maurice, Union européenne.

Le secrétariat de la SAARC est situé à Katmandou, Népal.

Critique : cette organisation n’applique pas ses résolutions, réalise peu, reste sous-financée et les rivalités régionales traditionnelles, en particulier entre l’Inde et le Pakistan, entravent tout progrès.

 

 Conseil de coopération en matière de sécurité dans les pays d’Asie-Pacifique

(Council for Security Cooperation in the Asia Pacific, CSCAP)

Le CSCAP a été créé à Kuala Lumpur en juin 1993 à l’initiative de 24 centres d’études stratégiques de dix pays de la région Asie-Pacifique (Australie, Canada, Indonésie, Japon, Corée du Sud, Malaisie, Philippines, Singapour, Thaïlande et États-Unis) pour contribuer, dans un processus régional de nature non gouvernementale, aux efforts de renforcement de la confiance régionale et renforcer la sécurité régionale par le biais de dialogues, de consultations et de coopération.

Ont rejoint le Conseil en tant que membres à part entière : Cambodge, Chine, Corée du Nord, Inde, Mongolie Nouvelle-Zélande, Papouasie-Nouvelle-Guinée, Russie, Union européenne, Vietnam.

Membre associé : Institut indien d’études et d’analyses de la défense (IDSA).

Le CSCAP souhaite consolider ses liens avec le premier forum régional de l’ASEAN (ARF).

Le Comité de pilotage du CSCAP se réunit deux fois par an – en juin à Kuala Lumpur et en décembre dans l’un des autres pays membres. Le comité directeur est coprésidé par un membre d’un comité membre de l’ASEAN et un membre d’un comité membre non membre de l’ ASEAN.

Le secrétariat est situé à l’Institut d’études stratégiques et internationales (ISIS) à Kuala Lumpur, Malaisie.

 

Coopérative régionale de sécurité portuaire d’Asie du Sud

(South Asia Regional Port Security Cooperative, SARPSCO)

La Coopérative régionale de sécurité portuaire d’Asie du Sud, créée en 2008 aux Maldives, composée de la Garde côtière de 9 pays riverains de l’océan Indien : Bangladesh, Comores, Inde, Madagascar, Maldives, Maurice, Oman, Pakistan, Sri Lanka.

Objectif : coopérer pour combattre la piraterie et les menaces terroristes dans l’océan Indien (pêche illégale, trafic d’êtres humains, transport de cargaisons et de drogues illicites), assurer la sûreté portuaire et maritime et la protection des câbles sous-marins.

L’US Coastguard, le corps des garde-côtes américains, sert d’agence de facilitation pour le développement du forum régional sans que les États-Unis n’en soient membre. Elle a encouragé cette coopération – sans doute en a-t-elle patronné l’initiative –, pour prévenir les actions terroristes susceptibles 1) de mettre à mal l’activité portuaire et, partant, l’économie des pays qui en dépendent ; 2) de perturber le transport maritime international, notamment l’approvisionnement pétrolier.

SARPSCO fait partie de la série d’initiatives de coopération économique et de sécurité dans la région. Elle a le mérite d’amener les rivaux traditionnels que sont l’Inde et le Pakistan à travailler ensemble sur des questions concrètes d’intérêt mutuel, ce qu’ils n’ont sans doute pas l’occasion de faire au sein de l’Organisation de coopération de Shanghai, où ils cohabitent également.

La création de la SARPSCO est une suite de l’attaque tentée en 2006 contre le port de Galle – au sud du Sri Lanka – mais déjouée par la marine sri-lankaise. L’officier de sûreté du port de Galle a voulu en partager les leçons avec ses homologues et les garde-côtes de la région. Les Américains se souviennent également de l’attentat meurtrier contre l’USS Cole survenu en cours de ravitaillement dans le port d’Aden au Yémen, en octobre 2000.

Interpol, l’Organisation maritime internationale et la douane et la protection des frontières des États-Unis ont témoigné de leur intérêt pour les activités de la SARPSCO.

