Xi Jinping : la Chine, c’est lui…

L’annonce de la suppression de la limite de deux mandats pour le poste de président de la république populaire de Chine le 25 février 2018 a suscité une onde de choc véritablement mondiale. Entre ceux qui condamnent profondément ce changement en évoquant un retour à Mao et à la tradition impériale chinoise et ceux qui défendent une telle position au nom de la « stabilité » du pays, quelle analyse convient-il de donner à cet événement politique majeur ? Quels en sont les ressorts possibles et les conséquences probables ?  

FAITS

La proposition de modifier la constitution de la république populaire de Chine pour faire disparaître la limitation à deux mandats de l’exercice des fonctions présidentielles (règle introduite par Deng Xiaoping dans les années 1990 pour éviter un exercice solitaire du pouvoir) est sans doute l’annonce la plus importante du deuxième mandat de Xi Jinping à la tête du gouvernement et du Parti. Elle a été confirmée par un vote (à 99 % favorable) du parlement le 11 mars 2018. Elle a provoqué une avalanche de commentaires souvent critiques non seulement hors de Chine mais aussi en Chine. Le gouvernement a dû rivaliser d’ingéniosité pour empêcher la diffusion de contenus négatifs sur le web : la 14e lettre de l’alphabet a été momentanément censurée car mobilisée par les internautes pour désigner le nombre n de mandats possibles de Xi.

Que Xi Jinping n’eût pas désigné de successeur lors du dix-neuvième congrès du Parti communiste chinois en octobre 2017 avait déjà suscité des interrogations. Cette levée de la limite des mandats présidentiels vient comme une confirmation de ce que l’inscription de « la pensée de Xi Jinping sur le socialisme aux caractéristiques chinoises pour la nouvelle ère » dans la charte du Parti communiste chinois pouvait laisser présager (cf. Asie21 n°111 : « Xi Jinping penseur-empereur »). À savoir une concentration des pouvoirs consacrant une dérive autoritaire dans un contexte de ralentissement économique (plus ou moins volontaire). […]

Jean-Yves Heurtebise, Asie21

Extrait de la Lettre confidentielle Asie21-Futuribles n°115 mars 2018

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