Et si l’Amour devenait chinois ? Annexes

Russie – Chine : Et si l’Amour devenait chinois ? Asie1 n° 143/2020-10

Annexes

1 Carte de la région

2. Les traités inégaux carte

3. L’exemple d’une zone cultivée et abandonnée: vallée de la Zeya.

4 Climat:

5.Terres exploitables, terres exploitées

5.1: Bassin de l’Amour, russe, chinois, mongol: en 2005

5.2: Les terres: 

5.3 Production

5.4 Un exemple de récupération de terres des wetlands devenues terres cultivables dans Heilongjiang

5.5 La région du nord-est chinoise, ses disponibilité de terres, production.

5.6: Evolution des terres cultivées,

6 La présence chinoise en Extreme Orient russe

6.1 population chinoise rurale

6.2 Pertes cumulées de la population russe

7.Importations de soja par la Chine

7.1importations totales et selon les fournisseurs

7.2 importation de soja en provenance de Russie

8 La question de terres: ou l’homme libre contre le serf.

8 1 La Chine et la culture

8.2 La Russie ou la valse de propriétaires

8.3 .L’hectare sibérien et le paysan sans terre vs la terre sans paysan de l’agroholding.

9 Succès et échecs : des leçons à retirer

9.1 Un succès Le Mato Grosso,

9.2 Deux échecs retentissants, Ford et Daniel K. Ludwig en Amazonie .

9.2.1 Fordlandia et Belterra : l’hévéa

9.2.2 Ludwig et le projet Jari: la pâte à papier.

9.3 Un grand succès: le palmier à huile vecteur de développement et de progrès en Asie avec le FELDA et l’Indonésie

9.3.1 « Rien ne se perd, rien ne se crée, tout se transforme »

9.3.2 Indonésie et Malaisie

10. L’histoire longue pour mieux comprendre aujourd’hui.

11. Carte des développement comparé de 3 régions de 900.000 de 90 millions ha en Russie, au Brésil

11.1 Chine rive droite du Heilongjiang (900.000 km2)

11.2 Russie vallée de Zeya (233.000 km2) et Matogrosso (903.000 km2) au Brésil

1. Carte de la région

2. Les traités inégaux de 1860 (après le sac de Pékin)

La Chine perd la rive gauche et la rive de l’Oussouri, 1 million km2 

3. L’exemple d’une zone cultivée et abandonnée: vallée de la Zeya.

Affluent de l’Amour: la Zeya, 1230 km de long, bassin versant de 233.000 km2 ( 3 fois le Benelux),

  

4 Climat:

les conditions climatiques sont similaires à celles des grandes régions céréalières et de soja des grandes plaines de l’ouest américain (Minnesota – Dakota) ou du Canada où le soja est remplacé par le colza (canola),

On indique les conditions climatiques d’une zone tropicale pour le soja, le MatoGrosso au Brésil où le soja ne devait pas pousser.. et il pousse avec des rendements de plus de 3t/ha sur des millions d’ha. (Voir point MatoGrosso)

Source: :https://fr.climate-data.org. Note: MatoGrosso +6: on décale de 6 mois les données du Matogrosso, situé en zone sud.

5.Terres exploitables terres exploitées

5.1: Bassin de l’Amour, russe, chinois, mongol: en 2005, 3/4 des terres cultivables seraient en Chine. Cela dépend du terme « cultivable)

Amur-Heilong basin portion

Land use category en million ha

Cropland

Forest

Nomadic pasture

Waste-land

Other

Total

Russia

7,9

119,1

14,8

16,7

20,2

178,7

Dont Sud RFE

5,4

87,8

11

14,7

118,9

Mongolia

0,2

1,6

21,5

0,5

4,8

28,5

China

26,3

39,0

10,3

9,4

10,1

95,1

Dont Heilongjiang

16,3

19,2

n.a.

4,3

5,6

45,4

Basin total

34,4

159,7

46,6

26,6

35,1

302,3

  • Source WWF 2008  RFE Région Far East.

5.2: Les terres:  2,6 millions ha de terres arables, et 1,6 millions cultivés…À titre  de comparaison, les terres cultivables de la Hollande sont de 975.000 ha.

Table. Agriculture land structure in Russia in 2002 (1000 hectares)

Province

Agriculture lands

Drained/
irrigated

Planted
Cropland

Nomadic
pastures

total

arable

Primorsky

997

607

286

406

Khabarovsky

274

100

83

102

10,422

Amurskaya

1,788

1,187

246

647

554

Evreiskaya Autonomy

168

86

88

85

Chitinskaya

1,443

583

36

320

3,142

ABAR

173

97

7

31

699

Russia basin provinces total

4,844

2,660

746

1,591

14,817

Source: Karakin & Sheingauz 2004

5.3: Production: quelques centaines de milliers de tonnes. Hormis les pommes de terre, aucune production ne permet l’autosuffisance alimentaire.

