Technologie 5G Huawei 華為* : en Asie, un accueil très différent selon les pays

Savoir si Huawei pose un risque pour la sécurité et, dans l’affirmative, si la faiblesse ses coûts l’emportent sur ces préoccupations est un débat aux conclusions différentes selon les pays.

* 華為 : « bel ouvrage »

En 2020, le monde verra se déployer la technologie de réseau cellulaire de cinquième génération, ou 5G, permettant le décollage mondial de l’Internet des objets. Utilisant la transmission radio au lieu de la fibre optique, la 5G augment le débit et la densité de connexions au km2 et diminue très sensiblement la durée de latence des signaux.

Huawei, installé à Shenzhen depuis 1987, se positionne à la pointe de cette technologie. En 2010, cette entreprise devient le deuxième fournisseur mondial en réseaux de télécommunications, derrière Ericsson,  mais devant Nokia, Siemens Networks, Alcatel-Lucent, Cisco Systems et le chinois ZTE.

Les États-Unis veulent être un acteur de premier plan de la 5G, tout comme la Chine, de sorte que la perspective d’une domination chinoise sur la 5G a fait réagir Washington. L’administration Trump brandit la menace à l’encontre des firmes et États qui adopteraient la technologie Huawei, une « menace pour la sécurité nationale américaine »20 en raison des allégations de liens de cette société avec le gouvernement chinois (en effet, la loi de 2017 sur le renseignement national et celle de 2014 sur la lutte contre l’espionnage pourraient obliger la société à créer des portes dérobées donnant au gouvernement chinois l’accès en vue d’espionnage). En 2012, le comité du renseignement de la Chambre des représentants des États-Unis, constatant que les deux entreprises de télécommunication chinoise, Huawei et ZTE, posaient des risques pour la sécurité, conseillait fortement aux entreprises américaines d’éviter y recourir. Ne souhaitant ou ne pouvant pas clarifier le rôle joué par le gouvernement chinois dans leurs opérations, et bien qu’aucun cas n’ait été relevé, leur technologie pouvait être suspectée de préinstaller des backdoors susceptibles d’être utilisées pour un espionnage d’État ou […]

Rémi Perelman, Asie21

Extrait du n°2 du HORS-SÉRIE d’Asie21 septembre 2019

La suite de l’article est réservée aux abonnés : abonnement en ligne