La Maison Blanche a publié sa nouvelle version de la stratégie de sécurité nationale américaine.
La Maison Blanche a publié sa nouvelle version de la stratégie de sécurité nationale américaine.
Depuis la rencontre à Gyeongju entre les présidents Trump et Lee, les choses évoluent et la Corée du Sud apparaît de plus en plus comme un allié majeur des États Unis face à la menace chinoise.
En 2025, la Corée du Sud a tenté de jouer un « équilibre prudent » entre Pékin, Washington et Tokyo. Mais cette ligne est fragilisée par la brusque montée des tensions sino-japonaises autour de Taïwan et par le retour du débat régional sur les sous-marins à propulsion nucléaire : feu vert américain au programme sud-coréen et appels, au Japon, à doter la prochaine génération de SSN*, notamment par l’ancien ministre de la Défense Nakatani. Dans ce contexte de recomposition navale, les puissances moyennes d’Asie du Sud-Est, en particulier la Malaisie, renforcent leur coopération avec Séoul en matière navale et technologique. Une dynamique qui ouvre des opportunités pour l’Europe et la France, à condition d’accepter des partenariats industriels plus intégrés, souvent aux côtés des acteurs coréens.
In 2025, South Korea attempted to pursue a “careful balance” between Beijing, Washington and Tokyo. This posture, however, has been weakened by the sudden rise in Sino-Japanese tensions around Taiwan and by the renewed regional debate on nuclear-powered submarines, marked by the U.S. green light for a South Korean program and, in Japan, calls to equip the next generation of submarines with nuclear propulsion, notably from former Defense Minister Nakatani. In this context of naval recomposition, Southeast Asia’s middle powers, particularly Malaysia, are deepening their naval and technological cooperation with Seoul. This dynamic opens new opportunities for Europe and France, provided they are willing to engage in more integrated industrial partnerships, often alongside South Korean actors.
La Corée du Sud a connu entre début décembre 2024 et début juin 2025 sa pire crise politique depuis la destitution de l’ancienne présidente Park Geun-hye en 2016. Cette crise a abouti d’abord à l’arrestation et la destitution du président Yoon Suk-yeol, puis à son remplacement par son rival Lee Jae-myung lors de l’élection présidentielle du 10 juin 2025. Ce changement de président a donné l’impression d’un « point final » à cette crise. En réalité, les mois qui ont suivi ont été caractérisés par la continuation de la mise en cause de la présidence Yoon à travers les enquêtes des procureurs, des arrestations et des procédures pénales.
1- ÉVÉNEMENTS MAJEURS RÉCENTS ET ENJEUX DE DEMAIN
ASIE DE L’EST
Corée du Sud Poursuite du procès de la présidence Yoon, Jean-Yves Colin, Asie21
Corée du Sud – Chine Une tentative de rééquilibrage mis sous tension par la crise Pékin-Tokyo, Arnaud Leveau, Asie21
Base politique des relations sino-américaines Taiwan Relation Act : Loi sur les relations avec Taïwan (public law 96-8, 22 USC 3301 et suiv.) Les trois communiqués conjoints des États-Unis et de la Chine : Communiqué de Shanghai du 28 février 1972 Communiqué sur l’établissement de relations diplomatiques, 1er janvier 1979 (entrée en vigueur) Communiqué du 17 août 1982 Les « … Lire la suite
En application de sa politique de « pivot vers l’Asie », la Russie a envoyé depuis Tcheliabinsk en Sibérie occidentale, et transitant par le Kazakhstan et le Turkménistan, un train de marchandises chargé de 62 conteneurs à destination de l’Inde à travers l’Iran. Déchargées dans le port de Bandar Abbas, elles doivent être acheminées vers le port … Lire la suite
La Chine, qui porte un intérêt aux îles du Pacifique, en particulier à celles du Pacifique-Ouest, va offrir au gouvernement Ni-Vanuatu des drones, des motos et des systèmes Interpol, a indiqué Andrew Solomon Napuat* dans le Vanuatu Daily Post.
L’Australie et l’Indonésie se sont accordées sur un nouveau traité de sécurité. Le Premier ministre australien, Anthony Albanese, et le président indonésien, Prabowo Subianto, l’ont dévoilé à la mi-novembre 2025. Ce traité devrait être signé début 2026, une fois les procédures de ratification nationales achevées et devrait obliger les deux partenaires à se consulter en cas de menace à leur sécurité et à envisager des réponses individuelles ou communes.
Mi-novembre 2025, Washington a dévoilé une nouvelle force d’intervention interministérielle (Task Force) chargée de démanteler les réseaux d’escroquerie en Asie du Sud-Est. La Birmanie, le Laos et le Cambodge sont particulièrement visés, Washington les accusant d’escroquer les citoyens américains et de recourir au travail forcé.