Region

Grain

Sun-flower
seed

Potato

Vege-table

Meat

Milk

Non-swine live- stock

Swine

Total cropland

thsnd. tons

thsnd. tons

thsnd. tons

thsnd. tons

thsnd. tons

thsnd. tons

thsnd. head

thsnd. head

thsnd. 

ha

Primorsky

134.9

0.8

433.7

114.6

16.6

136.1

97.1

42.2

448.1

Khabarovsky

27

0.1

326

140.4

15.4

80.8

52.3

70.5

102.6

Amurskaya

190.3

0.3

491.2

112.1

22.5

174.4

129.7

71.4

695.5

Evreiskaya Autonomy

29

0

103.9

29.7

2.9

30.1

20.4

13.1

79.7

South RFE total

381.2

1.2

1354.8

396.8

57.4

421.4

299.5

197.2

1322.9

Southern RFE agriculture production in 2001 (Ganzei 2004)

5.4:Un exemple de récupération de terres des wetlands devenues terres cultivables dans Heilongjiang  (en milliers ha)

En milliers ha

1949

1975

1985

1990

1995

2000

Wetlands

5,350

3,240

2,720

2,110

1,980

1,480

Croplands

780

2,050

3,490

3,600

3,740

4,570

5.5 La région du nord est chinoise, ses disponibilité des terres, production. Comparaison avec la Chine

Unité

Chine

Liuoning (L)

Jilin (J)

Heilongiang

(H)

Total L J H

LJH/Chine

Population

Million hb

1395

43,6

27

37,7

108,3

7,8 %

S.semées total

Million ha

166

4,2

6,1

14,7

25

15,1 %

S.semées grain

Million ha

117

3,5

5,6

14,2

23,3

19,9 %

S.semées mais

Million ha

42

2,7

4,2

6,3

13,2

31,4 %

Prod grain

Million t.

657

22

36

75

133

20,2 %

Prod riz

Million t.

212

4

6

27

37

17,5 %

Prod maïs

Million t.

257

17

28

40

85

33,1 %

Porcs nombre

Million

428

13

9

14

36

8,4 %

porc abattu

Million

694

24,9

15,7

19,6

60,2

8,7 %

Viande Porc t.

Million t.

54

2,1

1,3

1,5

4,9

9,1 %

tableau reconstruit à partir des Statistiques chinoises

5.6: Evolution des terres cultivées, doublement sur 15 ans, quand 8/10 des kolkhozes russes ont été abandonnés

6 La présence chinois en Extreme Orient russe

6.1 population chinoise rurale

Oblast amur

Oblast Birobidjan

Krai du Primorie

Krai de Kharabosk

Zabaïkalsi

Somme

Terres arables

1282,0

163,2

478,7

80,7

206,3

2210,9

Louées aux chinois

118,3

89,9

66,7

49,7

28,2

352,8

% terres cultivées par chinois

9,2 %

55,1 %

13,9 %

61,6 %

13,7 %

16,0 %

Terres agricoles

2734

537

1689

666

206,3

5832,3

Terres arables

1574

95

754

98

28,2

2549,2

Terre agric/arable

57,6 %

17,7 %

44,6 %

14,7 %

13,7 %

43,7 %

6.2 Pertes cumulées de la population russe

7.Importations de soja par la Chine

7.1importations totales et selon les fournisseurs

7.2 importation de soja en provenance de Russie

2008

2009

2010

2011

2012

2013

2014

2015

2016

2017

2018

2019

Total

37436

42552

54798

52453

58383

63378

71403

81739

83235

95537

88034

88586

Russie

5

2

1

4

92

68

59

373

401

508

817

733

La Russie est un fournisseur mineur et le soja est produit uniquement par des paysans chinois passant la frontière… et aidés financièrement par les autorités chinoises.

8 La question de terres: ou l’homme libre contre le serf.

8 1 La Chine et la culture La relation homme-terre a été traitée en Chine depuis des milliers d’années comme un élément de base de la structuration de nation. Le résultat a été la constitution d’un peuple de paysans, sans servage ni esclavage, même si la pauvreté étant de règle, la sélection pour la survie était la loi.  Mencius avait théorisé la relation homme terre avec une théorie contraire au droit romain, « la propriété foncière a été établie par rattachement nominal des lots de terre à des personnes assujetties à l’impôt. » La terre était alors attribuée aux paysans selon des règles rituelles strictes et aux fonctionnaires méritants. Ce système varia au cours des siècles, mais le résultat est une Chine rurale avec la moitié de sa population liée à la terre (et aux ancêtres) et avec un attachement viscérale à la terre chinoise..

