Nouvelle-Calédonie   Référendum : encore le choix de la France, mais …

Le non à l’indépendance l’a encore emporté à l’issue du référendum d’autodétermination organisé en Nouvelle-Calédonie le 4 octobre 2020. Toutefois, l’analyse des résultats confirme la dynamique indépendantiste qui interpelle désormais le « Caillou » et Paris. Un troisième (et dernier) référendum se profile qui n’arrangera pas vraiment une situation qui se tend. L’État, jusqu’à présent discret, doit reprendre la main pour renouer le dialogue entre les deux blocs, indépendantistes et loyalistes (partisans du maintien au sein de la République française), au risque d’un dérapage qui sera difficile à contrôler.

FAITS

Par 53,26 % des suffrages exprimés, la Nouvelle-Calédonie a confirmé le choix fait lors du premier référendum, organisé en novembre 2018, de rester française.

Néanmoins, le taux de participation exceptionnel de 85,64 % – en augmentation de 4,5 % par rapport à 2018 – a essentiellement profité aux tenants de l’indépendance. Ceux-ci améliorent leur score : 46,74 % contre 43,3 % en 2018, réduisant ainsi l’écart avec les loyalistes qui passe de 18 535 voix lors de la première consultation à 9 964 voix en 20201.

Ce dernier scrutin confirme également la double fracture de l’archipel, à la fois identitaire et géographique. Le vote indépendantiste demeure un vote « kanak », tandis que celui « loyaliste » concerne essentiellement les autres communautés. Dans les provinces du Nord et des Îles, majoritairement « kanak », le oui à l’indépendance l’a très largement emporté : respectivement 78,35 % et 84,27 %. Dans celle du Sud, il ne recueille que 29,14 % des voix.

Enfin, la campagne référendaire de 2020 a été beaucoup plus intense et tendue que la précédente, nourrie par la radicalisation des deux blocs et un climat politique qui s’est nettement durci. […]

 

Extrait de la Lettre confidentielle Asie21-Futuribles n°143/2020-10

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