Chine – États-Unis : Escalade  préélectorale

Le gouvernement américain multiplie les attaques ciblées, la Chine va-t-elle riposter ?

FAITS

Sur le plan politique, les relations sino-américaines se sont détériorées avec des accusations réciproques sur l’origine de la covid-19 – un haut fonctionnaire chinois ayant déclaré que les Américains avaient implanté le virus à Wuhan, Trump a condamné le virus chinois – et l’annonce de sanctions contre les membres du Parti communiste chinois après l’abrogation de facto de l’autonomie de Hong Kong par Pékin.

Sur le plan économique, le gouvernement américain a maintenu les hausses de droits de douane décidées en 2019 et au cours des sept premiers mois de 2020, dans un contexte de crise mondiale, le commerce entre les deux pays a diminué (les importations américaines depuis la Chine ont baissé de 14 %, les exportations vers la Chine légèrement diminué), le déficit bilatéral représente un tiers environ du déficit commercial américain au lieu de 48 % en 2018. Plus de 3500 entreprises américaines ont engagé des actions en justice contre les hausses de tarifs douaniers décidées par Washington.

L’évolution la plus marquée a été l’effondrement des investissements chinois aux États-Unis. Passé par un maximum de 28 milliards de dollars au second semestre 2016, ce montant a été de 4,7 milliards au premier semestre 2020 (dont 3,4 milliards pour l’acquisition de 10 % du capital de Universal Music Group par Tencent). Commencée en 2017, cette baisse a d’abord été la conséquence du durcissement de la Chine vis-à-vis des sorties massives de capitaux . Ce tour de vis n’a pas réduit l’appétit des entreprises chinoises pour le marché et les  technologies américains.  Mais l’administration américaine a renforcé les attribution du CFIUS* qui donne son avis sur tous les projets et peut éventuellement revenir sur des autorisations : entre 2017 et 2019 le CFIUS a analysé près de 600 projets, dont 140 chinois. Alors qu’à la fin de la période Obama, le CFIUS autorisait 95 % des projets, ce taux a été ramené à 60 % en 2019. Les IDE* chinois aux États-Unis ont chuté et se concentrent dans les biens de consommation, l’automobile et l’immobilier.

Par ailleurs, l’administration alimente régulièrement l’entity list […]

Extrait de la Lettre confidentielle Asie21-Futuribles n°143/2020-10

La suite de l’article est réservée aux abonnés : abonnement en ligne