Symposium naval de l’océan Indien

(Indian Ocean Naval Symposium, IONS)

Le Symposium naval de l’océan Indien est destiné à renforcer la coopération maritime entre les États riverains de la région de l’océan Indien. Similaire au Symposium naval du Pacifique occidental (Western Pacific Naval Symposium, WPNS), IONS est né d’une initiative des forces navales (Iandian Navy, Royal Australian Navy, etc.) et agences de sécurité maritime des pays membres.

Des séminaires et des réunions du « Conclave des chefs » ont eu lieu au début de chaque année paire. La présidence de l’IONS : Émirats arabes unis en 2010, Afrique du Sud en 2012, Australie en 2014 et le Bangladesh en 2016. En avril 2018, la présidence de l’IONS a été confiée à l’Iran et en 2020, à la France. Forum de discussion sur les questions maritimes régionales en vue notamment de renforcer la coopération en matière de sécurité maritime, il offre l’occasion de promouvoir des relations amicales entre les nations membres. Outre les symposiums, de nombreuses autres activités telles qu’ateliers, concours de dissertation et conférences sont également organisées sous l’égide de l’organisation. Le symposium inaugural, organisé par la marine indienne, s’est tenu à New Delhi en 2008. Le forum aide à préserver les relations pacifiques entre les nations et est donc essentiel pour la mise en place d’une architecture de sécurité maritime efficace dans la région de l’océan Indien et est également fondamental pour la prospérité collective.

Objectifs

– Promouvoir une compréhension commune des problèmes maritimes auxquels sont confrontés les États-nations littoraux de l’océan Indien et la formulation d’un ensemble commun de stratégies visant à renforcer la sécurité maritime régionale.

– Renforcer la capacité de tous les États-nations littoraux de l’océan Indien à faire face aux défis actuels et prévus en matière de sécurité et de stabilité maritimes.

– Mettre en place et promouvoir une variété de mécanismes transnationaux, maritimes et coopératifs, conçus pour atténuer les problèmes de sécurité maritime dans l’océan Indien.

– Développer l’interopérabilité en termes de doctrines, procédures, systèmes organisationnels et logistiques et processus opérationnels, de manière à promouvoir le développement des capacités navales régionales pour une assistance humanitaire et un secours aux sinistrés rapides et efficaces dans la région de l’océan Indien.

Les 35 pays membres de l’IONS sont regroupés en quatre sous-régions *:

  • Asie du Sud (Bangladesh, Inde, Maldives, Pakistan, Seychelles, Sri Lanka, Royaume-Uni (Territoire britannique de l’océan Indien) ;
  • Asie occidentale (Bahreïn, Iran, Irak, Koweït, Oman, Qatar, Arabie Saoudite, Émirats arabes unis, Yémen) ;
  • Afrique de l’Est (Afrique du Sud, Comores, Djibouti, Égypte, Érythrée, France (La Réunion, Mayotte), Kenya, Madagascar, Maurice, Mozambique, Somalie, Soudan, Tanzanie) ;
  • Asie du Sud-Est (Australie, Birmanie, Indonésie, Singapour, Thaïlande, Timor-Est).
  1. Les pays membres figurant en italiques sont absents de la liste postée par le site de la marine australienne, mais cités sur celui de IONS.

Les 8 pays observateurs : Chine, Allemagne, Italie, Japon, Madagascar, Malaisie, Pays-Bas, Russie et Espagne.

* Remarque : le site officiel de IONS (http://ions.gov.in/, qui n’est plus mis à jour depuis 2014) comporte deux rubriques (About IONS et Member’s Country) où figure la liste des pays membres sans qu’il y ait coïncidence entre elles, la première comptant 35 pays membres sans les observateurs, la seconde, 26 pays membres et observateurs : ainsi le Royaume-Uni (au titre de Diego Garcia ?) figure sur l’une des listes de IONS et non sur l’autre… La Malaisie figure comme membre sur l’une, observateur sur l’autre.

