AUSTRALIE 2 – Canberra s’oppose à l’entrisme informatique chinois

Considéré comme un risque de sécurité important par l’Australie, Huawei & Global Marine Systems ne posera pas le câble sous-marin connectant au réseau Internet australien ceux des îles Salomon et de la Papouasie-Nouvelle-Guinée. Les progrès rapides réalisés en Chine en matière d’IA et de traitement de données en masse ont attisé l’appétit de ses régiments d’informaticiens pour l’acquisition des stocks et des flux de données qui se multiplient dans le monde. La connectivité universelle et l’existence de back doors sont des aubaines pour qui veut dominer le monde.

FAITS

Le 29 décembre 2017, Elegant Jubilee, un consortium chinois devient majoritaire dans Global Switch Holdings, l’un des leaders mondiaux du marché des datacenters.

Le 2 janvier 2018, sur les conseils de ses services (l’Australian Security Intelligence Organisation), Canberra refuse la décision du gouvernement des îles Salomon de confier à la coentreprise sino-britannique Huawei & Global Marine Systems la pose d’un câble sous-marin de 4 500 km destiné à connecter au réseau Internet australien ceux des îles Salomon et de la Papouasie-Nouvelle-Guinée. L’implication de Huawei dans une infrastructure centrale (backbone cable) aurait constitué un risque de sécurité important. La substitution, selon une procédure sans transparence1, du sino-britannique à l’opérateur américano-britannique initialement retenu avait conduit la Banque asiatique de développement à retirer son offre de prêt de 23 millions de dollars (33 % du coût total). L’Australie décidait de prendre en charge le financement avec le premier opérateur. […]

Rémi Perelman, Asie21

Extrait de la Lettre confidentielle Asie21-Futuribles n°114 février 2018

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