Le référendum révocatoire1, organisé par le DPP, a échoué, portant atteinte au prestige du gouvernement Lai. Le journaliste britannique Ed Moon est rentré en Angleterre en juillet 2025 pour des questions de sécurité. Début septembre, il a publié un article « Mon grand rappel de Taïwan » dans lequel il expose les dessous de ce référendum.
Extrait Lettre confidentielle
Taïwan – Chine – États-Unis : Quel lien entre les négociations américano-taïwanaises et américano-européennes ?
Les États-Unis pourraient imposer un nouveau tarif douanier à Taïwan, en plus des droits de douane de 15 %, supérieurs à ceux du Japon et de la Corée du Sud. Ils pourraient également augmenter leurs investissements aux États-Unis de 400 milliards de dollars, portant ainsi gravement atteinte à l’industrie et à l’économie taïwanaises. Pour Pékin, le DPP a vendu Taïwan sans aucun résultat.
Taïwan : Les impuretés qu’il faut combattre…
Dans une série annoncée de dix discours sur l’unité nationale par le président Lai Ching-Te, le deuxième, prononcé le 24 juin 2025, portait sur « l’élimination des impuretés par les élections et les révocations ». Le terme « impuretés » est davantage associé au vocabulaire du secrétaire général du PCC*, Xi Jinping. L’utilisation de ce mot a suscité des interrogations chez les internautes taïwanais qui se demandent si le président Lai est un « agent du Parti communiste chinois ». Lai Ching-Te avait d’ailleurs suggéré que des manifestations aient lieu place Tiananmenl.
Taïwan Acte IV scène 3 : le vent a tourné. Grand référendum révocatoire : grand échec pour le DPP, grande victoire pour le KMT. 大罷免, 大失敗, 大成功
En janvier 2024, le président Lai Ching-te* a été mal élu avec seulement 40 % des voix et sans majorité au Yuan législatif 1. Le gouvernement ne s’est pas organisé en coalition. Les députés DPP* ont rejeté avec force – même physique – les projets de lois proposés par le KMT* au Parlement, notamment ceux demandant des comptes au gouvernement DPP : ils auraient été adoptés puisque le gouvernement ne dispose plus de la majorité parlementaire. Sauf en éliminant son opposition. Le président Lai a décidé d’utiliser le référendum révocatoire (le grand rappel) pour destituer les élus de l’opposition (députés et élus locaux). Si cette procédure existe dans la constitution, elle est considérée par une grande partie de la population taïwanaise comme un acte de dictature. La tentative du gouvernement de se débarasser de son opposition a échoué. Les électeurs ont fait leur choix. Le DPP a été sanctionné : aucun des députés visés n’a été révoqué. Le président Lai en sort affaibli.
Corée du Sud – Chine : Pression rouge en mer Jaune
Entre 2018 et 2024, la Chine a installé en mer Jaune, dans la zone contestée de la PMZ*, trois plateformes réputées à vocation piscicole, et treize bouées solaires d’observation. Ces installations, déployées sans notification préalable dans une zone maritime partagée entre Pékin et Séoul, suscite l’inquiétude coréenne quant aux intentions chinoises et à leur possible double usage. La tension est montée d’un cran en février 2025, lorsque que les bâtiments coréens envoyés pour les observer ont été repoussés par des garde-côtes chinois. Elle s’est encore accrue en mai dernier, quand la Chine a déclaré unilatéralement trois zones d’interdiction de navigation dans la PMZ*, en raison d’un exercice militaire. La pression chinoise s’applique ici par la tactique éprouvée du fait accompli, avec pour objectif probable de renforcer sa souveraineté sur la zone contestée.
Chine – Afrique – Monde : Initiatives
En matière économique la Chine prend des décisions unilatérales officiellement destinées à bénéficier aux pays les plus nécessiteux. Qui y trouve le meilleur compte ?
Chine – Corée du Nord : Relance frontalière
Après plusieurs années de gel, les dynamiques frontalières entre la Chine, la Corée du Nord et la Russie connaissent un regain d’activité. En mars 2025, la Chine a relancé des projets d’infrastructure à sa frontière nord-coréenne tandis que la Russie et la Corée du Nord intensifient leur coopération logistique. Ces mouvements traduisent une redéfinition silencieuse mais structurante des hiérarchies régionales, révélant de nouvelles logiques de contournement de la Chine par ses voisins, et remettant en question le rôle central de la Chine dans la zone du Tumen.
Philippines – Japon – Etats-Unis : « Théâtre unique » et collaboration en matière d’infrastructures
Les autorités militaires philippines, en collaboration avec leurs homologues américains et japonais, ont décidé, fin juin 2025, de donner une valeur opérationnelle au concept de « théâtre unique », afin d’unifier leur processus de planification militaire sur les mers de Chine orientale et méridionale, espaces de tensions croissantes entre Tokyo et Manille avec Pékin. Le Japon et les États-Unis ont, par ailleurs, annoncé leur volonté de relancer le projet de ligne ferroviaire Subic-Clark-Manille-Batanga (SCMB), longtemps resté bloqué après l’échec du projet initial soutenu par la Chine.
Thaïlande – Cambodge : La Première ministre thaïe, victime collatérale de la crise frontalière ?
