C’est peu dire que l’opération américaine au Venezuela a pris l’Asie du Sud-Est par surprise. Le 3 janvier 2026 au soir, les capitales sud-est asiatiques étaient sous le choc, réalisant rapidement et la régression de politique internationale qu’elle incarnait, et les risques qu’elle débloquait dans une zone où les désaccords frontaliers, les ambitions de puissance et les légitimités électorales douteuses se télescopent ouvertement. Pour les État sud-est asiatiques confrontés à des points de tensions tels que la mer de Chine méridionale, le détroit de Taïwan, voire la péninsule coréenne, le problème réside moins dans le cas du Venezuela lui-même que dans le précédent créé par l’intervention militaire américaine. Au-delà de l’affaiblissement d’un ordre international basé sur des règles de droit, au-delà des inquiétudes « profondes et sérieuses » sur le respect de la souveraineté, l’ombre d’un mode opératoire prédateur désinhibé se profile. Un mode qui va mettre les relations entre la Chine et l’Asie du Sud-Est sous pression. À terme toutefois, il semble que cette opération aura un coût pour une puissance américaine qui convainc moins dans la région.
FAITS
3 janvier 2026 : le président du Venezuela et son épouse sont arrêtés par les forces spéciales américaines et extradés vers les États-Unis.
4 janvier 2026 : le Premier ministre malaisien Anwar Ibrahim* déclare suivre la situation au Venezuela avec « une profonde inquiétude », ajoutant que les actions des États-Unis « constituaient une violation flagrante du droit international et équivalaient à un recours illégal à la force contre un État souverain ». Les autorités singapouriennes annoncent être « gravement préoccupées » par l’intervention des États-Unis au Venezuela et exhortent toutes les parties à faire preuve de retenue.
4 janvier 2026 : toutes les capitales s’inquiètent pour leurs ressortissants sur place.
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Extrait de la Lettre confidentielle Asie21-Futuribles n° 201/2026-01