Inde – Chine : Les arrière-pensées de la Chine dans l’Himalaya

En l’absence d’accord définissant les frontières qu’elle ne veut pas conclure avec l’Inde dans l’immédiat, la Chine grignote des territoires himalayens, notamment en Aksai Chin dans le but non avoué de s’implanter au sud du col de Karakoram, voire au delà. C’est un bras de fer entre les deux pays mais qui ne débouchera pas sur un conflit armé.

FAITS

Les 11 et 20 avril 2020, des hélicoptères chinois ont survolé un territoire considéré par les Indiens comme faisant partie de leur province Himachal Pradesh, immédiatement au sud de l’Aksai Chin.

Les 5 et 6 mai, des heurts ont opposé des soldats chinois et indiens dans la partie orientale du Ladakh, en Aksai Chin, sur les bords du lac Pangong (Pangong Tso) et dans la vallée de la Galwan. Des bagarres à main nue ont eu lieu ainsi que des jets de pierre. Des blessures ont été enregistrées dans les deux camps. La Chine affirme que ses troupes effectuaient une patrouille sur son propre territoire, le long de la ligne de contrôle effectif (le terme officiel en anglais est line of actual control ; à ne pas confondre avec la ligne de contrôle, line of control en anglais séparant les parties du Cachemire administrées par l’Inde et le Pakistan). Mais l’Inde déclare que les Chinois l’ont dépassée de plusieurs kilomètres, empiétant sur ce qu’elle considère comme étant son territoire. Les deux pays ont envoyé des renforts terrestres, y compris de l’artillerie. Par ailleurs, des hélicoptères chinois se sont approchés de cette ligne non démarquée et des Sukhoi 30 de l’armée indienne ont effectué des sorties dans la zone. Les Chinois reprochent aux Indiens d’édifier des constructions dans la vallée de la Galwan, rivière prenant naissance à l’est du col de Karakorum et se jetant dans la Shyok, elle-même affluente de l’Indus.

Le 9 mai, au Sikkim, des altercations entre des détachements chinois et indiens ont dégénéré en bagarres provoquant des blessures dans les deux camps sur le col de Nathu (Nathu La – la signifie col en tibétain), à 4300 mètres d’altitude (la mention Naku La par les médias semble sujette à caution). 

Le 6 juin, le général commandant le corps d’armée de Leh a […]

 

Extrait de la Lettre confidentielle Asie21-Futuribles n°140/2020-06

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