8.2 La Russie ou la valse de propriétaires

Les modes d’occupation de l’immense espace russe ont toujours été les acteurs moteurs de la production agricole. En 1861, Alexandre II libérait le paysan attaché à la terre depuis le Soudiebnik de 1497 d’Ivan III et de nouvelles collectivités, les « mirs », apparaissaient, suivies par la venue  progressive d’individualités plus fortes, les koulaks. Le communisme a nationalisé la terre en 1917 (2de loi de Lénine), créé les nouveaux modes collectifs de production, sovkhozes et kolkhozes – 12 500 kolkhozes pour 87 millions ha et 12 900 sovkhozes pour 121 millions ha en 1990 –, et massacré les koulaks. L’arrivée du libéralisme et de l’agro-holding est la dernière phase de ce processus.

Les terres ou la valse des propriétaires

« La question de la terre est un problème fondamental pour la Russie et la société russe. Elle n’a pas cessé de l’être depuis  (de Witte 1898). L’Etat a supprimé la loi foncière de 1917. Les oligarques ont dénommé le  schéma de privatisation des terres, « the Hunt for the Next Big Thing », après la privatisation des mines, des industries et de la distribution alimentaire. Le résultat est spectaculaire. Aujourd’hui,  les 5 premières agro-holdings possèdent 3,8 millions ha, alors que les agriculteurs allemands n’en possèdent que 13 millions, 10% de plus que les 61 premières agro-holdings russes, quand l’agriculture américaine comme française est 98% familiale, que la taille moyenne des exploitations est de 175 ha aux USA, 61 ha en France, que les grandes exploitations aux USA (plus de 800 ha) ont une taille moyenne de 2.395 ha,. Cette faim de terre est un grand facteur de progrès, la concentration se fait, par le marché aux yeux de tous, et au bénéfice des plus efficaces. La valeur comptable des terres agricoles aux USA est de $ 2.400 milliards, contre moins de 50 milliards en Russie, d’où une plus-value potentielle extraordinaire.

L’évolution du foncier est caractérisée par la continuité des immenses propriétés avec des changements successifs de propriétaires: le tzar et ses princes, puis l’Etat et ses commissaires et « les paysans », et aujourd’hui les « Nouveaux Russes – hommes d’affaires ».

L’agro-holding est le nouvel instrument de la politique agricole russe. L’État a fixé des objectifs : autosuffisance alimentaire et nourrir le monde, et dans l’urgence. Il a des ressources financières importantes avec les cours élevés du pétrole et les bénéfices des importations alimentaires à bas prix destinées au marché intérieur déficitaire. Aujourd’hui l’agro-holding a repris  les propriétés collectives, les a regroupées et gère efficacement des terres riches naturellement. Il est intégré horizontalement et verticalement, il produit les 3/4 des grains, 90% des betteraves, 80% des œufs et 50% du lait russe (chiffre 2016). Les avis sur l’efficacité de cette méthode sont partagés, enthousiastes pour les uns on obtient des résultats rapidement, ce qui est vrai, mais à un prix élevé, puisqu’il mobilise les 3/4 des subventions à l’agriculture , sceptiques pour d’autres.

  • Enthousiaste, car l’agro-holding a obtenu des succès spectaculaires, il a redonné l’espoir, a réussi à transférer de la génétique animale (bovine, porcine avec Mikoyan-Exima à Orel, aviaire) rapidement efficacement, a produit et distribué des huiles alimentaires de qualité (Yug Rusi) dans un minimum de temps.
  • Sceptique, comme aurait pu dire de Gaulle: « l’agriculture est trop politique pour se faire à la corbeille (bourse)». Remplacer l’État – inefficace, mais État – par des financiers privés nationaux et internationaux pour qui la production agricole est une ligne de computer « production russe » que l’on peut changer pour des motifs financiers, politiques ou personnels les plus originaux, est peut être un progrès, et sûrement  un danger. On l’a vu avec la disparition de la plus grande agro-holding russe Razgulay en 2017. C’était le navire amiral en 2008, il a coulé en deux ans. L’évolution de l’agriculture russe ne peut pas dépendre du Kriegspiel des boursiers, des familles de propriétaires occasionnels et de leur situation matrimoniale. Voir  les centaines milliers d’ha de terre russe rivaliser avec l’immobilier national et international ne semble pas un progrès. L’agriculture du premier pays agricole mondial – les USA – est familiale à 98%, avec une taille moyenne des grandes propriétés de 2 300 ha, c’est le modèle d’occupation de l’espace rural.

L’agro-holding était une solution d’urgence pour « reprendre la main » et réinjecter « efficacement » des fonds dans l’agriculture, il a réussi, mais il confère une grande fragilité au système de production, car trop dépendant de la finance, de l’humeur et de la politique internationale. La Russie le vit au quotidien avec la politique de sanctions. Il faudra réintégrer la permanence de l’État et des paysans dans le système de production, c’est le défi d’aujourd’hui. Le système communiste agricole était basé sur le salariat, sur l’enthousiasme, sur la « dictature » de la technique (sur fond politique) qui décidait à la place de l’homme de terrain. Ce ne fut pas un succès. Mais aujourd’hui remplacer l’homme par des robots et des tracteurs de 800 CV n’est pas sans danger. Progrès, car mieux vaut dépendre du satellite que de mot ordre du parti… quoique ???L’agriculture restera un métier d’hommes éduqués libres, qui peuvent et savent souffrir. Le remarquable Ministre de l’agriculture A Gordeyev parlait de la sélection darwinienne qui avait été imposée aux agriculteurs russes, et c’est le marché –  en particulier celui des terres –  qui est le juge commun de tous les acteurs et de leur réussite, par la production et non par la spéculation boursière ou financière comme c’est le cas actuellement.

