Birmanie : Le drame des Rohingyas , Mme Aung San Suu kyi sur la sellette

Les médias mondiaux sont de plus en plus focalisés sur le sort des Rohingyas de la frontière birmano-bangladaise et reprochent à Mme Aung San Suu Kyi son silence face aux exactions de l’armée, qu’elle ne peut contrôler.

FAITS

On assiste actuellement à un regain d’intérêt de la part des médias mondiaux pour le sort des Rohingyas, ethnie (les Birmans récusent ce terme) musulmane d’origine bangladaise pourchassée et à l’occasion massacrée par l’armée et la police birmanes aux confins du Bangladesh et de l’État (bouddhiste) d’Arakan, à l’est de la Birmanie. Les grands journaux internationaux de référence tels que Le Monde en font leur une et leur consacrent plusieurs pages entières. Pourtant la situation n’a pas changé depuis des années : villages ou campements improvisés incendiés, femmes violées, familles contraintes à l’exil par la mer. Les autorités birmanes font valoir que ces expéditions punitives et cette répression permanente sont la réponse à des agressions rohingyas : attaque d’un poste frontière aux cris d’Allahou aqbar ayant entraîné plusieurs morts, viols de jeunes filles arakanaises, constructions illégales de mosquées et d’écoles coraniques. Les critiques les plus acerbes ciblent principalement Mme Aung San Suu Kyi, icône de la démocratie, prix Nobel de la Paix – plusieurs autres prix Nobel se sont manifestés – et artisan du retour à un régime semi-démocratique après la victoire de son parti aux législatives.

Cette nouvelle campagne est organisée par des agences islamiques appuyées par la diplomatie d’États musulmans tels que l’Indonésie et la Malaisie, pays très impacté par l’afflux de boat people rohingyas, ainsi que par plusieurs ONG occidentales mues par la compassion…

Extrait de la Lettre confidentielle Asie21-Futuribles n°102 janvier 2017

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