Chine : Une histoire de cochon. Comment les Chinois ont acquis une certaine expérience dans la gestion des virus

Churchill a dit : « J’aime les porcs. Les chiens nous regardent avec vénération, les chats nous toisent avec dédain. Les cochons nous considèrent comme des égaux ». Le porc est un goinfre et un animal de chance dans la mythologie chinoise. C’est aussi un animal qui vit en étroite cohabitation avec le paysan dont il valorise les déchets. C’est aussi l’indicateur de la fragilité des systèmes de production moderne.

Un virus à double molécule ADN, extrêmement résistant, provoque la peste porcine (ASF) sans remède. Il a décimé en quelques mois le troupeau chinois de 600 millions de porcs. Il a fallu éradiquer et reconstruire une grande partie de l’appareil de production, ce qui a été fait en moins de 5 ans. Il permet à la Chine – qui a dû importer de grandes quantités de porc – de remplir partiellement et temporairement une des conditions de l’accord signé avec les États-Unis et de recréer un appareil de production de porc qui devrait être plus efficace que le précédent. Il montre aussi le gouffre qui sépare son appareil de production de celui de son voisin et ami russe. Le 1er cas de peste porcine en Allemagne a provoqué un embargo immédiat, même si les exportations allemandes étaient de 1,3 milliards € en 2019 (Dura lex sed lex). Le porc est la viande la plus populaire de Chine qui produisait un porc sur deux dans le monde, avec un troupeau de 700 millions de têtes en 2016. La peste porcine de 2017 l’a fait tomber à 415 millions de têtes en 2020. La remise en état est en cours avec la reconstruction mensuelle de 2 000 fermes porcines de plus de 500 truies. Aujourd’hui , on a déjà rétabli 171 000 fermes.

 

Extrait de la Lettre confidentielle Asie21-Futuribles n°143/2020-10

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