Menace chinoise sur Taïwan : aucune solution de continuité en perspective

Par le général (2s) Daniel Schaeffer,  membre du groupe de réflexion Asie21-futuribles

(www.asie21.com)     1er septembre 2022

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(4 cartes)

Dès lors que la Russie eût agressé l’Ukraine, les regards internationaux se tournèrent automatiquement vers la Chine et Taïwan en lançant des quasi-paris sur un passage chinois à l’acte de reconquête de la grande île par la force. Et voici que Nancy Pelosi, présidente de la chambre américaine des représentants, accompagnée de cinq membres démocrates de cette même Chambre vient souffler sur les braises le 3 août 2022 en entreprenant une visite à Taipei.

11 missiles balistiques

Malgré son message qui se veut apaisant de venue « en paix » dans la région, elle déclenche l’ire des Chinois qui, en avertissement à la république de Chine, considérée par eux comme renégate, exécutent dès le lendemain, trois tirs d’encadrement de l’île avec onze missiles balistiques, dont deux tombent au nord, deux au sud et cinq à l’est, de surcroît pour ces derniers en zone économique exclusive (ZEE) du Japon, au large de l’île d’Hateruma. Les dixième et onzième tirs n’ont pas été répertoriés par les observateurs.

 

 

Carte 1

Carte des 9 impacts, tels que répertoriés par le ministère de la défense japonaise ; (图源:日本防卫).

Source : ca.fx168news.com/news/thjs/2208/6086766.shtml

Les coups sont répertoriés de 1 à 9 dans l’ordre de leurs impacts dans les réceptacles, les 5 derniers étant réservés la ZEE japonaise, à sa limite (ligne bleue pleine sur la carte)

 

 

 

Ces lancements, à la symbolique martiale, représentent un avertissement autant pour le régime actuel de Taïwan que pour les États-Unis. Même si les missiles déployés n’ont pas été des Dong feng (vent d’est) DF-21, ni des DF-16 balistiques antinavires, mais plutôt des engins de plus courte portée, pas tous identifiés mais dont certains étaient des DF-15B. D’une portée maximale de 800 km, ils représentent ce que pourrait être localement la stratégie chinoise de déni d’accès de zone (anti-access, area denial / A2/AD) aux forces américaines, et éventuellement alliées, de renfort ou de secours à Taïwan attaqué. La manœuvre est l’illustration concrète, en format réduit, de ce que serait, au-dessus de la mer des Philippines, la stratégie A2/AD, avec sa capacité d’atteindre même l’arc des Mariannes, au sud duquel est implantée la base militaire américaine de Guam.

Avec cinq missiles réservés à la ZEE japonaise, ces impacts dans l’eau constituent aussi une semonce sérieuse envers Tokyo dont le dernier livret blanc sur sa défense, publié le 22 juillet, désigne clairement la Chine comme une menace directe. Ce dont celle-ci s’est violemment offusquée. Tout comme elle ne digère pas davantage que, dans le même opuscule, Tokyo relève qu’un conflit provoqué par elle contre Taipei générerait forcément des retombées dommageables à l’archipel nippon, et de ce fait, menacerait de l’entraîner dans le conflit.

Quant à l’exécution de ces cinq tirs spécifiques, les Chinois sont toutefois en règle avec le droit maritime international puisque aucun engin n’a plongé dans les mers territoriales de Taïwan et du Japon. Il est certes fort désagréable pour un État quel qu’il soit, de devoir subir si près de chez soi les exercices militaires de son voisin, surtout lorsqu’il se montre aussi agressif dans ses intentions. Mais en termes de liberté de la navigation et d’usage militaire, une ZEE reste de la haute mer avec toute la liberté qui s’y attache.

