Pakistan – Chine : L’électricité du couloir coûte trop cher

L’absence d’appel d’offres international pour les centrales thermiques construites par la Chine au Pakistan se traduit par un prix excessif de l’électricité vendue au secteur public et pèse indûment sur une économie fragile.

FAITS

Un rapport sur les causes du coût anormalement élevé de l’électricité au Pakistan a été présenté au Premier ministre, Imran Khan, lors de la réunion du Cabinet fédéral du 21 avril 2020. Il avait été commandé au comité spécial* créé en août 2019. Venant après la production d’une série de rapports similaires1, l’examen de ses 278 pages a eu pour effet de déclencher la création d’une nouvelle commission d’enquête. Le sujet doit donc être délicat. Les investigations menées sur plus de 60 centrales électriques font en effet apparaître a posteriori et par différence les conséquences de l’absence d’appel à la concurrence pour les opérations nées du CPEC*.

Trois centrales au charbon de 1320 MW ont été construites en BOT, sensiblement à la même époque, deux – Port Qasim et Sahiwal – attribuées dans le cadre du CPEC par le gouvernement chinois à ses consortiums associant entreprises et banques d’État, et celle de Jamshoro, résultant d’un appel d’offres international dirigé par la Banque asiatique de développement. Le « coût EPC* » exprimé en millions de dollars par mégawatt produit est de 1,21 pour Port Qasim et Sahiwal contre 0,587 pour Jamshoro. En conséquence, le prix du kWh est de 8,3 cents de dollar US pour Port Qasim et Sahiwal contre 6,3 pour Jamshoro.

Cet écart de coût signifie qu’une part non négligeable du règlement de la dette née des emprunts contractés par les consortiums associant opérateurs et banques publiques chinoises (détails en encadré), va contribuer à alourdir insidieusement pendant 30 ans le prix moyen du kWh. […]

 

Extrait de la Lettre confidentielle Asie21-Futuribles n°140/2020-06

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