Les pays observateurs sont listés dans l’article de Wikipedia (anglais) et sur le site de la marine australienne.

Les dates différentes de mise à jour des uns et des autres sont probablement la cause de ces incohérences.

 

The Galle Dialogue

Sous l’égide du ministère de la défense sri-lankais, le Dialogue se consacre à l’organisation d’échanges échanges susceptibles de déboucher sur des coopérations dans le domaine de la sécurité maritime (piraterie, terrorisme, trafics d’êtres humains, d’armes et de stupéfiants) et de la mise en jeu de la stabilité régionale. Les pays représentés sont ceux de la région maritime de « l’Indo-Pacifique »* (appellation utilisée officiellement pour la première fois par le Livre blanc australien 2013 sur la défense : « un nouvel arc stratégique Indo-Pacific commence à émerger comme un système, reliant les océans Indien et Pacifique via l’Asie du Sud-Est qui en est le centre »).

* La participation aux sessions est beaucoup plus large que les seuls pays riverains de l’océan Indien, comme en témoigne la liste des pays représentés lors de la 8e Conférence maritime internationale, tenue en octobre 2017.

Pays : Afghanistan, Afrique du Sud, Allemagne, Australie, Bangladesh, Birmanie, Brésil, Canada, China, Corée du Sud, Cuba, Égypte, Espagne, États-Unis, Émirats arabes unis, Fidji, France, Inde, Indonésie, Iran, Irak, Italie, Japon, Koweït, Libye, Malaisie, Maldives, Maurice, Mexique, Népal, Nouvelle-Zélande, Nigeria, Norvège, Oman, État palestinien, Pakistan, Pays-Bas, Philippines, Pologne, Qatar, Roumanie, Royaume-Uni, Russie, Arabie Saoudite, Sénégal, Seychelles, Soudan, Suisse, Thaïlande, Turquie, Vietnam.

Organisations : UNHCR (United Nations High Commissioner for Refugees) ; ORF (Observer Research Foundation) ; ReCAAP ISC (Regional Cooperation Agreement on Combating Piracy and Armed Robbery against Ships in Asia, Information Sharing Center) ; IOM (International Organization for Migration) ; UNODC (United Nations Office on Drugs and Crime,) ; CMF (Combined Maritime Forces) ; CAN (Commission Against Narcotics) ; NMF (National Maritime Foundation) ; NESA (Near East South Asia, Center for Strategic Studies – National Defense University, Washington DC) ; USII (?) ; EU (European Union) ; ICRC (International Committee of the Red Cross).

 

Shared Awareness and Deconfliction (SHADE), Groupe de contact sur la piraterie au large des côtes somaliennes

Le groupe SHADE (Shared Awareness and Deconfliction), dirigé par les Forces maritimes combinées et la force navale de l’Union européenne, est un Groupe militaire international à participation volontaire créé en décembre 2008, sans statut juridique précis. Il sert surtout à « échanger des pratiques optimales, tenir des discussions informelles et harmoniser les activités des pays et des organisations participant aux opérations militaires de lutte contre la piraterie dans la région. »

À l’origine, seules y participaient les Forces maritimes combinées (basées au Bahreïn), la force navale de l’Union européenne et l’OTAN. Cependant, il s’est agrandi rapidement, incluant la plupart des forces navales des pays de la région et d’autres pays agissant indépendamment, notamment celles de la Chine, de l’Inde, du Japon et de la Russie. Le groupe SHADE se réunit chaque mois au Bahreïn au niveau des experts. Bien souvent, il y a plus d’une vingtaine de pays représentées autour de la table, en plus des dirigeants des trois coalitions et de représentants des milieux maritimes.

