Pacifique : Partie de poker en Micronésie

Très courtisés l’année dernière par Pékin et Washington, les États fédérés de Micronésie, de par leur position géographique, représentent un enjeu considérable pour les deux grandes puissances riveraines du Pacifique. Chuuk, l’un des États membres de cette fédération, de par ses velléités d’indépendance pourrait-il être le maillon faible susceptible de faire basculer une mare nostrum américaine dans le camp chinois ? À moins que ce ne soit les États fédérés de Micronésie ?

FAITS

Chuuk  a décidé de reporter à 2022 son référendum sur l’indépendance prévu en mars 2020. C’est la troisième fois que cette consultation initialement fixée en 2015 est repoussée au motif d’une insuffisante information des électeurs sur ses enjeux.

Ce mouvement sécessionniste est principalement alimenté par le mécontentement des Chuukois vis-à-vis du gouvernement des EFM* à qui ils reprochent une répartition trop inégale de l’aide économique reçue dans le cadre du traité de libre association avec les États-Unis, le COFA*, dont le volet « assistance économique » prendra fin en 2023.

En mai 2019, Donald Trump a reçu à la Maison Blanche, le président des EFM*, David Panuelo, en compagnie de ceux de la république de Palau et de la république des îles Marshall, une première pour ces États associés (FAS*). En août, tous trois ont rencontré le secrétaire d’État américain, Mike Pompeo, en escale à Pohnpei1, qui deviendra ainsi le premier chef de la diplomatie américaine à s’être rendu dans les EFM*. En décembre 2019, David Panuelo, a effectué en Chine une visite d’État à l’invitation du président Xi Jinping. […]

 

Extrait de la Lettre confidentielle Asie21-Futuribles n°139/2020-05

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