Après les vives tensions frontalières entre la Thaïlande et le Cambodge en mai 2025, différentes voies de règlement ont été activées. Parmi elles, la diplomatie directe, entre dirigeants lors d’un coup de téléphone entre la Première ministre Paetongtarn Shinawatra et le président du Sénat cambodgien, l’ancien Premier ministre Hun Sen. Or, celui-ci a enregistré cet échange pour le diffuser ensuite sur les réseaux sociaux, provoquant ainsi une grave crise politique interne chez son voisin. Paetongtarn pourra-t-elle résister à ce qui apparaît comme un coup monté pour la discréditer ? La Thaïlande est-elle à nouveau au bord d’une crise politique ? Le clan Shinawatra joue à nouveau son va-tout.
Taïwan – États-Unis – Chine : Éviter la provocation?
避免挑釁?
En prévision du projet de Stratégie de défense nationale1 (NDS) 2025 des États-Unis, qui doit être publié le 31 août 2025, la fondation Defense Priorities publie un rapport qui suggère un repositionnement stratégique avec un retrait de 22 000 militaires américains de la région Asie-Pacifique.
Île de Bougainville-Papouasie-Nelle Guinée : Tensions entre l’Australie et la Chine
Des tensions ont lieu entre les deux pays concernant les travaux entrepris par la Chine sur l’île de Bougainville en Papouasie-Nelle Guinée.
Philippines – Canada : Accord de défense
Début juillet 2025, les Philippines ont annoncé la signature imminente d’un accord sur les forces en visite avec le Canada ; Manille négociant, par ailleurs, ce type d’accord militaire avec d’autres partenaires dont la France et l’Inde.
Pakistan : Une véritable puissance militaire, mais en mal de développement
Consacrant d’importantes ressources à sa défense, disposant de l’arme nucléaire, véritable puissance militaire comme l’a encore démontré le conflit armé indo-pakistanais de mai 2025, le Pakistan reste à la traîne en matière de développement.
Malaisie – Thaïlande – États-Unis : Circonscrire l’exportation de semi-conducteurs vers la Chine
Les États-Unis envisagent d’imposer des restrictions à l’exportation de puces en direction de plusieurs pays d’Asie du Sud-Est soupçonnés de réexpédier illégalement des composants électroniques américains vers la Chine. Le projet de règlement, dévoilé début juillet 2025, place la Malaisie et la Thaïlande sur la liste des pays soumis à restrictions (Entity List), exigeant une autorisation spéciale du gouvernement américain pour l’achat de puces.
Japon – Australie – Etats-Unis : Pacte logistique naval trilatéral
Le 11 juillet 2025, les États-Unis, le Japon et l’Australie ont signé un accord trilatéral de coopération logistique. Ce pacte renforce l’interopérabilité du soutien naval, notamment pour le ravitaillement, le réarmement, la réparation et le ravitaillement des navires des forces des trois pays. Il officialise des années de coordination dans ces domaines.
Japon : En retrait, les États-Unis
En présentant l’organisation de forces militaires japonaises autosuffisantes, le Japon, manifestement ébranlé par les déclarations de Donald Trump, dans son livre blanc, ne donne plus qu’un moindre rôle à la contribution des États-Unis à sa défense.
Indonésie – Birmanie – Russie :Extension de l’empreinte russe en Asie du Sud-Est
Ostracisée par l’Union européenne et en partie par les États-Unis, la Russie cherche à préserver son statut de grande puissance en portant son regard vers le Sud global. Dans cette logique, l’Asie du Sud-Est est l’une des cibles privilégiées de Moscou, au-delà du « pivot vers l’Asie » initié au début des années 2020. Cette manœuvre rencontre un écho plutôt favorable, notamment en Indonésie et en Birmanie, pour des motifs sensiblement différents.
Indonésie – Italie : Fincantieri livre à la marine indonésienne le patrouilleur polyvalent hauturier « KRI Brawijaya »
10 juin 2021 : le constructeur naval italien Fincantieri annonce la signature d’une commande de 6 FREMM (FRégate Européenne Multi-Missions) par la marine indonésienne pour remplacer ses frégates de la classe Ahmad Yani construites en 1965-1967 pour la marine néerlandaise et acquises à la fin des années 1980, de 113 mètres de long et 2 940 tonnes de déplacement, jusque-là les plus gros navires par la marine indonésienne.
Indonésie : Invitée d’honneur au défilé du 14 juillet 2025
1er juillet 2011 : à l’occasion de la visite du Premier ministre François Fillon, la France et l’Indonésie signent un « partenariat stratégique axé sur la consolidation de la coopération bilatérale dans les domaines politique et de sécurité, économique, du développement, de l’éducation et de la culture ».
Inde – Zambie : Exploration de gisements de cuivre et cobalt en Zambie
Pour renforcer la résilience de ses chaînes d’approvisionnement en métaux critiques, l’Inde négocie avec différents pays africains des accords pour l’exploration, puis l’exploitation de gisements de minerais. En Zambie, elle a dépêché, à partir de juin 2025, une équipe de géologues chargée d’explorer des mines de cuivre et de cobalt dans le Nord-ouest du pays.