Ce groupe SHADE a notamment contribué à lancer des opérations navales coordonnées et ciblées au large des côtes somaliennes et encouragé les échanges d’officiers et de moyens entre les participants, permettant notamment à des commandants de Singapour et de Turquie de travailler à bord de bâtiments américains. Il a en outre créé dans le golfe d’Aden le couloir de transit international recommandé, approuvé par l’OMI en juillet 2009, mis au point un guide de coordination relatif à ce couloir et renforcé sensiblement la coordination avec les milieux maritimes.

Commission de l’océan Indien

La Commission de l’océan Indien (COI) est une organisation intergouvernementale créée en 1982 à Port-Louis (Maurice) et institutionnalisée en 1984 par l’Accord de Victoria (Seychelles). Elle réunit cinq îles-pays de la région océan Indien : Union des Comores, Réunion/France, Madagascar, Maurice, Seychelles.

Sa mission principale est de resserrer les liens d’amitié et de solidarité entre les populations de l’Indianocéanie, de bâtir des projets régionaux de développement durable, destinés à les protéger, améliorer leurs conditions de vie et préserver les ressources naturelles dont elles dépendent fortement.

Seule organisation régionale africaine composée exclusivement d’îles, la COI défend leurs intérêts insulaires sur la scène régionale et internationale et promeut un développement plus durable et solidaire.

Les réseaux de centres de recherche sur les systèmes d’information (CISR), au nombre de trois ont été mis en place pour répondre aux problèmes et aux défis posés par les pirates et les terroristes. Ces réseaux reçoivent des informations vitales de plusieurs systèmes tels que le système d’identification automatique (AIS), l’identification et le suivi à longue distance (LRIT), les satellites et les systèmes électro-optiques et les radars à terre pour les données en temps réel des navires opérant dans les océans.

Code de Conduite de Djibouti (DCoC)

Le Code de conduite concernant la répression des actes de piraterie et des vols à main armée à l’encontre des navires dans l’océan Indien occidental et le golfe d’Aden, également appelé le Code de conduite de Djibouti, a été adopté le 29 janvier 2009 par les représentants des États suivants : Djibouti, l’Éthiopie, le Kenya, Madagascar, les Maldives, la République-Unie de Tanzanie, les Seychelles, la Somalie et le Yémen. L’Afrique du Sud, l’Arabie saoudite, les Comores, l’Égypte, les Émirats arabes unis, l’Érythrée, la Jordanie, Maurice, le Mozambique, Oman et le Soudan ont depuis signé le Code, portant ainsi le nombre total de signataires à 20 pays.

Dans le cadre d’une réunion de haut niveau organisée à Jeddah (Arabie saoudite), du 10 au 12 janvier 2017, les signataires du Code de conduite de Djibouti ont adopté un Code de conduite révisé, dénommé « Les amendements de Jeddah de 2017 au Code de conduite de Djibouti. »

Les États participants ont accepté de travailler main dans la main, avec le soutien de l’Organisation maritime internationale (OMI) et d’autres parties prenantes, afin de renforcer les capacités nationales et régionales et ainsi faire face à d’autres problèmes de sûreté maritime, ce qui permettra de favoriser le développement durable du secteur maritime.

Les amendements de Jeddah de 2017 au Code de conduite de Djibouti reconnaissent le rôle essentiel joué par l’économie bleue – dont font partie les transports maritimes, les gens de mer, le secteur des pêches, ou encore le tourisme – pour soutenir la durabilité de la croissance économique, la sécurité alimentaire, l’emploi, la prospérité et la stabilité. Ils expriment toutefois les profondes préoccupations concernant les actes de piraterie, les vols à main armée à l’encontre des navires et les autres activités maritimes illicites, y compris la criminalité des pêches, dans l’océan Indien occidental et le golfe d’Aden. De tels actes présentent de graves dangers pour la sécurité et la sûreté des personnes et des navires en mer, et pour la protection du milieu marin.

