Le conflit actuel autour du détroit d’Ormuz a mis en évidence une fragilité, jusque-là sous-estimée, de la Corée du Sud, son extrême dépendance au pétrole. Si on compare les mix énergétiques coréens et français, on constater que la Corée du Sud importe 2,5 M barils/jour (1,2 pour la France pour un PIB presque 2 fois supérieur). Plus inquiétant, 70 % du pétrole passe par le détroit d’Ormuz (10 % pour la France). La dépendance à cette voie maritime est la conséquence du choix du pays de concentrer ses achats pétroliers en Irak, au Koweït et au Qatar, là et où il n’y a pas d’autres voies d’accès aux marchés internationaux qu’Ormuz. À titre de comparaison, les principaux fournisseurs de pétrole de la France sont les États-Unis, l’Arabie saoudite (par le port de Yanbu), le Kazakhstan et la Norvège. Au-delà du pétrole – léger ou lourd, naphta (critique pour son industrie pétrochimique) – la Corée importe du Qatar de l’hélium, indispensable pour la fabrication de semi-conducteurs dont elle est un des leaders mondiaux. Là encore, une dépendance qui fragilise l’industrie du pays.
FAITS
28 février 2026 : début des perturbations dans le détroit d’Ormuz suite à l’opération militaire israélo-américaine Epic Fury. 26 navires sud-coréens et 173 marins sont pris dans la nasse.
9 Avril 2026 : les ministres des affaires étrangères coréen et iranien, Cho Hyun et Abbas Araghchi, se sont entretenus au téléphone et les Iraniens acceptent l’idée de l’envoi d’un émissaire spécial pour négocier la réouverture du détroit pour les navires coréens.
Extrait de la Lettre confidentielle Asie21-Futuribles n° 204/2026-04
abonnement : https://www.asie21.com/je-mabonne/