8.3 .L’hectare sibérien et le paysan sans terre vs la terre sans paysan de l’agrohlding.

En mai 2016, le Président Poutine signe une loi qui permet de donner 1 ha à toute personne qui le mettra en valeur dans les 5 ans suivant leur attribution. L’enthousiasme est au rendez-vous et des milliers de demandes sont enregistrées. Alors que c’est le paysan qui a sauvé la Russie, le pouvoir distribue des terres à datcha pour occuper l’extrême orient. On est en présence d’un acte politique qui n’a rien à voir avec l’agriculture, la production agricole de l’Extrême Orient n’augmentera pas avec cette mesure. La terre est un des facteurs de production, son accessibilité, une taille suffisante de l’exploitation (déjà connue par Stolypine il y a un siècle), le savoir cultiver, le financement etc… tous ces facteurs ont été ignorés. On considérera cette mesure comme un exercice de communication et non de production. En 2018, le groupe Rusagro – qui établit un projet de production de porcs – a obtenu 80.000 ha de terres dans le Primorye, en rachetant Avangard, la seule société, chinoise  de surcroit, qui avait réussi son implantation agricole sur 40.000 ha. Rusagro cette année vante ses moissonneuses batteuses sans chauffeur. On pense avoir réussi à implanter une agriculture sans personnel… c’est bien là le dilemme et le grand écart entre l’agriculture sans paysan de Rusagro et les paysans sans terre de l’ha sibérien.

9 Succès et échecs : des leçons à retirer

En 45 ans, les 9,3% et 19,5% des 90 millions ha – 900.000 km2- du MatoGrosso au Brésil ont été mis respectivement en culture et déboisés pour des prairies. Cet état, qui ne produisait rien , produit aujourdhui 70 millions de t de grain (soja et maïs), et 1,6 millions de t de viande avec  un troupeau de 30 millions de têtes  (le double du troupeau  bovin russe). On objectera que c’est un monde tropical, c’est une écologie de rapidité extrême, pour produire comme pour détruire. Comparaison n’est pas raison. On les prenait pour des fous, ces aventuriers de 1970… ils ont gagné.

La Malaisie et l’Indonésie, à partir de rien en 1980, sont devenus les premiers producteurs d’huile de palme avec 16 millions d’ha (moins de 8% de leur territoire) produisant 60 millions t. d’huile de palme -30-40 milliards $- dont moitié par 1,5-2 millions de petits planteurs. De plus, pour produire la même quantité d’huile il faudrait cultiver annuellement 100 millions ha de soja ou de colza. Capter de l’énergie pour produire 8 t d’huile à l’ha, c’est libérer de l’Oxygène….le palmier à huile, c’est un panneau solaire naturel de la nature!

9.1 Un succès Le Mato Grosso, c’est un exemple de conquête de l’espace avec sagesse, dynamisme et respect de la nature en suivant une seule règle: la nature amazonienne sera sauvée par la science et l’intelligence dans la durée, la démagogie et l’ignorance la perdront, car la nature n’est pas bonne, elle est neutre « La nature n’est ni morale ni immorale, elle est radieusement et glorieusement amorale .(J. Monod, Nobel de Physique.) l

En 1970/75, l’Etat du Matogrosso ne produisait rien, ses sols étaient considérés comme impropres à la  culture. La région de 900.000 km2 était trop éloignée des ports pour l’exportation de ses produits – 1.700 km  du port de Santos et sans route d’accès permanente.

Les agriculteurs du sud du Brésil – Parana – sans terre suffisante pour exprimer leur savoir-faire, ont émigré dans cette région, ils ont résolu le problème de fertilité des sols avec une recette semblable à celle des agriculteurs de la Champagne Pouilleuse en 1950/60 en France, ont transplanté en milieu tropical humide de 1500 mm de pluie, le soja, une légumineuse de climat tempéré continental (Mandchourie et Grandes plaine américaines). Personne n’y croyait, sauf des paysans dans le besoin

Trois facteurs du succès: la TERRE avec la résolution des problèmes fonciers, la terre n’est pas la spéculation, elle est l’outil de travail, l’infrastructure optimisée, la privatisation d’une agriculture à l’échelle humaine.

Trois acteurs jouent ensemble: l’Etat, les banques et le paysan.

