Taïwan : Au risque d’être croqué

Le 26 décembre 2018, Taïwan met fin au service militaire obligatoire dans le pays. Dans le même temps son gouvernement reconnaît que, faute de volontaires en nombre suffisant, il ne pourra pas porter à 188 000 hommes son armée de métier, comme il l’avait programmé cinq ans plus tôt. Deux signes qui  peuvent conduire à douter de la volonté de défense du pays. 

On the 26th December 2018, Taiwan put an end to the compulsory military service in the country. Meanwhile, the Taiwanese Government admitted that, owing to the lack of volunteers, they were unable to increase their professional army to 188 000 men, as it had been planned five years before. These two portents could lead to doubt of the country’s will to prepare its defense.

FAITS

Institué en 1951, deux ans après la sécession d’avec le Continent, le service militaire était alors de deux à  trois ans. Il a été ramené à un an en 2008, et réduit à quatre mois de formation militaire en 2011, sous le gouvernement du président Ma Ying-Jeou qui cherchait à resserrer ses liens avec Pékin après une diminution spectaculaire de la tension. Ce service minimum permettait d’assurer la transition jusqu’à l’année 2019, qui verrait le pays s’appuyer sur une armée de métier de 188 000 hommes.

L’objectif n’est satisfait qu’à 81 % en cette fin d’année 2018 et le ministre de la Défense s’est résigné à n’atteindre qu’un pourcentage de 90 % en 20201. « La transition est ralentie  par les graves difficultés rencontrées pour recruter un nombre suffisant de volontaires » expliquent les experts américains dans le rapport sur la Chine qu’ils adressent tous les ans au Congrès. Faute de vocation, ils soulignent la nécessité où se trouve Taïwan d’améliorer les rémunérations, les avantages sociaux et le logement.  Dès lors que l’effort de défense du pays reste très mesuré, aux environs de 2 % du PNB, ce qui le classe  au 24e rang sur 136 pays, ce surcroît de dépense se fait « au  détriment des programmes d’achat d’armement  et de l’entraînement. » […]

Edouard Valensi, auteur invité Asie21

Extrait de la Lettre confidentielle Asie21-Futuribles n°124 janvier 2019

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