L’armée de l’air de Taïwan avait commandé 66 avions de chasse F-16V aux États-Unis pour un montant de 247,2 Mds NT$* mais le calendrier initial de livraison progressive, prévu de 2024 à 2026, n’a abouti à aucune livraison à ce jour.
Purbaya Yudhi Sadewa succède à Sri Mulyani Indrawati qui a dirigé les finances publiques pendant plusieurs mandats. Purbaya s’était fait remarquer quelques mois auparavant en affirmant que l’économie indonésienne s’était effondrée lors de la crise financière asiatique de 1997, alors que le pays avait demandé l’aide financière du FMI*, mais qu’elle s’en était beaucoup mieux sortie lors des crises ultérieures sans le FMI.
Le train à grande vitesse Jakarta–Bandung, symbole de l’ambition nationale, est devenu un lourd fardeau financier. Le ministre de l’Investissement, Rosan Perkasa Roeslani, tente de réformer la dette du projet KCIC et s’efforce d’éviter le piège de la dette.
L’amiral Muhammad Ali a récemment suggéré qu’un porte-avions pourrait jouer un rôle dans le cadre des « opérations militaires autres que la guerre ». Ce concept vise à déployer des forces pour apporter une aide humanitaire, assurer la sécurité maritime et intervenir lors de catastrophes naturelles.
L’armée indonésienne, qui était principalement axée sur la défense du territoire national, engage désormais un processus de modernisation afin de faire face aux défis régionaux et à la montée en puissance de la Chine.
L’Agence japonaise de coopération internationale (JICA) va installer deux stations de dessalement de l’eau de mer à Santiago (São Tiago).
Le refus de l’Afghanistan de contrôler le Tehreek-e-Taliban Pakistan (TTP) présent sur son territoire et d’empêcher ses membres de pénétrer au Pakistan pour commettre des attentats terroristes a provoqué des réactions pakistanaises sous la forme de frappes aériennes à Kaboul et dans d’autres provinces afghanes.
La visite attendue du président Donald Trump à Kuala-Lumpur à l’occasion du 47e sommet de l’ASEAN intervient alors que des négociations commerciales sont en cours. Les pays d’Asie du Sud-Est étaient partagés entre leur réticence à accepter des « deals » peu favorables, leur manque d’estime pour des méthodes discutables, leur inquiétude aussi à propos de la désinvolture de l’Administration Trump. Ils sont divisés entre leur réticence à accepter des accords désavantageux, leur méfiance envers les méthodes américaines, et leur inquiétude face à l’attitude désinvolte de Trump. La visite a été marquée par une mise en scène médiatique, mais en coulisses, les dirigeants s’interrogent sur la sincérité des initiatives américaines en matière de paix et de prospérité, doutant de leur efficacité. Ce déplacement pourrait symboliser un changement de dynamique, où les États-Unis ne sont plus considérés comme le centre incontesté de la région, face à une ASEAN qui devient une nouvelle zone multipolaire, obligeant Washington à ajuster son rôle dans un contexte où il ne dicte plus systématiquement les règles.
Shen Po-yang, le jeune député DPP* de 43 ans, non élu mais désigné2 premier député sur la liste DPP en 2024 – comprendre : mis en avant par le président Lai –, a retenu l’attention de Pékin et s’est fait remarquer lors des manifestations des Bluebirds à Taipei. Il est inscrit en Chine sur la « liste des partisans inconditionnels de l’indépendance de Taïwan ». Le PCC* qui l’accuse de sécession a annoncé l’ouverture d’une enquête par le Bureau de la sécurité publique, menaçant de recourir à Interpol pour son arrestation à l’échelle internationale.
La politique américaine à l’égard de Taïwan a évolué : avant 2024, elle consistait à « résister à la Chine et protéger Taïwan » (抗中保台). Mais elle s’est transformée en une « résistance modérée à la Chine sans protection de Taïwan » (軟抗中、不保台), analyse Su Chi, père du « Consensus de 1992 ». Selon lui, l’hypothèse selon laquelle les États-Unis interviendraient inévitablement pour défendre Taïwan et sur laquelle l’île s’est appuyée pendant un siècle1, est aujourd’hui révolue. Leur puissance militaire dans le Pacifique occidental est en déclin. Ils ne disposent plus de capacités suffisantes pour assurer la protection de Taïwan et leur détermination s’est ramollie. Il devient donc crucial pour Taïwan d’adopter une nouvelle stratégie afin de prendre en main son propre destin.