Autre point : l’administration chinoise maritime de sécurité applique les mesures obligatoires de sécurité en communiquant, par le biais des règlementaires notes aux aviateurs (Notice to airmen / Notam), les dates et heures de tous les exercices à tir réel qu’elle prévoit d’exécuter, ainsi que les coordonnées des polygones interdits à la navigation maritime et aérienne dans lesquels doivent se dérouler les manœuvres notifiées. Donc, même si les mesures annoncées perturbent une navigation maritime et aérienne dense dans la zone, les compagnies habituellement en transit au travers des polygones définis savent qu’elles ont à prendre les décisions nécessaires de détour par mesure de sécurité. En revanche, la trajectoire des cinq missiles au-dessus de Taiwan pourrait ne pas avoir été accomplie en conformité avec le droit international sur le droit de survol d’un territoire. Mais qu’importe puisque, vu de Pékin, Taïwan est province chinoise et que du fait de cette considération le survol s’est effectué au-dessus du territoire national chinois ! Et enfin, peut-on imaginer la Chine exprimer officiellement une demande d’autorisation de survol du territoire taïwanais pour ses missiles ? De son côté, Taipei minimise en déclarant que, à l’altitude de 100 000 mètres à laquelle ils étaient passés, ils n’avaient pas violé l’espace aérien du pays.

Cette volée de onze projectiles a fait pendant un temps la une de la presse internationale. Mais la menace chinoise contre Taïwan ne s’exprime pas seulement par ces onze tirs. Dans le même temps, dans le détroit, bien que l’information disponible ne soit pas très claire à ce sujet, d’où l’emploi du conditionnel, l’Armée populaire de libération aurait procédé à des tirs de missiles classiques à proximité de Mazu et de Jinmen, ces petits groupes d’îles situés à quelque dix kilomètres de la Chine continentale, micro-territoires laissés par Mao Zedong aux nationalistes en 1949, non pas par mansuétude, mais pour signifier symboliquement qu’ils sont deux points avancés d’ancrage de Taïwan à la Chine continentale.

Depuis au moins deux ans, cette menace qui s’affiche et se renforce aujourd’hui, se traduit par une augmentation substantielle de démonstrations militaires, aériennes et navales communistes de tout ordre, souvent à tir réel, destinées à intimider Taïwan, tout autour de la grande île, dans le détroit, en mer de Chine de l’est, en mer Jaune, ce qui inquiète maintenant les Sud-Coréens à cause de leur proximité, en mer de Chine du Sud ainsi qu’en mer des Philippines.

Des déploiements aériens constants d’intimidation au-dessus du détroit de Taïwan

Depuis 2020, afin d’impressionner Taipei, Pékin ne cesse de procéder au-dessus du détroit, en densités variables d’engagement, à des déploiements calibrés de forces aériennes. À chaque fois ils se traduisent par des franchissements de la ligne médiane, cette ligne virtuelle de partage théorique, implicitement convenue entre les deux parties adverses, de la mer entre l’île et le continent. Plus que significatifs entre tous, sont ceux qui ont eu lieu entre le 2 et le 6 août, donc avant, pendant, et après la visite de Nancy Pelosi. Ils se chiffrent à 131 sorties d’appareils, dont 105 de combat. Ces sorties sont repérées par les radars taïwanais dès que les avions entrent dans la zone d’identification et de défense aérienne de l’île (ADIZ) (1), un point qui nécessite une explication particulière. Lorsqu’on parle d’ADIZ, il ne s’agit en aucun cas de l’espace aérien de Taïwan, mais d’une zone couverte par ses capacités de détecter tout véhicule volant se présentant dans ladite zone. Tel qu’est tracé le périmètre de l’ADIZ, dès qu’un avion décolle des bases de Longtian et de Huian, dans le Fujian, la province qui fait face à Taiwan, ils entrent déjà dans l’ADIZ de l’île puisque cet espace couvre approximativement le tiers nord-est de la province. Elle apparaît sur la carte 2.

 

 

Carte 2

Schéma des 131 sorties aériennes chinoises entre le 2 et le 6 août 2022

Source : https://www.nytimes.com/interactive/2022/world/asia/taiwan-china-maps.html

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Des drones en action

Préalablement au voyage encore non annoncé de Nancy Pelosi en Asie et à Taïwan, les Chinois font d’une pierre deux coups en faisant, le 26 juillet 2022, voler le drone de reconnaissance et d’attaque TB-001 sur un très large rayon d’action au-dessus des mers qui baignent Taïwan et le sud du Japon. À partir de la mer de Chine de l’Est, il franchit le détroit japonais de Miyako, passe à proximité de l’île de Sakishima, à 120 milles marins à l’est du cap nord de Taïwan, longe la côte est de l’île où la marine taïwanaise accomplit son exercice annuel « Han Kuang » (2), et revient en mer de Chine du Sud par le détroit de Bashi, entre Taïwan et le nord des Philippines.

