La Chine conduit autour de Taïwan l’exercice militaire « Mission Justice-2025 », pratiquement sans préavis, marqué par des tirs réels. Les zones d’impact sont réparties dans un périmètre entre 12 et 24 milles nautiques autour de l’île. Cette fois-ci, l’exercice se distingue par un niveau de réalisme opérationnel plus élevé, une pression accrue sur les eaux territoriales taïwanaises et un resserrement de l’encerclement maritime et aérien. Le président Trump réagit « mollement ».
APL
Chine-Taïwan-Japon-Etats-Unis : Justice chinoise dans le détroit
Le 29 décembre 2025, le CT Est de l’APL a annoncé le lancement, sans préavis, de l’exercice Justice Mission-2025 (正义使命-2025) autour de Taiwan, présenté comme « un avertissement ferme contre les forces séparatistes et indépendantistes de Taïwan et les ingérences extérieures ». Nouvelle illustration de l’intransigeance de Pékin sur le sujet de la réunification, il a rappelé que l’option de la force est plus que jamais sur la table. L’APL s’y prépare et progresse à chaque exercice. Celui-ci s’inscrit dans une séquence diplomatique tendue où la pression chinoise s’est resserrée sur Taïwan et sur le Japon alors que Washington est imprévisible. Justice Mission-2025 a été interprété comme une réaction chinoise à l’annonce de la vente record (11 Mds USD) par Washington d’équipements de défense à Taiwan. Mais sa complexité du scénario (blocus de l’île et déni d’accès), et les forces engagées ne laissent aucun doute sur le fait qu’il avait été déjà soigneusement préparé. Il contribue à banaliser la présence et l’action de l’APL dans le détroit et autour de l’île. L’absence de préavis entretient l’opacité sur les intentions chinoises, entre exercice et opération réelle.
Taïwan – États-Unis Acte VI scène 1 Nouvel ordre indopacifique Les États-Unis redéfinissent la fonction de l’ensemble de la première chaîne d’îles
Dans le nouveau rapport sur la stratégie de sécurité nationale américaine (NSS*), la valeur de Taïwan ne se limite plus seulement à la défense de l’île elle-même, mais s’étend aussi dans sa capacité à constituer l’une des lignes de défense de la première chaîne d’îles pour dissuader les percées stratégiques de la Chine.
Taïwan : Faire face aux changements sans précédent depuis un siècle…
La politique américaine à l’égard de Taïwan a évolué : avant 2024, elle consistait à « résister à la Chine et protéger Taïwan » (抗中保台). Mais elle s’est transformée en une « résistance modérée à la Chine sans protection de Taïwan » (軟抗中、不保台), analyse Su Chi, père du « Consensus de 1992 ». Selon lui, l’hypothèse selon laquelle les États-Unis interviendraient inévitablement pour défendre Taïwan et sur laquelle l’île s’est appuyée pendant un siècle1, est aujourd’hui révolue. Leur puissance militaire dans le Pacifique occidental est en déclin. Ils ne disposent plus de capacités suffisantes pour assurer la protection de Taïwan et leur détermination s’est ramollie. Il devient donc crucial pour Taïwan d’adopter une nouvelle stratégie afin de prendre en main son propre destin.
Taïwan – Chine : Extension des bases chinoises de lancement de missiles face à Taïwan
La Chine installe de nouvelles bases de lancements de missiles sur sa côte sud-est. Ce n’est pas Taïwan qui est visé directement mais les États-Unis et leur influence militaire en Asie-Pacifique.
