Taïwan : Amnésie forcée ? Manipulation de la mémoire collective 台灣:被操弄的集體失憶?

Taïwan est une île chinoise qui fut prise par les Japonais vainqueurs d’une guerre contre la Chine (traité de Shimonoseki -1895- considéré comme l’un des traités inégaux que la Chine subit au XIXe siècle). Au cours des siècles passés, le Japon a toujours eu un oeil sur Taïwan qu’il estimait être naturellement une île qui devait lui revenir parce que située géographiquement dans le prolongement de l’épine dorsale japonaise.

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En 1945, les Japonais perdants ont dû rendre Taïwan à la Chine, après 50 ans de colonisation. À cette période, sévissait la guerre civile entre communistes et nationalistes chinois. Les nationalistes, très affaiblis, se sont rabattus sur Taïwan. Pendant plusieurs décennies, leur mot d’ordre fut la réunification de la Chine (三民主義統一中國). Et pendant que sévissait la Révolution culturelle et la « table rase du passé » sur le Continent, Taïwan faisait office de gardien de la culture et de la civilisation chinoise.

Depuis, la Chine communiste s’est développée économiquement et militairement. Et depuis, le DPP* (indépendantistes) réécrit l’histoire, voulant effacer le passé du KMT* : Taïwan appartient aux aborigènes dont sont issus les Taïwanais. Mais :

  • le problème qui différencie Taïwan du Continent est un problème politique et non ethnique, une guerre civile jamais terminée ; d’ailleurs le renouveau de la langue locale, le minnanhua, prôné par le DPP, n’est autre que la langue du Fujian, province chinoise, une langue parlée par beaucoup plus de monde sur le continent que sur l’île ;
  • le mot république de Chine a été retiré des bâtiments institutionnels ; 
  • le drapeau de Taïwan est absent de certaines manifestations comme celles des campagnes électorales de Tsai Ing-wen et il devient le symbole de ses opposants (cf. Asie21 n° 135/2020-01 Taïwan : Élections, les forces en présence);
  • il reste peu d’aborigènes à Taïwan (+ 3 % ) et la majorité sont des Chinois venus, en grande partie du Fujian alors qu’ils fuyaient la nouvelle dynastie mandchoue ou qu’ils s’organisaient en résistance. Effectivement, l’île a connu plusieurs vagues migratoires au cours de son histoire. Il y a même des Japonais qui, à la fin de la guerre, ont changé de nom pour rester sur place car sachant que rien ne les attendait au Japon (cf. le retour des pieds-noirs en France). 

Dire que Taïwan n’a pas été chinoise très longtemps, puisque la dernière dynastie au pouvoir [avant la colonisation japonaise] fut mandchoue, relève de la manipulation de l’histoire et des éléments de language du DPP qui sont repris par tous les Occidentaux qui le soutiennent :

  • soit de manière idéologique, c’est-à-dire au prétexte que Taïwan est une démocratie, donc elle doit être coupée de sa mère patrie parce que dirigée par le Parti communiste, 
  • soit parce que cela sert leurs intérêts actuels.

Mais la dynastie mandchoue fait bien partie de l’histoire chinoise tout comme celle des Yuan (Mongols). Ces envahisseurs ont été absorbés et sinisés par la culture chinoise, et non l’inverse, et ils font partie intégrante de l’histoire de la Chine, enseignée dans les écoles chinoises. Lorsque les Français et les Anglais ont pénétré l’Empire chinois par le biais des guerres de l’opium, ce n’est pas avec l’empire des Mandchous qu’ils ont signé les divers traités mais avec l’empire de Chine. Idem pour les Japonais avec le traité de Shimonoseki. Il existe en Chine 56 minorités nationales. Bien sûr, les Han sont largement majoritaires.

Taïwan est devenue une pièce maîtresse pour certains pays occidentaux qui, sous couvert de démocratie et de liberté de parole, de navigation et de commerce, l’utilisent pour leurs propres intérêts. A-t-on demandé aux Taïwanais ce qu’ils veulent ?

À force de répéter une histoire biaisée de Taïwan, elle entre dans l’imaginaire collectif occidental et dans celui des jeunes générations taïwanaises. Par exemple, la rhétorique du gouvernement Tsai qui justifie la démocratie à Taïwan en glissant aussitôt sur sa gestion exemplaire de la pandémie de la covid-19 est reprise par nombre de médias occidentaux. Ainsi, démocratie et gestion exemplaire de pandémie vont de paire. Or, ce sont bien deux choses différentes. Attention au formatage des esprits, à la déperdition organisée de la compréhension de l’histoire et à la pression autoritaire exercée par ceux qui croient défendre le bien contre le mal. « Un peuple qui oublie son passé n’a pas d’avenir » (Winston Churchill).