  • l’Etat
    • Établit un plan directeur de développement et définit les terres à développer,
    • Il détermine les terres protégées – 2/3 de la région -, ou à laisser en réserve ou pour les indigènes
    • Il gère le problème foncier pour DYNAMISER l’agriculture et purge les terres des droits des « occupants » et les met à la disposition des agriculteurs
    • Il établit les centres de recherche agronomique régionaux
    • Il construit les routes, voies d’accès aux régions aptes à la culture
  • Les banques, avec l’aide de l’Etat,  adaptent leur schéma de financement aux projets spécifiques réalistes (subventions, taux d’intérêt réduit, crédit d’impôts, incitations fiscales)
  • Le paysan. Des sociétés privées , sous le contrôle de l’Etat, ,organisent l’occupation des grandes surfaces (100.000 ha) en vue de les redistribuer aux agriculteurs selon leur capacité techniques et financières.

9.2 Deux échecs retentissants, Ford et Daniel K. Ludwig en Amazonie .

9.2.1 Fordlandia et Belterra : l’hévéa

Henry Ford est dans les années 1920 le plus riche du monde, la Malaisie produit la quasi totalité du caoutchouc  nécessaire aux pneus de ses voitures. Comme l’hévéa est originaire de la Forêt amazonienne, Ford décide d’investir dans la production de caoutchouc en créant ses propres plantations  d’hévéa. Le Gouverneur Bentes, lui « donne » 10 millions d’ha de terres, Ford choisit la région de Santarem, là où 60 ans plus tôt, Wickham, botaniste britannique, a sélectionné des graines pour les expédier à Noel 1876 à Ceylan et en Malaisie, via Kew Garden  Il a choisi d’ignorer Microcyclus Ulei, maladie des feuilles de l’hévéa connue à Manaus depuis les années 1915. Une première plantation est établie à partir de 1927 à Forlandia. L’échec est attribué ,au mauvais choix des terrains. Une seconde plantation est établie sur d’excellentes terres noires (Terra Preta do Indio) en 1934. Le champignon des feuilles, malgré les dizaines de traitements de fongicides toujours plus innovateurs, continue de détruire les feuilles de l’hévéa, les rendements sont ridiculement bas.

Les grèves se succèdent et finalement Ford abandonne son projet en 1945; on estime ses pertes à 500 millions $ (valeur 2014) (Antonio Marcos Duarte.)

J’ai visité ces plantations en 1976, , la forêt s’était totalement reconstituée, identique à celle voisine de la réserve naturelle du Tapajos, la plantation d’hévéa avait disparu et ne restaient plus que les traditionnels 40 arbres d’hévéa à l’hectare que l’on trouve dans la forêt vierge voisine.

Plusieurs leçons à tirer

    1. L’agriculture est une école d’humilité et la réussite industrielle, qui  conduit à l’arrogance, n’influence pas la nature …. « radieusement et glorieusement amorale », mais qui a de l’humour., en reconstituant ses 40 arbres à l’ha initiaux!. Les fongicides ne gagnent jamais la bataille du « fungus », inventif et adaptable. La chimie n’est pas une solution durable et sans techniques agricoles adaptées avec le temps, l’échec est garanti.
    2. l’Etat « donne » des terres, mais un individu aussi riche soit il ne peut le remplacer (éducation, santé, infrastructure, police..). Ford a transplanté le mode de vie américain pour ses ingénieurs, et créé, de ce fait, un état insurrectionnel auprès des travailleurs brésiliens de ses plantations.
    3. L’échec était garanti, il a fallu 20 ans pour apparaître avec 500 millions $ perdus.

9.2.2 Ludwig et le projet Jari: la pâte à papier.

En 1967,  Daniel K Ludwig est l’homme le plus riche du monde, il décide d’investir dans la production de pâte à papier . Il « achète »pour 3 millions$, une zone de 1,6 millions  d’ha dans le Nord du Brésil, entre Amapa et Para le long du fleuve Jari, affluent de l’Amazone  Il décide de remplacer la forêt naturelle trop hétérogène pour son usine de pâte à papier et de faire des plantations de gmelinea arborea, un arbre importé d’Asie, inconnu de la région.

Il créée deux villes nouvelles, en pleine forêt, il achète au Japon une usine de pâte à papier et la transfert, montée, avec 2 barges en Amazonie en 1978, c’est une prouesse industrielle. Il se diversifie en faisant du riz sur la varzea de l’Amazone, de l’élevage, des plantations de palmier à huile.