Corée du Sud – Chine : Pression rouge en mer Jaune
Entre 2018 et 2024, la Chine a installé en mer Jaune, dans la zone contestée de la PMZ*, trois plateformes réputées à vocation piscicole, et treize bouées solaires d’observation. Ces installations, déployées sans notification préalable dans une zone maritime partagée entre Pékin et Séoul, suscite l’inquiétude coréenne quant aux intentions chinoises et à leur possible double usage. La tension est montée d’un cran en février 2025, lorsque que les bâtiments coréens envoyés pour les observer ont été repoussés par des garde-côtes chinois. Elle s’est encore accrue en mai dernier, quand la Chine a déclaré unilatéralement trois zones d’interdiction de navigation dans la PMZ*, en raison d’un exercice militaire. La pression chinoise s’applique ici par la tactique éprouvée du fait accompli, avec pour objectif probable de renforcer sa souveraineté sur la zone contestée.
Chine : Commémorations du 3 septembre 2025 à Pékin : jeu diplomatique, étalage de puissance et messages stratégiques
Le 3 septembre 2025, la Chine célébrera en grandes pompes à Pékin le 80e anniversaire de la « victoire de la guerre de résistance du peuple chinois contre l’agression japonaise et de la guerre mondiale antifasciste ». La cérémonie sera présidée par Xi Jinping, qui y délivrera « un discours important ». Un défilé militaire aura lieu place Tiananmen, avec un défilé aérien, des troupes à pied et des unités mécanisées. Cette cérémonie sera l’occasion pour Pékin de diffuser ses messages au monde entier : affirmation de puissance politique et militaire, avertissement à Washington et à Taiwan.
Birmanie – Chine : Contrôle de sites d’extraction de terres rares
Riche en minerais critiques, la Birmanie, en proie à une guerre civile à l’horizon incertain, voit son accès à ses ressources perturbé, même dans l’État Shan, à l’est du pays, pourtant partiellement épargné par les combats. Cette situation suscite certaines inquiétudes en Chine car elle menace ses approvisionnements en terres rares, à l’heure où Washington semble vouloir faire pression sur elle afin qu’elle en augmente ses exportations. La nécessité chinoise d’assurer la sécurité de ses approvisionnements peut toutefois trouver un écho favorable dans la prise de contrôle, en juin 2025, de sites d’extraction de terres rares par l’United State Wa Army (UWSA).
Taïwan – Chine : Exercice Han Kuang 2025, montée en gamme face à la pression chinoise
La 41e édition de l’exercice Han Kuang* 2025 monte en gamme, en volume et en complexité, par rapport aux années précédentes, se voulant une réponse adaptée à la pression croissante exercée par l’APL* dans le détroit et autour de l’île.
Taïwan – États-Unis – Japon : Réunion trilatérale étoilée pour un jeu de guerre 眾星雲集的台海兵推
Taiwan TTX wargame
Les 10 et 11 juin 2025, neuf généraux et amiraux en retraite (ER) de Taïwan, des États-Unis et du Japon, ont participé à un jeu de guerre – du plus haut niveau à ce jour – imaginant l’invasion de Taïwan par l’APL en 2030. Chaque pays devait agir pour ses propres intérêts.
Chine : Dong Jun a-t-il une cape d’invisibilité ?
Depuis son arrivée au pouvoir, Xi Jinping n’a de cesse de faire le ménage au sein de l’APL*, et surtout au sommet de sa hiérarchie, au nom de la lutte contre la corruption.
Taïwan : Querelle sino-américaine dans le ciel de Taïwan. La Chine défensive devient offensive.
Le 1er avril 2025, le Commandement de théâtre Est de l’APL a annoncé sans avertir à l’avance la tenue d’exercices militaires interarmées autour de Taïwan (Strait Thunder-2025A).
Taïwan – Chine – États-Unis : Acte III scène 3. Pékin teste la stratégie américaine
Le commandement du théâtre oriental de l’APL a organisé un exercice militaire conjoint Strait Thunder-2025A autour de Taïwan. Il ne s’agissait pas seulement d’une démonstration de puissance de combat, mais aussi de la possibilité de convertir l’entraînement en combat. Alors, est-ce une menace de guerre contre Taïwan ou une carte utilisée pour des négociations avec Washington ?
Taïwan : Querelle sino-américaine dans le ciel de Taïwan. La Chine défensive devient offensive.
