Chine : l’arrestation du président d’Interpol ou la mise à mort du soft power chinois

La disparition de Meng Hongwei, le président chinois d’Interpol fin septembre 2018 avait soulevé une indignation mondiale. La déclaration par Pékin de sa condamnation pour corruption semble relever presque du phénomène rituel. Cette affaire montre que, pour la Chine, le regard occidental sur le pays ne saurait limiter de quelque manière le but ultime de « stabilité » du régime. 

The disappearance of Meng Hongwei, the Chinese president of Interpol, at the end of September 2018 had raised a global indignation. Beijing’s statement of its conviction for corruption seems almost to be a ritual phenomenon. This case shows that, for China, the Western view on the country should not in any way limit the ultimate goal of the “stability” of the regime.

FAITS

Le 25 septembre 2018, Meng Hongwei (孟宏伟), anciennement membre du Parti communiste chinois et vice-ministre de la Sécurité publique de Chine (depuis 2004) et directeur d’Interpol (depuis novembre 2016) disparaît à Pékin.

Le 4 octobre, la femme de Meng Hongwei, Grace Meng, alerte les autorités françaises (Interpol étant basé à Lyon) sur cette disparition ; cette alerte devient publique le 5.

Le 7 octobre, la Chine déclare que Meng Hongwei est retenu à Pékin pour des charges de corruption. Le même jour Interpol annonce avoir reçu une lettre de démission – acceptée sans enquête pour savoir si celle-ci a été écrite sous la contrainte ou sans plainte déposée par l’organisation pour la disparition sans procès de son directeur (le directeur d’Interpol par intérim est le sud-coréen Kim Jong Yang – le nouveau directeur sera élu lors de la prochaine assemblée générale d’Interpol se déroulant à Dubaï fin novembre 2018). […]

Jean-Yves Heurtebise, Asie21

Extrait de la Lettre confidentielle Asie21-Futuribles n°122 novembre 2018

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