En 1981, il a investi 1,3 milliard $, le Brésil redevient une démocratie…et il jette alors l’éponge. C’est un échec total. Un groupe d’investisseurs voisin reprend la plantation et les dettes (200 millions$) pour la valeur de 1 Cruzeiro symbolique

Plusieurs leçons à retirer

    1. On ne peut pas remplacer un Etat, avec les obligations de santé, d’éducation, de police…. Grève encore plus nombreuses que chez Ford
    2. Les erreurs techniques constatées sur la plantation lors de ma visite en 1978 étaient innombrables: 18 chefs de projets en 12 ans, erreur de conception, en agronomie dans TOUTES les productions (riz, reboisement etc..), défrichement hasardeux avec matériel inadapté, les sols tropicaux sont fragiles…
    3. Dans ces projets pharaoniques surtout avec des investissements étrangers bien loin de la réalité nationale, l’Etat promet n’importe quoi …les gouvernements changent et de nouvelles priorités apparaissent rendant caduques les promesses antérieures  faites par un Etat ou un Gouverneur, qui ont tous les moyens pour exprimer les nouvelles directives, là où «Raison d’Etat oblige »

9.3 Un grand succès: le palmier à huile vecteur de développement et de progrès en Asie avec le FELDA et l’Indonésie

Le palmier à huile, ou le transformateur naturel d’énergie solaire en huile.

9.3.1 « Rien ne se perd, rien ne se crée, tout se transforme »

  1. L’Amazonie ne produit pas 20% de l’oxygène du monde, elle n’est pas le poumon du monde. La citation de 1971 de Harold Sioli, (Max Plank Institut), a été tronquée et elle a longtemps servi  de base à ces fausses informations. En effet, quand elle produit de l’oxygène (O2), elle immobilise du carbone (C), c’est la phase de constitution de la matière verte ou arborée; quand cette matière meurt, car une plante comme un arbre est une matière vivante, donc mortelle, quand elle est détruite ou par le feu  ou par la mort naturelle, elle consomme tout l’Oxygène qu’elle a produit. En période de croissance , C02>C+02, le C est bloqué, l’Oxygène est produit;  en période de destruction, c’est le processus inverse.  C+02>CO2.  La forêt étant stable dans son ensemble, l’équilibre général permet d’affirmer que la forêt naturelle d’Amazonie ne produit pas d’oxygène.
  2. Le palmier appartient à la grande famille des Arecacées, entre monocotylédones dicotylédones. Le palmier à huile est les champion du captage d’énergie solaire qu’il stocke dans ses graines d’où son retire de l’huile de palme, C18 H34 O2, ce qui signifie qu’elle doit capter 18 molécules de CO2 pour immobiliser son C18 et qu’elle en libère donc 17 molécule d’O2.
  3. Un ha de palmier produit 6-10 t d’huile par ha à partir de régime contenant 25% d’huile et des fibres qui, brulées fournissent l’énergie pour l’extraction mécanique de l’huile , c’est le meilleur capteur d’énergie connu, qui utilise l’énergie solaire 12 mois sur 12  en absence de période de sécheresse  supérieure à 2 mois.

Les plantations de palmier occupent de 6 à 15% du territoire national, sont

Indonésie

Malaisie

Russie

Chine

Mongolie

Land Area (LA)

000 km2

1812

328

1787

951

286

Agricult. Area

000 km2

570

78

394

460

222

Agricultural Land/LA

%

31,5 %

23,8 %

22,0 %

48,4 %

77,6 %

Forest area

000 km2

910

222

1191

390

16

Forest area/LA.

%

50 %

68 %

67 %

41 %

6 %

Arable land

000 ha

23500

954

24600

35700

700

Arable Land/LA

%

13,0 %

2,9 %

13,8 %

37,5 %

2,4 %

Waste land/arable land

67,89 %

26,40 %

71,43 %

permanent crop

000 ha

22469

6593

14800

10300

21500

Oil palm area

000 ha

11500

5000

Oil palm area /LA

%

6,3 %

15,2 %

oilpalm/Perman.Cropland

%

51,2 %

75,8 %

Oil palm production

Million t

44

20

Définitions: « agricultural land »: toute terre occupée par l’agriculture ou l’élevage Arable land: terre occupée ou ayant été occupée par des cultures annuelles (inclut les terres abandonnées)Permanent cropland: plantation ou terres de pâtures nomades

Russie

Chine

Mongolie

Land Area (LA)

000 km2

1787

951

286

Agricult. Area

000 km2

394

460

222

Agricultural Land/LA

%

22,0 %

48,4 %

77,6 %

Forest area

000 km2

1191

390

16

Forest area/LA.

%

67 %

41 %

6 %

Arable land

000 ha

24600

35700

700

Arable Land/LA

%

13,8 %

37,5 %

2,4 %

Waste land/arable land

67,89 %

26,40 %

71,43 %

permanent crop

000 ha

14800

10300

21500

Permanent cropland/LA

%

8,28 %

10,83 %

75,17 %

9.3.2 Indonésie et Malaisie

Le FELDA est né de la volonté politique de lutter contre le communisme avec l’occupation du territoire national par des paysans capables et structurés, ayant des activités agricoles rentables. Le palmier à huile, qui enrichissait les sociétés de plantations étrangères, devait être cultivé avec des techniques analogues par les paysans malais L’état a investi autant dans la création de la plantation – choix et attribution des terrains – que dans le formation des planteurs; il a choisi avec le même soin les terres à planter que les paysans à former. En 20 ans, il a installé 100.000 familles sur 400.000 ha faisant du FELDA la 1ère société au monde de palmier à huile.

