
Visée par une enquête pour fraude et corruption présumées, la députée Kao Chin Su-mei et 17 autres personnes ont été entendues par le parquet de Taipei sur trois affaires après une série de perquisitions.

Visée par une enquête pour fraude et corruption présumées, la députée Kao Chin Su-mei et 17 autres personnes ont été entendues par le parquet de Taipei sur trois affaires après une série de perquisitions.
鄭麗文呼籲和平與北京對話
Le 29 janvier 2026, The Economist a publié une interview de Cheng Li-wen* consacrée aux enjeux de sécurité et aux relations entre Taïwan et la Chine. L’article met en lumière son choix controversé de s’opposer à l’augmentation du budget militaire taïwanais malgré l’intensification des manœuvres chinoises autour de Taïwan.
Dans un contexte de forte tension transdétroit, le maire de Taipei, Chiang Wan-an, poursuit le dialogue municipal entre les deux rives, et ce malgré les controverses internes taïwanaises. Il s’est rendu à Shanghai afin de participer au Forum Taipei-Shanghai, l’une des rares plateformes institutionnelles bilatérales encore actives entre Taïwan et la Chine populaire. Et le président Lai Ching-te ne s’y est pas opposé.

À l’occasion du World Forum 2026, le professeur Lin Chung-pin* a présenté un rapport affirmant qu’un accord Trump-Xi sur la paix et la réunification entre les deux rives du détroit était plausible : le recul assumé de la crédibilité militaire américaine, la volonté chinoise de privilégier la réunification sans recours à la force, et l’émergence d’un consensus à Washington en faveur de la désescalade redessinent les équilibres régionaux. Dans ce contexte, Taïwan apparaît de plus en plus comme la variable d’ajustement d’un dialogue sino-américain visant la stabilité.

台灣是火藥庫嗎?
Le président Lai annonce, via le Washington Post, son intention de proposer un budget de défense spécial supplémentaire de 1 250 Mds NT$ sur les 8 prochaines années, en plus du budget annuel. Cheng Li-wen* rétorque que la dette du budget de la défense a dépassé les 500 Mds NT$*, excédant largement le plafond légal et que le président Lai ne fournit aucune explication ni ne propose de solution concrète pour financer une telle dépense exceptionnelle. Il prévoit également d’augmenter le budget de la Défense à 3,3 % du PIB en 2026 et jusqu’à 5 % d’ici 2030. L’opposition s’inquiète car il s’agit du plus important investissement dans la défense de l’histoire de Taïwan. De plus, un responsable américain, le directeur de l’AIT*, s’est proposé de répondre lui-même aux questions des députés taïwanais. Et le DPP* a salué ses déclarations avec enthousiasme, percevant dans les propos de Raymond Greene un avertissement des États-Unis à l’adresse du KMT* et du TPP*.
L’armée de l’air de Taïwan avait commandé 66 avions de chasse F-16V aux États-Unis pour un montant de 247,2 Mds NT$* mais le calendrier initial de livraison progressive, prévu de 2024 à 2026, n’a abouti à aucune livraison à ce jour.
Shen Po-yang, le jeune député DPP* de 43 ans, non élu mais désigné2 premier député sur la liste DPP en 2024 – comprendre : mis en avant par le président Lai –, a retenu l’attention de Pékin et s’est fait remarquer lors des manifestations des Bluebirds à Taipei. Il est inscrit en Chine sur la « liste des partisans inconditionnels de l’indépendance de Taïwan ». Le PCC* qui l’accuse de sécession a annoncé l’ouverture d’une enquête par le Bureau de la sécurité publique, menaçant de recourir à Interpol pour son arrestation à l’échelle internationale.
La politique américaine à l’égard de Taïwan a évolué : avant 2024, elle consistait à « résister à la Chine et protéger Taïwan » (抗中保台). Mais elle s’est transformée en une « résistance modérée à la Chine sans protection de Taïwan » (軟抗中、不保台), analyse Su Chi, père du « Consensus de 1992 ». Selon lui, l’hypothèse selon laquelle les États-Unis interviendraient inévitablement pour défendre Taïwan et sur laquelle l’île s’est appuyée pendant un siècle1, est aujourd’hui révolue. Leur puissance militaire dans le Pacifique occidental est en déclin. Ils ne disposent plus de capacités suffisantes pour assurer la protection de Taïwan et leur détermination s’est ramollie. Il devient donc crucial pour Taïwan d’adopter une nouvelle stratégie afin de prendre en main son propre destin.
Une dame de fer
鄭麗文主席是國民黨選出的女戰將
Le monde occidental oppose régulièrement la démocratie taïwanaise au régime communiste du continent, développant ainsi une atmosphère anxiogène exacerbant les tensions. Et si la question était mal posée ? Cheng Li-wen déclare que « le KMT* est aujourd’hui le seul parti capable de jouer un rôle déterminant, en favorisant la réconciliation entre les deux rives et en garantissant la paix, ce qui permettra au monde de pousser un soupir de soulagement ».
En janvier 2024, le président Lai Ching-te* a été mal élu avec seulement 40 % des voix et sans majorité au Yuan législatif 1. Le gouvernement ne s’est pas organisé en coalition. Les députés DPP* ont rejeté avec force – même physique – les projets de lois proposés par le KMT* au Parlement, notamment ceux demandant des comptes au gouvernement DPP : ils auraient été adoptés puisque le gouvernement ne dispose plus de la majorité parlementaire. Sauf en éliminant son opposition. Le président Lai a décidé d’utiliser le référendum révocatoire (le grand rappel) pour destituer les élus de l’opposition (députés et élus locaux). Si cette procédure existe dans la constitution, elle est considérée par une grande partie de la population taïwanaise comme un acte de dictature. La tentative du gouvernement de se débarasser de son opposition a échoué. Les électeurs ont fait leur choix. Le DPP a été sanctionné : aucun des députés visés n’a été révoqué. Le président Lai en sort affaibli.
Taiwan TTX wargame
Les 10 et 11 juin 2025, neuf généraux et amiraux en retraite (ER) de Taïwan, des États-Unis et du Japon, ont participé à un jeu de guerre – du plus haut niveau à ce jour – imaginant l’invasion de Taïwan par l’APL en 2030. Chaque pays devait agir pour ses propres intérêts.
En 2024, le site officiel du Yuan exécutif indiquait que la population enregistrée de Taïwan était « composée de Hans comme groupe ethnique le plus important, représentant 96,4 % de la population totale ». Récemment, ce site a discrètement remplacé cette phrase par « le reste de la population ». C’est une manière d’effacer le mot « Han » qui désigne la population chinoise originaire du continent.
Sur les bandeaux sont écrits :
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Lors d’un rassemblement, organisé par le Kuomintang, 250 000 personnes se sont mobilisées pour s’opposer au « Parti communiste vert » et « combattre la dictature » du gouvernement actuel. Han Kuo-yu* dénonce un président de la République, Lai Ching-Te, qui propose « à ceux qui s’inquiètent du recul de la démocratie à Taïwan de se rendre sur la place Tian’anmen à Pékin pour protester ».