Le Centre de formation et de documentation de Djibouti

Ce centre, qui aura pour mission de coordonner, au niveau régional, la planification, la conduite et l’exécution des activités de formation et d’entraînement déjà existantes, est principalement financé par l’Union européenne et l’OMI, qui a mis en place un fonds fiduciaire destiné à la mise en œuvre du Code de conduite de Djibouti, fonds auquel participe en grande partie le Japon (qui a versé 14 millions de dollars) mais également la France, les Pays-Bas, la Norvège et la république de Corée. 2,5 M€ ont déjà été débloqués pour la construction du centre. Le financement des cours dispensés par le centre est assuré par l’Union européenne à travers son Instrument de stabilité (projet MARSIC). La première formation a été organisée au mois de mai 2011 dans des locaux encore provisoires. La France, qui soutient le Code de conduite de Djibouti, projette de participer au fonctionnement du centre de Djibouti en envoyant ponctuellement des formateurs, ainsi qu’en faisant profiter le centre de l’expertise des trois coopérants français « action de l’État en mer » en poste à Djibouti.

Programme Piracy, Maritime Awareness and Risks (PMAR)

L’Union européenne a institué le Programme Piracy, Maritime Awareness and Risks opérationnel seulement pendant 15 mois de juillet 2014 à octobre 2015, pour participer au renforcement des capacités de sensibilisation et de lutte contre la piraterie maritime de la région Afrique de l’Est/Afrique australe/Océan Indien (AOI-OI). Le PMAR fournit en temps réel une « image situationnelle maritime » de l’océan Indien occidental et du golfe d’Aden au Centre régional de coordination du sauvetage maritime (CRRCC) sous le contrôle de l’Autorité maritime du Kenya à Mombasa et de l’unité anti-piraterie de la Commission de l’océan Indien (IOC) aux Seychelles.

Pour mémoire : mécanismes multilatéraux de partage d’informations et d’échange de renseignements établis dans l’océan Indien. 

Océan Pacifique

Communauté du Pacifique (CPS) [ancienne appellation : Commission du Pacifique Sud] ou Secretariat of the Pacific Community

La Communauté du Pacifique est la principale organisation internationale d’assistance scientifique et technique visant à soutenir le développement durable dans la région Pacifique. Bilingue, elle compte parmi ses membres les États et les territoires anglophones et francophones de la région. Œuvrant en Océanie, la CPS a été fondée en 1947 par le traité de Canberra par l’Australie, les États-Unis, la France, la Nouvelle-Zélande, les Pays-Bas et le Royaume-Uni. À l’époque, ces six pays administraient des territoires du Pacifique et anticipaient les avantages qu’ils pourraient retirer en leur apportant une aide « coordonnée ». Appelée à l’origine « Commission du Pacifique Sud, CPS », elle a été rebaptisée en 1997, « Secrétariat général de la Communauté du Pacifique », sa zone d’intervention s’étendant désormais du nord au sud du Pacifique.

Le Samoa fut le premier pays insulaire à devenir un État indépendant, en 1962, et un membre à part entière de la CPS. Par la suite, d’autres nations insulaires ont, à leur tour, acquis leur indépendance ou une large autonomie et, en 1983, lors de la vingt-troisième Conférence du Pacifique Sud qui se tint à Saipan, les vingt-deux États et Territoires insulaires océaniens se virent reconnaître le statut de membre votant, redevable d’une contribution statutaire.

Les Pays-Bas et le Royaume-Uni se sont retirés en 1962 et en 2004 respectivement, après avoir pris leurs distances de leurs intérêts océaniens. Le Royaume-Uni avait toutefois rejoint de nouveau l’organisation de 1998 à janvier 2005.

Depuis 2010, la CPS compte vingt-six membres, parmi lesquels figurent les vingt-deux États et Territoires insulaires océaniens, ainsi que quatre des pays fondateurs.

La CPS contribue au développement des compétences techniques, professionnelles, scientifiques et des capacités de recherche, de planification et de gestion de 22 États et territoires insulaires du Pacifique. Dans la poursuite d’un développement durable au bénéfice des Océaniens, la CPS travaille dans plus de 25 secteurs. Elle est réputée pour son travail de recherche et d’innovation au service du développement dans des domaines tels que les pêches, la santé publique, les géosciences, l’énergie, le changement climatique, les droits de l’Homme, les statistiques ou la conservation génétique des plantes pour l’alimentation et l’agriculture.