Le 1er avril 2025, les avions et navires militaires de l’APL ont annoncé sans avertir à l’avance la tenue d’exercices militaires conjoints (marine et armée de l’air) autour de Taïwan (Strait Thunder-2025A).
Taïwan – États-Unis – Chine : Temps d’attente pour un soutien américain en cas de conflit : 30 jours
En cas de guerre entre les deux rives du détroit, l’armée taïwanaise devra compter sur ses propres capacités pour survivre pendant au moins 30 jours, et ce avec une guerre asymétrique en attendant l’arrivée – éventuelle – du soutien militaire américain. Car il faut du temps à l’armée américaine pour faire converger des troupes du monde entier vers Taïwan. Mais si l’APL parvenait à sa réunification en un temps record, les États-Unis pourraient choisir de ne pas intervenir et d’éviter un conflit frontal avec la Chine.
Taïwan – Chine – Japon : La puissance militaire de la Chine en 2024 (rapport du DoD)
L’objectif de Pékin est de récupérer Taïwan. Pour cela, la stratégie de l’APL est d’abord d’empêcher l’ingérence américaine par air, terre et mer avec la modernisation de son arsenal et son 3e porte-avions.
Taïwan – Japon – Corée du Sud – États-Unis : Acte II scène 4. Pacifique occidental : flux des forces chinoises, reflux des forces américaines. Première chaîne d’îles brisée ? Douves chinoises ?
La première chaîne d’îles, frontière de la projection de la puissance militaire américaine, montre des signes de fissuration et perd progressivement l’effet dissuasif du blocus. Le Corps des Marines américain stationné à Okinawa a commencé à se replier vers Guam et Hawaï. Ce projet de redéploiement des troupes n’est pas nouveau mais a tardé à se faire. Un accord conclu en 2006 par les gouvernements japonais et américain visait à réduire la charge d’Okinawa liée à la présence de bases militaires américaines. L’achèvement du transfert, prévu pour 2014, a été continuellement reporté. Il s’agit, aujourd’hui, de relocaliser environ 9 000 Marines et leurs familles à Guam et à Hawaï.
Taïwan – Chine – États-Unis : Acte II scène 3, Un exercice militaire sans nom1. Point de rupture stratégique ?
L’APL n’a pas officiellement annoncé d’« exercices militaires » dans le détroit de Taïwan mais y a déployé des avions et des navires militaires. Selon Taipei, le nombre est « étonnant » et l’ampleur de l’exercice suffisante pour « empêcher d’autres pays d’intervenir ». Wellington Koo* a déclaré qu’il surveillerait de près la possibilité de l’APL* de « passer de l’entraînement au combat ». Selon le Global Times*, d’après des images satellite, il y a eu une « confrontation intense avec au total 10 navires de guerre dans le détroit» . En réalité, 5 destroyers 052D et frégates 054A de la marine chinoise ont fait face à 5 navires de guerre taïwanais mais seulement en observation et à distance.
Taïwan – Chine : Acte II scène 1, Exercices militaires chinois de grande ampleur autour de Taïwan en réponse aux discours du président William Lai
Pékin a répondu par des exercices militaires [Joint Sword-2024 A et B] à ce qu’il estime être des provocations du président taïwanais William Lai mentionnant l’existence de deux Chine séparées lors de ses discours d’investiture le 23 mai 2024 et de la fête nationale du double-dix, le 10 octobre.
Taïwan : William Lai en visite à Kinmen (Quemoy). Kinmen est-il un enjeu ?
賴清德訪金門
Le président de Taïwan, William Lai*, accompagné de Wellington Koo*, s’est rendu à Kinmen en août 2024, pour commémorer le 66e anniversaire de la Bataille d’artillerie 823 1. Pourquoi ? Et quelle est donc la signification du drapeau-tableau en arrière plan du président lors de son discours à Kinmen ? Pourquoi le président chinois Xi Jinping s’est-il rendu à Dongshandao ? Lai et Xi se répondent-ils par des visites symboliques ?