Recette du succès:

    1. un appareil agro-industriel de haute rentabilité, créé par des professionnels, 
    2. une opération saine profitable aux paysans-planteurs, aux industriels et à l’Etat., c’est à dire que la croissance enrichit TOUS les acteurs, y compris l’Etat, et ne se fait pas aux frais de l’Etat (subvention) pour donner une rentabilité artificielle au projet.
    3. Une sélection et formation des paysans aussi coûteuse et aussi longue que la création de la plantation.

L’Indonésie a suivi le chemin de la Malaisie mais dans l’intervention directe d’un état planteur comme l’est le FELDA, mais imposant aux investisseurs privés des plantations industrielles, la création de plantations villageoises liées contractuellement avec l’unité industrielle. Les petits planteurs – small holder scheme – produisent 40% de l’huile de palme indonésienne

La culture intensive dans le monde tropical pose un problème … aux agronomes en premier, formés à l’école des cultures en climat tempéré, là où les plantes travaillent 6-8 mois par an, quand elles ne s’arrêtent pas en climat tropical, le riz produit 3 récoltes par an, en Matogrosso comme en Indonésie, on a 2 récoltes par an (soja-maïs) sur la meme terre; le palmier produit des régimes toute l’année durant 15 -20 ans et on a des plantations qui ont été renouvelées 4 fois sur le même terrain, chaque fois avec du matériel végétal 25% plus productif!

Les 15 millions ha de palmier à huile produisent 65 millions de tonne d’huile quand il faudrait 325 millions t de soja – 100 millions d’ha – pour obtenir la meme quantité d’huile

10 L’Histoire longue pour mieux comprendre aujourd’hui

l’Extrême Orient russe: un Lebensraum à la chinoise

« Avec du temps et de la patience, les feuilles de murier se transforment en robe de soie »

la lente et inéluctable(?) conquête chinoise de l’extrême orient russe,

Le drame de la Russie se mesure à la profondeur de son pessimisme expliquant à satiété les drames à venir et l’absence d’optimisme conquérant et insouciant pour les éviter: le développement de l’extrême-orient russe est un exemple frappant: le verbe et le texte l’emportent sur le fait

La conquête du Far East par la Russie, en quelques mots: rapidité, cosaques, places fortes et « or soyeux des fourrures » et « or noir de minerais »….et tout se termine mal

En 1640, deux empires se rencontraient dans l’Orient Extrême, l’Empire du Milieu avec le fils du ciel et ses 5000 ans d’histoire, et la nouvelle Russie d’Ivan le terrible et son blason à l’aigle bicéphale. La conquête de la Sibérie, c’est d’abord le succès de l’aventure d’un oligarque, Stroganov, ,chargé par le tsar, de conquérir l’Est pour remplir ses caisses vides, succès des Cosaques, mercenaires redoutables, de Ermak traversant l’Oural à l’été 1582. 6000 km et la mer d’Okhotsk en moins de 40 ans , en 1643-45, le fleuve Amour, en 1654, Stepanov remonte pour la première fois le Sûngari où il rencontre les Chinois qui le forcent à redescendre vers l’Amour, enfin, Semion Dejnev,  parti en 1641 avait déjà atteint Anadyr en 1649.

La rencontre entre les deux empires en gestation n’est pas sans heurt. 

Les Mandchous établis dans le haut Soungari (région de Harbin) avec la dynastie Qing remplacent depuis 1644 les  Ming dominés par les Han, qui eux même avaient mis fin à 300 ans de domination mongole. Le projet des Mongols était d’envahir la Chine par le sud et l’arrivée des Russes était alors une nuisance à combattre. Les confrontations, malgré quelques coup d’éclats des cosaques, (bataille de Kumarskii ) tournèrent à l’avantage des Mandchous avec la prise  du fort d’Albazin en 1684 dans le haut Amour En 1689 fut signé le traité de Nertchinsk qui attribuait à l’empire Qing l’intégralité du bassin de l’Amour, même s’il n’avait jamais occupé des terres au nord et sur lesquelles il ne souhaitait pas voir s’installer ni les Russes, ni les Han …et… le bassin de l’Amour resta la terre des ancêtres mandchous, très peu habitée: au milieu du XIXe siècle, le bassin de l’Amour restait une terre sauvage où sur 1 million de km2 ne vivaient pas plus de 30000 personnes.

Les Mongols ont été le tampon entre et les tsars orthodoxes et une  Chine confucéenne, entre une société slave où le tsar était le premier soldat et une société chinoise où le soldat était classé au dernier échelon social, avec le paysan sans servage ni esclavage nourrissant les lettrés organisateurs de la société.

Il a fallu 350 ans pour fixer la frontière politique entre l’Europe et l’Asie, entre un monde sibérien vide de population et regorgeant de richesses minérales et animales, et un monde chinois qui sinisait tout, même les empereurs qui le conquéraient, mongols comme mandchous.