Pays hôte de cette organisation depuis 1949 et conscient du rôle important et du poids de la CPS dans le Pacifique, la Nouvelle-Calédonie a depuis quelques années considérablement développées son implication au sein de la CPS.

L’organe directeur de la CPS est la Conférence de la Communauté du Pacifique, qui se réunit tous les deux ans. La dixième Conférence de la Communauté du Pacifique s’est tenue en juillet 2017 au siège de l’Organisation, à Nouméa, sous présidence de la Nouvelle-Calédonie.

Le Comité des représentants des gouvernements et administrations (CRGA), comité émanant de la Conférence, se réunit tous les ans. Les années où la Conférence n’a pas lieu, c’est le CRGA qui est habilité à prendre des décisions en matière de gouvernance. La quarante-septième session du CRGA s’est tenue en juillet 2017, juste avant la 10ème Conférence.

La CPS a fêté ses 70 ans en 2017.

La Communauté du Pacifique est composée de 26 États membres dont

  • Quatre membres fondateurs : Australie, France, Nouvelle-Zélande, États-Unis (ils contribuent financièrement au fonctionnement des divers programme ) ;
  • Vingt-deux États et territoires insulaires du Pacifique :

Îles Cook, Fidji, Guam (États-Unis), Kiribati, Îles Mariannes du Nord (États-Unis), Îles Marshall, États fédérés de Micronésie, Nauru, Niue, Nouvelle-Calédonie (France), Palau (ou Palaos), Papouasie-Nouvelle-Guinée, Îles Pitcairn (Royaume-Uni), Polynésie française (France), Salomon, Samoa, Samoa américaines (États-Unis), Tokelau (Nouvelle-Zélande), Tonga, Tuvalu, Vanuatu, Wallis-et-Futuna (France).

 

Le Forum des îles du Pacifique 

Le Forum des îles du Pacifique est une organisation politique internationale de coopération régionale, créée en août 1971 à Wellington, en Nouvelle-Zélande, sous le nom de Forum du Pacifique Sud. Il réunit les 16 pays indépendants de l’Océanie, ainsi que la Nouvelle-Calédonie et la Polynésie française (depuis 2016). Le siège de son secrétariat est à Suva (Fidji).

Le budget du Forum est largement assuré par l’Australie (30 %) et la Nouvelle-Zélande (30 %). Les autres donateurs sont les États-Unis, le Japon, l’Union européenne, le Canada, le PNUD et la France.

Les secteurs d’activités concernés par les missions du Forum sont l’environnement, les télécommunications, l’aviation civile, l’énergie, la sécurité, le commerce, la pêche et les communications maritimes.

Le Forum comprend également deux agences :

  • L’Agence des pêches (Forum Fisheries Agency),
  • La Compagnie de navigation maritime (Pacific Forum Line).

États membres :

Australie, Îles Cook, Fidji*, Kiribati Îles Marshall, États fédérés de Micronésie, Nauru, Niue, Nouvelle-Calédonie (France), Nouvelle-Zélande, Palau (ou Palaos), Papouasie-Nouvelle-Guinée, Polynésie française (France), Salomon, Samoa, Tonga, Tuvalu, Vanuatu,

  1. Bien qu’elles ne soient pas des États souverains, la Nouvelle-Calédonie et la Polynésie française sont admises comme membres à part entière par décision des autres membres le 10 septembre 2016.