Le 4 août 2022, jour du lancement des onze missiles, les drones BZK005 de reconnaissance et TB-001 accomplissent deux larges trajectoires au-dessus de la ZEE japonaise au large de la partie sud de l’archipel des Ryukyu et au nord-est des eaux taïwanaises, autant d’avertissements aux deux parties.

 

 

Carte 3

Survol de drones chinois largement au-dessus des ZEE japonaise et taïwanaise

Source : https://www.nytimes.com/interactive/2022/world/asia/taiwan-china-maps.html

 

 

 

 

 

 

 

 

 

En complément, les continentaux réalisent quelques incursions par drones de reconnaissance au-dessus des bases taïwanaises avancées de Mazu et de Jinmen entre le 28 juillet et le 10 août 2022. Détectés volant à une altitude de 2 000 mètres, 10 survols de ces engins sont ainsi enregistrés lors de leur passage, dont 6 au total pour la seule période des 4 et 5 août 2022.

Une multiplicité inédite d’exercices aéronavals tout autour de l’île (3)

Avant, pendant, et après la visite de Madame Pelosi, six exercices aéronavals à tir réel se déroulent simultanément du 2 au 7 août autour de l’île, en mers de Chine de l’Est et du Sud et en mer des Philippines, à peu de distance des côtes de Taïwan mais sans pour autant qu’il y ait pénétration dans la mer territoriale de la République. Dans ces exercices, le commandement du théâtre Est, responsable des opérations, a, entre autres unités majeures, engagé le groupe aéronaval Liaoning et au moins un sous-marin nucléaire d’attaque. À noter que sur les six polygones d’exercices, quatre ont été le réceptacle des missiles lancés le 4 août 2022 (4) et que les manœuvres navales liées ont nécessité une sérieuse coordination entre toutes les forces engagées.

 

Carte 4 : schéma des six zones d’exercices chinois à tir réel du 2 au 7 août 2022. Quatre de ces aires sont les réceptacles des 11 missiles lancés le 4 août (cf. carte1 supra), et les manœuvres qui suivent sont des opérations simulées d’exploitation des 11 tirs.

Source : https://twitter.com/XHNews/status/1554486933786505216

 

 

 

 

 

 

 

 

Cela dit, les Chinois n’ont pas attendu la visite de l’Américaine pour se livrer à de multiples exercices navals, aériens et aéronavals. Ils sont d’ampleurs et de durées variables. Ils vont de un à six jours pour les plus courts, très souvent à tir réel, à trente pour les plus longs, notamment avec le groupe aéronaval Liaoning. L’objectif est non seulement de s’entraîner mais aussi de montrer sa force nouvelle et impressionner les adversaires potentiels. Sans remonter au début de 2022, ni aux années précédentes, on en dénombre, entre le 1er mai et le 2 septembre, en plus des six du début août tout autour de Taïwan :

  • 10 en mer de Chine de l’Est, mer Jaune et golfe de Bohai, dont 2 avec le groupe aéronaval Liaoning ;
  • 14 en mer de Chine du Sud dont 1 avec le tout nouveau groupe aéronaval Shandong ;
  • 2 dans le détroit de Taïwan ;
  • 2 en mer des Philippines avec le groupe aéronaval Liaoning, en continuité des exercices en mer de Chine de l’Est ;
  • 1 en circumnavigation de Taïwan.

Parfois ces exercices sont simultanés en mer de Chine du Sud, dans le détroit, en mer de Chine de l’Est, en mer des Philippines. Certains, au mois de mai, ont coïncidé avec la visite de Joe Biden en Asie. Et le départ de Nancy Pelosi de Taïwan n’a pas sonné leur suspension. Ils se poursuivent depuis avec la même intensité.

Pas de solution de continuité en perspective

Ainsi il est fort probable qu’ils ne cesseront plus tant que madame Tsai Ing-wen, très pro-américaine et avec de fâcheuses idées indépendantistes en regard de Pékin, restera au pouvoir. Ils ne cesseront pas davantage tant que des sommités politiques américaines viendront effectuer des visites à l’île nationaliste telles que le fut celle de la délégation de cinq congressistes les 14 et 15 août ou celle de la sénatrice Marsha Blackburn le 26. La perspective de la perpétuation de telles manœuvres, sans solution de continuité, tourmente désormais fortement les Américains qui s’inquiètent de ce qu’une telle multiplicité ne devienne la norme.