Dans une certaine ambiance de chaos politique à Taïwan (pas de majorité au Parlement et procédure en cours de référendum révocatoire pour les députés du KMT*1), les Verts* accusent la plupart des jeunes députés du KMT* d’être des espions à la solde des communistes chinois. Ainsi, ils déclenchent une investigation générale. C’est alors qu’ils découvrent qu’ils sont eux-mêmes infiltrés au plus haut niveau… Affaire embarrassante.
Le mythe du bouclier de silicium s’évapore-t-il ? La mondialisation de TSMC s’accélère. À l’ère de l’IA, la demande de puces haut de gamme ne fera qu’augmenter. L’administration Trump 2.0 souhaite rapatrier la production taïwanaise aux États-Unis pour des raisons de sécurité nationale. L’investissement massif de TSMC sur le sol américain va entraîner une nouvelle vague de déplacement de la chaîne d’approvisionnement avec ses industries vers l’est. Taïwan avait une position irremplaçable dans le jeu sino-américain : sa valeur stratégique devrait donc diminuer. L’engagement des États-Unis en faveur de la sécurité de Taïwan pourrait s’affaiblir. Ce qui prouverait que l’aide sécuritaire des États-Unis envers Taïwan n’a jamais eu pour leitmotiv la défense de la démocratie mais bien celle de leurs intérêts propres.
Le général (ER) taïwanais Chang Yen-ting prévient : Taïwan doit être prudent avec l’arrivée de D. Trump au pouvoir.
La première chaîne d’îles, frontière de la projection de la puissance militaire américaine, montre des signes de fissuration et perd progressivement l’effet dissuasif du blocus. Le Corps des Marines américain stationné à Okinawa a commencé à se replier vers Guam et Hawaï. Ce projet de redéploiement des troupes n’est pas nouveau mais a tardé à se faire. Un accord conclu en 2006 par les gouvernements japonais et américain visait à réduire la charge d’Okinawa liée à la présence de bases militaires américaines. L’achèvement du transfert, prévu pour 2014, a été continuellement reporté. Il s’agit, aujourd’hui, de relocaliser environ 9 000 Marines et leurs familles à Guam et à Hawaï.
民進黨挺戒嚴
Le groupe du DPP au Yuan législatif a soutenu l’éphémère loi martiale en Corée du Sud, décrétée par le président coréen Yoon Seok-yu, suscitant de vives critiques de la part des partis d’opposition à Taïwan et en Corée.
錢!錢!錢! 貪得無厭
Alors que Taïwan a acheté pour des milliards de dollars d’équipements militaires à l’armée américaine pour renforcer sa défense, D. Trump déclare que Taipei devrait payer pour l’aide américaine.
Le mouvement Bluebird (青鳥行動) a été créé par les partisans du DPP, à partir du 17 mai 2024, au nom de la démocratie, pour contrer le vote des opposants – KMT* et TPP* – devenus ensemble majoritaires après les élections législatives de janvier 2024 et alors que le DPP régnait en maître sous la présidence de Madame Tsai Ing-wen, sans jamais accepter de rendre de comptes.