Asie centrale : Recul des États-Unis

La Commission des services armés du Sénat a récemment auditionné le commandant du US Central Command, CENTCOM. On peut en retenir l’alarme sonnée par le recul de l’influence américaine en Asie centrale et la désignation des adversaires des États-Unis dans la région. La Russie y est décrite comme plus dangereuse que la Chine. L’Iran est un facteur préoccupant de déstabilisation régionale. Le tout est un développement policé des tweets du président Trump.

FAITS

Le 13 mars 2018, le général Joseph L. Votel, commandant du US Central Command, CENTCOM (Asie centrale, Asie du Sud et Moyen-Orient ; seule zone où l’armée américaine est active), a été auditionné par la Commission des services armés du Sénat. Parmi les sujets évoqués par le verbatim publié par celle-ci, Votel décrit brièvement la situation de la présence américaine en Asie centrale et insiste sur le recul qu’y connaissent les États-Unis.

 Le Kazakhstan représente la « relation militaire la plus avancée des États-Unis en Asie centrale bien que le recours aux équipements produits en Russie présente des défis [sic] pour développer une relation commerciale de défense plus solide ».

Au Tadjikistan, « alors que les relations avec les États-Unis sont positives, la Russie empiète de plus en plus sur l’influence des États-Unis et diffuse des informations inexactes sur l’Afghanistan et la région ».

En Ouzbékistan le CENTCOM participe au renforcement des forces d’opérations spéciales, à l’amélioration de leur logistique et au bon fonctionnement des équipements américains qui leur ont été cédés. Votel a noté qu’en conséquence les États-Unis pouvaient être prudemment optimistes dans un cadre limité (par le refus d’accueillir des bases militaires étrangères et de rejoindre des alliances) et a fait observer que « ces relations bilatérales servent à contrer l’influence russe et chinoise dans la région ».

Il constate notamment un clair alignement du Kirghizistan sur la Russie et la Chine. Ce pays, que les déclarations de 2012 et de 2013 qualifiaient de « partenaire clé des États-Unis », a été l’un des principaux bénéficiaires des formations dispensées par les forces spéciales américaines qui ont pu disposer de la base aérienne de Manas. Après sa fermeture en 2014, notamment sous la pression de l’Organisation de coopération de Shanghai, les États-Unis […]

Rémi Perelman, Asie21

Extrait de la Lettre confidentielle Asie21-Futuribles n°116 avril 2018

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