Or, ne nous faisons pas d’illusion, ce le sera. Perpétuer de tels exercices en nombre, en capacités matérielles et budgétaires, la Chine en a toujours largement les moyens. En outre, s’ils arrivent à point nommé pour manifester une désapprobation à une maladresse ou à une provocation américaine, ils ne sont en aucun cas spontanés et mis en œuvre au pied levé. Les états-majors chinois phosphorent en permanence sur les thèmes, préparent des dossiers d’exercices constamment mis à jour. Il ne reste plus ensuite qu’à les ressortir de la bibliothèque aux moments opportuns pour les mettre en application. C’est le cas en ce moment et depuis plusieurs années déjà.

Il fallait réfléchir avant et mieux analyser les répercussions qu’entraînerait le voyage à Taïwan d’une personnalité telle que Nancy Pelosi. Il n’est pas dans l’intérêt stratégique des Américains de pousser à la roue pour que Taïwan devienne indépendant. En outre, du fait de réussir à tant hérisser Pékin il faut s’attendre à ce que, sur le plan des livraisons de matériels militaires à l’île, Washington se heurte à davantage de difficultés que jusqu’à présent alors que plus on avance dans le temps, plus s’amenuisent les capacités de résistance taïwanaise.

Dans l’hypothèse où le gouvernement Tsai Ingwen serait renouvelé lors des prochaines élections présidentielles, en janvier 2024, il faudra s’attendre justement à ce que ces manœuvres demeurent la nouvelle norme, encore amplifiée, autour de Taïwan et que, à un moment voulu par elle, la Chine décide de frapper avec la stratégie et les tactiques choisies et les moyens appropriés. Personne ne peut le prévoir et ceux qui spéculent savamment sur la date à laquelle Pékin pourrait déclencher les hostilités se leurrent et leurrent le monde. Par culture, les Chinois détestent les surprises, mais ils adorent en faire. Ils pourraient très bien passer à l’acte à un moment où l’attention universelle serait quelque peu relâchée, où plus personne, ou presque, ne s’y attendrait. Parmi les multiples exemples disponibles, citons, en mer de Chine du Sud, l’assaut subit lancé contre quelques implantations vietnamiennes dans les Spratleys, à commencer par le rocher de la Croix de feu (Fiery cross reef), en mars 1988, et quelques autres dans la foulée, à la totale surprise du monde entier. Il y a aussi, en avril 2012, l’investissement inattendu des récifs de Scarborough (Scarborough reef) au détriment des Philippines alors que leurs garde-côtes n’avaient rien décelé de l’approche chinoise. Et le catalogue peut encore s’allonger.

Vue très partielle d’une préparation chinoise à une implication américaine

Néanmoins, dans la perspective d’une attaque contre Taïwan, la hantise du commandement chinois est de réussir à déterminer ce que serait l’implication militaire américaine au profit de l’île, notamment en ce qui concerne l’emploi des porte-avions, d’où le débat aux États-Unis sur le maintien de l’ambiguïté stratégique ou l’affichage net d’un engagement armé aux côtés de Taïwan. Avec une réflexion chinoise sur l’hypothèse haute d’une implication directe des États-Unis, il est intéressant de tenter d’imaginer les raisons profondes de l’exercice du 8 août, prolongation non annoncée des six opérations interarmées simultanées précédentes. Il se tient à l’est de Taïwan dans une septième zone non préalablement révélée puisqu’il ne s’agit pas d’un exercice à tir réel. Le thème est celui de la lutte anti sous-marine.