Observateurs : Banque asiatique de développement, Commonwealth, Organisation des Nations unies, Timor-Est,  Tokelau, Wallis-et-Futuna (France)

Partenaires du Dialogue Post-Forum : Canada Chine Corée du Sud États-Unis France Inde Indonésie Japon Malaisie Philippines Royaume-Uni Union européenne

*Cas des Fidji (2009-2013)

La participation des Fidji à l’organisation est suspendue à partir du 1er mai 2009, en raison de la suspension de la démocratie dans ce pays. La suspension est levée en 2014, à la suite d’élections démocratiques dans ce pays. Le premier ministre fidjien Frank Bainimarama boycotte toutefois le Forum, exigeant que l’Australie et la Nouvelle-Zélande en soient exclues.

 

Forum du développement des îles du Pacifique (FDIP)

Le Forum du développement des îles du Pacifique (Pacific Islands Development Forum, PDIF) est une organisation internationale regroupant onze États souverains d’Océanie sous la présidence des Fidji jusqu’en 2016. Inauguré en août 2013, il promeut la coopération de ces États dans le développement de leur « économie vert-bleue » : une économie qui mobilise leurs ressources marines dans le cadre du développement durable. Le FDIP est une initiative fidjienne concurrente au Forum des îles du Pacifique.

Il constitue une plateforme réunissant des leaders des secteurs public et privé et de la société civile pour relever les défis du développement régional, grâce à des partenariats novateurs mutuellement bénéfiques. Le PIDF utilise l’expertise du secteur privé, le leadership normatif du secteur public et les mécanismes de prestation réussis de la société civile. Il fournit un cadre pour rassembler les dirigeants des gouvernements, des entreprises et de la société civile afin de garantir des engagements concrets et de mobiliser des actions en faveur de l’économie verte.

Les partenaires du secteur public assurent la légitimité, la stabilité, l’accès, l’information et la base institutionnelle du partenariat. Le secteur des entreprises est inventif, productif ; apporte des ressources financières et technologiques et des approches innovantes à la résolution de problèmes, tandis que la société civile veille à ce que le partenariat reste réactif et inclusif pour toutes les parties prenantes. Le PIDF est l’avocat et le protecteur des intérêts des partenaires les moins influents.

Le PIDF est le point régional des missions des Nations Unies sur les Petits États insulaires en développement du Pacifique, PEIDP (Pacific Small Island Developing States).

Siège : Suva, Fidji.

États ou territoires membres : Fidji, Kiribati, Îles Marshall, États fédérés de Micronésie, Nauru, Salomon, Timor-Est, Tonga, Vanuatu, Tuvalu, Tokelau (territoire semi-autonome sous souveraineté néo-zélandaise).

 

Groupe mélanésien « Fer de lance » (GMFL ou GFL)

Le Groupe mélanésien Fer de lance est une alliance de cinq pays mélanésiens regroupant les îles Salomon, la Papouasie-Nouvelle-Guinée, le Vanuatu (les trois membres fondateurs), Fidji, l’Indonésie (membre associé depuis 2015) et le Front de libération nationale kanak et socialiste (FLNKS), officiellement créé en mars 1988 à Port-Vila. Sauf les Îles Salomon, les membres du Mouvement des non-alignés.

Créé à l’origine par les États mélanésiens pour « regrouper leurs forces afin de peser lourd dans la balance régionale et internationale en faveur de l’indépendance de la Nouvelle-Calédonie », l’organisation a évolué depuis les années 1990 vers un accord de coopération économique, renforcé par une volonté de solidarité inter-mélanésienne.

Le 23 mars 2007, les membres signent l’Accord d’établissement du Groupe mélanésien Fer de lance, qui régularise l’organisation au regard du droit international, créant par la même occasion un secrétariat général permanent, installé à Port-Vila au Vanuatu dans un bâtiment construit par la République populaire de Chine et cédé au GMFL en novembre 2007.

En juin 2015, le Groupe prend la décision controversée d’admettre la candidature de l’Indonésie à devenir membre associé. Dans le même temps, il rejette la candidate du Mouvement de libération uni pour la Papouasie-Occidentale (qui souhaite l’indépendance de la Nouvelle-Guinée occidentale vis-à-vis de l’Indonésie), mais l’admet comme observateur.

***** 

 

 

A propos de l'auteur :