À Taïwan, le projet de budget militaire de 1 250 Mds NT$* continue de cristalliser les tensions politiques entre le gouvernement et l’opposition sur les montants et les procédures.
À Taïwan, le projet de budget militaire de 1 250 Mds NT$* continue de cristalliser les tensions politiques entre le gouvernement et l’opposition sur les montants et les procédures.
À l’occasion, le 14 mars 2026, d’un séminaire marquant les 30 ans de l’élection présidentielle directe à Taïwan1, le ministre des Affaires étrangères taïwanais Lin Chia-lung rappelle l’importance de la démocratie taïwanaise et du contexte international pour la sécurité de l’île.
1- ÉVÉNEMENTS MAJEURS RÉCENTS ET ENJEUX DE DEMAIN ASIE DE L’EST Chine Accord sur la haute mer (BBNJ) : une très contestable prétention chinoise au Secrétariat Daniel Schaeffer, Asie21 Encadré 1 La décision des Chinois de s’exclure du système de règlement contraignant des litiges de délimitations des limites maritimes entre États Encadré 2,Les pratiques légales … Lire la suite
Les États-Unis, le Royaume-Uni et l’Australie avaient annoncé, en septembre 2021, un pacte de sécurité militaire baptisé AUKUS pour une coopération tripartite visant à « défendre les intérêts indo-pacifiques partagés » : comprendre contrer l’expansionnisme chinois dans l’Indo-Pacifique.
Lors d’une audition1 au Sénat américain, Marco Rubio a affirmé que la politique de la Chine envers Taïwan relève d’une « mission historique » pour Xi Jinping et n’est pas influencée par des événements extérieurs, comme l’arrestation de Nicolás Maduro par les États-Unis. Cette « mission historique » implique une menace structurelle et durable, indépendamment des crises internationales parallèles.

Visée par une enquête pour fraude et corruption présumées, la députée Kao Chin Su-mei et 17 autres personnes ont été entendues par le parquet de Taipei sur trois affaires après une série de perquisitions.
鄭麗文呼籲和平與北京對話
Le 29 janvier 2026, The Economist a publié une interview de Cheng Li-wun* consacrée aux enjeux de sécurité et aux relations entre Taïwan et la Chine. L’article met en lumière son choix controversé de s’opposer à l’augmentation du budget militaire taïwanais malgré l’intensification des manœuvres chinoises autour de Taïwan.
Le 24 janvier 2026, les autorités chinoises annoncent l’ouverture d’une enquête pour « violations graves de la discipline et de la loi » visant deux hauts responsables militaires, Zhang Youxia et Liu Zhenli. Cette décision suscite des spéculations sur une nouvelle restructuration du pouvoir au sein de l’APL*, potentiellement impulsée par Xi Jinping.
Les déclarations du directeur de l’AIT affirmant que « la liberté n’est pas gratuite » ont ravivé le débat sur le financement de la défense taïwanaise. Ainsi, le soutien américain apparaît lié à la capacité de Taïwan à payer le prix financier, militaire et politique de sa propre défense. En réaction, la députée Kao Jin-su-mei* dénonce une pression financière excessive des États-Unis et met en cause l’équilibre réel de la relation stratégique entre Washington et Taïpei, alors que le Yuan législatif n’a pas encore examiné le budget spécial de 1 250 Mds NT$.
Alors que Taïwan renforce ses capacités militaires face à la menace croissante de la Chine continentale, une controverse stratégique majeure émerge en coulisses. Les forces armées taïwanaises ont tenté d’obtenir l’autorisation de riposter dès la détection du lancement de missiles chinois, à condition que leur trajectoire calculée indique un impact sur le territoire taïwanais. C’est une une option militairement rationnelle mais rejetée par Washington, qui exige que Taïwan subisse une première frappe afin de préserver la légitimité politique et internationale d’une riposte armée.
Les semi-conducteurs ne relèvent plus uniquement du marché, mais d’une logique de sécurité nationale et de souveraineté. TSMC* s’est imposé comme un acteur géopolitique majeur en raison de sa maîtrise quasi exclusive des procédés de fabrication de semi-conducteurs les plus avancés, indispensables à l’IA*, au calcul haute performance et aux technologies militaires.
1- ÉVÉNEMENTS MAJEURS RÉCENTS ET ENJEUX DE DEMAIN ASIE DE L’EST Kazakhstan Arbitrage énergétique victorieux pour le Kazakhstan, Laurent Amelot, Asie21 Kazakhstan – Pakistan Partenariat stratégique sur fond de connectivité commerciale, Laurent Amelot, Asie21 Chine – Cambodge – Thaïlande Frontières et zones grises : un moment de vérité pour le Cambodge, Arnaud Leveau, Asie21 Encadré … Lire la suite
Jack Sullivan* a admis que le coût payé par Taïwan pour l’insistance de Nancy Pelosi à se rendre à Taipei en août 2022 a dépassé largement les avantages qu’elle aurait pu en retirer.
Les déclarations du Premier ministre singapourien Lawrence Wong*, appelant la Chine et le Japon à « tourner la page de l’histoire » afin de stabiliser leurs relations, ont suscité un tollé aussi bien à Singapour qu’en Chine et à Taïwan.
La Chine conduit autour de Taïwan l’exercice militaire « Mission Justice-2025 », pratiquement sans préavis, marqué par des tirs réels. Les zones d’impact sont réparties dans un périmètre entre 12 et 24 milles nautiques autour de l’île. Cette fois-ci, l’exercice se distingue par un niveau de réalisme opérationnel plus élevé, une pression accrue sur les eaux territoriales taïwanaises et un resserrement de l’encerclement maritime et aérien. Le président Trump réagit « mollement ».
Dans un contexte de forte tension transdétroit, le maire de Taipei, Chiang Wan-an, poursuit le dialogue municipal entre les deux rives, et ce malgré les controverses internes taïwanaises. Il s’est rendu à Shanghai afin de participer au Forum Taipei-Shanghai, l’une des rares plateformes institutionnelles bilatérales encore actives entre Taïwan et la Chine populaire. Et le président Lai Ching-te ne s’y est pas opposé.