Il est possible que dans l’esprit chinois, la stratégie A2/AD applicable contre les pièces maîtresses navales américaines telles que les porte-avions, les navires d’assaut amphibies (LHA, LHD), les ravitailleurs, apparaisse suffisamment menaçante pour dissuader les Américains de venir engager leurs unités majeures à proximité et en soutien de Taïwan attaqué. Dans ce cadre, se pose forcément la question de l’objectif privilégié que constitue le groupe aéronaval basé à Okinawa et qui, de ce fait, est déjà dans la zone de frappe immédiate des DF. La même question se pose aussi pour la base de Guam, à portée des DF-21 et 26. Compte tenu d’une telle menace sur ses unités précieuses, la marine américaine pourrait, si elle voulait intervenir au profit de Taïwan et du Japon, se trouver contrainte de changer, temporairement au moins, de stratégie navale quant au moment opportun d’engager ses porte-avions. Dans ces conditions ce serait à l’utilisation massive des sous-marins, dont les capacités de frappe sont puissantes, que pourrait être donnée la priorité d’emploi. C’est une telle possible stratégie américaine qui semble agiter les cerveaux militaires chinois et qui les amène à mettre tant d’application à s’entraîner à la lutte anti sous-marine.

L’autre manœuvre spécifique qui a eu lieu du 8 au 12 août porte sur la chasse aux mines. C’est la quatrième menée depuis le mois de mai, à raison d’une par mois. Dans cette optique, il faut imaginer que pour organiser leur défense, les Taïwanais auront décidé de miner leurs eaux territoriales, et même au-delà dans le détroit. Cela pourrait même aller, avec bien sûr le risque inhérent à une telle opération hardie, jusqu’à la tentative de minage des sorties des ports chinois. C’est pourquoi, bien que sur le tard, à partir de 2020, les Taïwanais ont décidé de se doter de quatre mouilleurs de mines, de la classe Jiang Min, à mouillage rapide, de construction indigène, les quatre étant en service depuis 2021. Cette capacité, aussi minime soit-elle, inquiète forcément les Chinois contraints de rechercher les tactiques de parade.

Conclusion

Au bilan général de l’observation d’une telle cadence, d’un tel renouvellement, d’une telle succession d’exercices chinois aériens et navals, il est difficile de ne pas conclure que ce foisonnement d’activités, au-delà de la formation opérationnelle normale des unités, représente une véritable démonstration de préparation à la guerre. La simultanéité des six exercices de début août laisse entrevoir un tout petit pan de ce que pourrait être la stratégie chinoise de reconquête de l’île et que, précédée d’un anéantissement préventif d’objectifs vitaux par missiles, elle ne se résumerait pas à un seul assaut général aéro amphibie frontal mené directement au travers du détroit, depuis le continent jusqu’à la rive occidentale de Taïwan.

Ainsi, Taïwanais, Japonais, Américains, ont quelques raisons de se préoccuper de telles hypothèses. Mais pour éviter le pire, Washington serait bien inspiré de cesser de provoquer Pékin s’il veut pouvoir continuer à alimenter Taipei en armement en limitant le risque de subir les foudres impériales rouges, et aider au renforcement des capacités de défense de l’île.

Général (2s) Daniel Schaeffer, Asie21

1er septembre 2022

  1. Air defense and identification zone
  2. Les exercices annuels « Han Kuang » (Gloire de Han), qui ont eu lieu pour la première fois en 1984, sont les principaux exercices militaires de Taïwan auxquels participent toutes les composantes des forces armées, dans le but de tester l’aptitude au combat du pays en cas d’attaque lancée par la Chine.
  3. Pour des descriptions détaillées des phases et des polygones des exercices tenus, voir l’excellent article : https://chinapower.csis.org/tracking-the-fourth-taiwan-strait-crisis/
  4. carte 1

 

 

Lire également (à paraître le 15 septembre 2022)

Lettre confidentielle Asie21-Futuribles n° 164/2022-09

  • Taïwan – États-Unis – Chine   Acte IV scène 1 : la tornade Pelosi. Pas de sirènes à Taïwan face aux tirs de missiles chinois, Catherine Bouchet-Orphelin, Asie21

Encadré 1 La station radar Leshan

Encadré 2 Trajet de l’avion de Nancy Pelosi pour se rendre à Taïwan et, parallèlement, celui du porte-avions Reagan

Encadré 3  Les six principales zones d’exercices de Pékin verrouillant Taïwan. Stratégie pour les exercices militaires (chinois) à tir réel dans le théâtre de l’Est 

Encadré 4 Tirs de missiles chinois : communication de crise différente à Taïwan et au Japon

Encadré 5 : réaction du Japon 

  • Taïwan – États-Unis – Chine    Acte IV scène 2 : la tornade Pelosi : quel coût ? Catherine Bouchet-Orphelin, Asie21