La visite officielle du Premier ministre vietnamien Pham Minh Chinh à Moscou, du 22 au 25 mars 2026, marque une étape significative dans la relation bilatérale russo-vietnamienne. Première visite d’un dirigeant de premier rang de Hanoi en Russie depuis le 14e congrès national du Parti communiste vietnamien, ce déplacement est intervenu dans un contexte international tendu : guerre en Ukraine, crise pétrolière liée aux tensions dans le Golfe persique qui a provoqué une hausse d’environ 50 % des prix de l’essence au Vietnam, et reconfiguration des équilibres indo-pacifiques. Dans ce contexte, le Vietnam a choisi de réactiver un partenariat ancien sans remettre en cause sa stratégie de diversification. La signature d’un accord intergouvernemental dans le nucléaire civil constitue le point d’appui principal de ce rapprochement. L’accord confirme une constante de la politique vietnamienne : garder plusieurs options ouvertes, y compris avec des partenaires sous sanctions, pour sécuriser son développement économique et énergétique.
Pham Minh Chinh
Vietnam : Quel avenir après le 14e congrès du PCV ?
Le XIVe Congrès national du Parti, présenté comme la clé de la transformation du Vietnam à l’horizon 2045, s’est tenu des 19 au 26 janvier 2026. Un congrès qui a défini de nouvelles orientations stratégiques et tenté d’apporter des solutions pour que le Vietnam devienne un pays à revenu élevé d’ici 2045. Mais sur d’autres terrains – politique, diplomatie, culture, société –, le congrès s’est aussi positionné. Autour de la figure de Tô Lâm, secrétaire général, qui a conforté son statut incontesté en lançant une nouvelle ère, celle de « la renaissance nationale ».
Vietnam : sucession à couteaux tirés (+ trombinoscope)
Alors que le prochain congrès du Parti communiste vietnamien (PCV) doit se tenir début 2026 tout semble indiquer que la guerre pourra savoir qui succédera à l’actuel secrétaire général Nguyen Phu Trong a déjà commencé. Comme souvent, la lutte contre la corruption semble encore le meilleur moyen de régler ses comptes entre factions et de faire avancer ses intérêts. Si l’actuel secrétaire général a semblé longtemps garder la main, cela ne semble plus être tout à fait le cas aujourd’hui. Une longue série de démissions et d’arrestations au cours de ces derniers mois est venue brouiller la donne. Dans cette partie de billards à nombreuses bandes, plusieurs ficelles semblent être tirées depuis le ministère de la Sécurité publique dont l’occupant, To Lam, apparait bien placé pour prendre de nouvelles responsabilités. Mais au Vietnam, rien n’est jamais écrit à l’avance.