À l’occasion du World Forum 2026, le professeur Lin Chung-pin* a présenté un rapport affirmant qu’un accord Trump-Xi sur la paix et la réunification entre les deux rives du détroit était plausible : le recul assumé de la crédibilité militaire américaine, la volonté chinoise de privilégier la réunification sans recours à la force, et l’émergence d’un consensus à Washington en faveur de la désescalade redessinent les équilibres régionaux. Dans ce contexte, Taïwan apparaît de plus en plus comme la variable d’ajustement d’un dialogue sino-américain visant la stabilité.
Dans le nouveau rapport sur la stratégie de sécurité nationale américaine (NSS*), la valeur de Taïwan ne se limite plus seulement à la défense de l’île elle-même, mais s’étend aussi dans sa capacité à constituer l’une des lignes de défense de la première chaîne d’îles pour dissuader les percées stratégiques de la Chine.
Le président Trump signe le Taiwan Assurance Implementation Act 2025. La Chine dénonce une ingérence dans ses affaires intérieures. Le gouvernement Lai apprécie cette signature.

台灣是火藥庫嗎?
Le président Lai annonce, via le Washington Post, son intention de proposer un budget de défense spécial supplémentaire de 1 250 Mds NT$ sur les 8 prochaines années, en plus du budget annuel. Cheng Li-wun* rétorque que la dette du budget de la défense a dépassé les 500 Mds NT$*, excédant largement le plafond légal et que le président Lai ne fournit aucune explication ni ne propose de solution concrète pour financer une telle dépense exceptionnelle. Il prévoit également d’augmenter le budget de la Défense à 3,3 % du PIB en 2026 et jusqu’à 5 % d’ici 2030. L’opposition s’inquiète car il s’agit du plus important investissement dans la défense de l’histoire de Taïwan. De plus, un responsable américain, le directeur de l’AIT*, s’est proposé de répondre lui-même aux questions des députés taïwanais. Et le DPP* a salué ses déclarations avec enthousiasme, percevant dans les propos de Raymond Greene un avertissement des États-Unis à l’adresse du KMT* et du TPP*.