Le Japon va étendre son programme d’aide au renforcement des capacités de sécurité (OSA*) à au moins douze pays pour l’exercice budgétaire 2026, contre huit l’année précédente. Son budget atteint environ 98 millions d’euros, plus du double de 2025. Tokyo finance radars, drones, patrouilleurs, équipements de communication et infrastructures au profit des forces armées de pays partenaires. Le dispositif s’étend désormais du Pacifique occidental à l’océan Indien et à l’Afrique orientale. Cette évolution accompagne la révision de la doctrine de défense japonaise, l’assouplissement annoncé des règles d’exportation d’armements et la multiplication des exercices multinationaux. Dix ans après le discours d’Abe Shinzo à Nairobi, l’Indo-Pacifique libre et ouvert japonais prend une dimension militaire plus concrète.
Crimario
Indo-Pacifique – Europe – Otan. La stratégie des petits pas
Le sommet célébrant le 75e anniversaire de l’Otan s’est tenu à Washington du 9 au 11 juillet 2024. Les 32 pays membres de l’alliance s’y sont retrouvés pour parler du soutien à l’Ukraine, de dissuasion et de défense. Comme chaque année depuis 2022, l’Otan avait également invité à participer au sommet ses quatre partenaires de la région indopacifique : l’Australie, la Corée du Sud, le Japon et la Nouvelle-Zélande. Un peu plus tôt, le 23 juin, le quotidien japonais Nikkei affirmait que l’Union européenne souhaitait de son côté développer un partenariat industriel en matière de défense et de sécurité avec le Japon et la Corée du Sud. Fortement encouragée par les États-Unis : la convergence entre l’axe euro-atlantique et l’Indo-Pacifique sur les questions de défense semble bel et bien engagée au risque de provoquer de vives réactions du côté de la Chine, de la Russie et de la Corée du Nord.