 

Catherine Bouchet-Orphelin, Asie21

 

DPP : Democratic Progresive Party

KMT : Kuomintang

三民主義統一中國 : slogan du KMT  « les Trois principes du peuple pour unir la Chine »

 

 

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Sur l’Armée populaire de libération (APL)

Témoignage du général (2s) Daniel Schaeffer, ancien attaché de défense en Asie

Quelle que soit la position que l’on puisse avoir sur le destin de cette république de Chine, rattachement à la Chine ou indépendance de fait sous menace permanente, cette démonstration qui vise à nier que Taïwan est province chinoise existe aussi lorsqu’il est question de l’armée chinoise, l’armée populaire de libération (APL).

En effet, parce que la littérature taïwanaise parle de l’armée communiste, ce qui démontre que l’empreinte de la guerre civile entre nationalistes et communistes existe toujours, même sans doute inconsciemment, certains chercheurs démontrent que l’APL est l’armée du Parti communiste chinois. Certes, selon la terminologie chinoise, « le parti commande aux fusils ». Mais cela ne signifie pas que l’APL est l’armée du parti, même si de nombreux officiers sont membres du PCC. Elle ne se présente jamais ainsi. Elle se présente toujours comme l’armée de la république populaire de Chine, y compris dans les discours officiels où son devoir de défense de la patrie (wo guo 我國) et non pas du Parti (wo gongchandang 我共產黨) est rappelé à chaque instant.

Dans les trois postes d’attaché de défense que j’ai occupés en Asie (Thaïlande, Vietnam et Chine), aucun de mes homologues chinois ne s’est présenté comme étant officier du Parti communiste chinois mais comme représentant de l’armée de la république populaire de Chine. Lorsque des Chinois participent à des opérations de maintien de la paix sous l’égide de l’ONU, ce sont des militaires détachés de la république populaire de Chine et non pas du Parti communiste qui le sont. Lorsque le groupement opérationnel naval chinois participe aux opérations de lutte contre la piraterie dans le Golfe d’Aden, ce n’est pas la marine du Parti communiste chinois qui opère mais bien celle de la république populaire de Chine. Et bien d’autres cas de figure à citer en ce sens, comme les demandes chinoises d’escales de bateaux, les correspondances des attachés de défense en Chine à l’adresse des services chinois de relations internationales militaires. Les spécialistes des relations militaires avec la Chine complèteront.

Il faut raison garder à ce propos et ne pas se laisser influencer par le vocabulaire taïwanais. Aussi inconfortable que soit la situation de l’île menacée par la Chine communiste, il ne faut pas biaiser les démonstrations et l’expression des réalités.

Daniel Schaeffer, Asie21

 

Extrait de la Lettre confidentielle Asie21-Futuribles n° 147/2021-01

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台灣:被操弄的集體失憶?

台灣島原屬中國,後因戰敗割讓給日本(根據19世紀中國被迫簽署的不平等條約之一:1895年的馬関條約)。由扵台灣在地理上,正位於日本島國延長缐的南端,因此過去數百年來,日本一直對台灣情有所鍾,希望其重回懷抱。

在殖民統治50年後,日本因戰敗,而扵1945年將台灣歸還中國,在這段時間,中國境內正遭到國共內戰的蹂躪,國民黨撤退到台灣。有數十年的時間,台灣當局號召"三民主義統一中國"。當中國大陸陷入 »文化大革命",要澈底摌除過去的歷史時,台灣卻以中國文化悍衞者自居!

此後,中共全力發展經濟與軍事,而台灣島內的民進黨(獨派份子),為了要把國民黨的過往抹去,竟然竄改歷史,宣稱台灣屬於原住民,台灣人都是原住民的後代。然而問題是:
-祗要中國內戰延續,台灣與大陸的不同乃是政治,而非種族。
-民進黨強調的閩南話,乃是中國福建省的方言,講閩南話的人,在中國大陸遠遠超過在台灣。
-事實上,原住民祇佔台灣人口的3%左右,絶大部分的台灣人係從中國大陸移民過來。二次大戰結束後,甚至有日本人寧願留在台灣。

民進黨更聲稱,台灣人早已不是中國人,早在日本殖民台灣之前,清朝乃是滿州人,而非中國人。然而問題是:
-在中國的歷史長河中,滿州清朝與蒙古元朝一樣,雖是外來入侵者,但因吸取中國文化,整個民族已溶入在大中華之內。事實上,中國境內共有56個民族,祗是漢族佔絶大多數。
-不要忘了,英法等國發動鴉片戰爭以來,是與中國簽訂不平等條約,日本與中國簽訂的馬關條約亦是如此。

硬說台灣人不是中國人,甚至不少西方人士跟着起哄,其所以如此:
-意識形態作祟,由於台灣推行民主,因此必須與實行共產的中國祖國分離。
-說穿了,還不是為了自己的利益。問題是,他們徵詢過台灣人嗎?
-這種偏見,已進入西方的集體想像之中,並已穿透到下一代的年輕人。

思想的強制塑造,歷史的橫加歪曲,權威加頂的硬分善悪,此種不幸造成的後果,正如英國前首相邱吉爾所說的:"一個忘記過去歷史的民族,是沒有前途的!"