Le traité d’Aigun en 1858 fixe la frontière entre les deux Empires le long de l’Amour, modifiant le traité de 1689 qui attribuait à l’empire Qing l’intégralité du bassin de l’Amour.  La Russie gagne le contrôle de la rive gauche de l’Amour, de l’Argoun à la mer, soit 600.000 km2, qui passent à un million de km2 par la convention de Pékin deux  ans plus tard avec la rive droite de l’Amur à l’est de son affluent l’Oussouri à Khabarovsk.. La Russie contrôle toute la région Primorie jusqu’à Vladivostok.  Ces 2 traités sont considérés comme inégaux par Pékin  Vladivostok, créée il y a 160, « le maître de l’Est », est il toujours « Hashenwai » comme les chinois le disent encore quelquefois?

La fin de l’épopée russe en Sibérie est tragique, en1868 Alexandre II, en manque de fonds, vend pour 7 millions $ à l’ami-allié américain d’alors, les 1,6 millions km2 de Russie américaine (Alaska) conquise mais non occupée La RAK (société russo-américaine), en était le gestionnaire privé à la différence de toutes les autres terres sibériennes, gérées directement par la couronne, la transaction négociée a été conduite par Edouard de Stoeckl .

Normalisation finale des relations russo chinoises en 2008

Une confrontation armée en 1969 est violente et sanglante, Mao veut réviser les traités inégaux, la normalisation des relations est finalisée par l’accord de 1991, la Chine grappille 720 km2, dont l’Ile de Zhenbao – Damanski, lieu du plus sérieux conflit en 1969. Le sort des deux ilots de  Yinlong and Heixiazi au confluent de l’Amur et du Oussouri est finalement réglé par l’accord de 2004, la chine les récupère sauf la moitié de Heixiazi  L’accord final signé en 2008 met fin à tous les conflits territoriaux. 2008, même si les Chinois ont la mémoire aussi longue que leur histoire l’est.

Et si l’histoire se répétait 2 ou 3 siècles plus tard suivant le mot de Bismarck « nécessité fait loi »combiné avec le proverbe chinois: « Avec du temps et de la patience, les feuilles de murier se transforment en robe de soie ».

Comme l’Amérique russe il y a 160 ans, le Far East russe est en danger avec le voisin-ami chinois. La Chine de Mao a tenté son expansion par la force des armes, elle a continué avec l’occupation économique des terres de la rive  droite de l’Amour(voir infra) abandonnées suite aux caprices de l’histoire, comment traversera-t-elle le fleuve? C’est bien la question actuelle, car elle manque cruellement de 40 millions ha de terres pour assurer une indépendance alimentaire indispensable à son rang de prochaine première puissance mondiale.

C’est bien un choc de civilisation auquel nous assistons: le Cosaque soldat protégeant des frontières, contre le paysan occupant des territoires.

Les Cosaques ont tenu avec des places fortes, un immense territoire resté vide: la douce soie des fourrures satisfaisait le tzar et son administration, le cosaque et le chasseur indigène. Ce circuit de prédation de la nature sera ensuite remplacé par l’exploitation-minière, finalement de l’or noir. Mais l’exploitation minière est synonyme de « temporalité brève» de l’occupation de l’espace..et la Sibérie peuplée de peu est restée vide de population., Le voisin chinois est l’héritier de 6000 ans de Chine Impériale, pour qui la base, selon Vandermersch, ce sont ses deux piliers de l’agrocratie et de la litterocratie qui en ont soutenu l’architecture institutionnelle »

Le paysan est l’occupant du pays, l’agriculteur, ou le « roseau pensant », la tête en l’air, les pieds sur terre, homme voguant entre ciel -monde de soleil, de l’énergie- et terre – mémoire accumulée des vies passées dans des sols qui nourriront ceux qui les respectent. L’agriculture  nourrit les corps, la culture les têtes et le culte les âmes, à ce titre elle occupe l’espace pour lui donner sens. S’il n’est pas un fils du ciel, il est au moins son cousin!

11. Cartes des développement comparé de 3 régions en Chine, en Russie, au Brésil, toutes trois sans production en 1950 (sauf peut être en Russie)

11. 1 Un développement réussi, côté chinois sur 900.000 km2

Frédéric Lasserre, « The Amur River border. Once a symbol of conflict, could it turn into a water resource stake? », Cybergeo : European Journal of Geography [En ligne], Environnement, Nature, Paysage, document 242, mis en ligne le 27 juin 2003, consulté le 03 octobre 2020. URL : http://journals.openedition.org/cybergeo/4141 ; DOI : https://doi.org/10.4000/cybergeo.4141

11.2 Un échec et un succès  Russie, Brésil

Une partie de la rive gauche russe, c’est la vallée de la Zeya, 233.000 km2, 3 fois la Benelux…

Mato Grosso  903.000 km2 (voir point 9.1)

Illustrations :