Chine – Corée du Sud : La visite de Moon à Pékin : signe du rétablissement des relations Chine – Corée du Sud ?

La visite du président Sud-coréen Moon Jae-in à Pékin, du 13 au 15 décembre 2017, a été souvent présentée dans les médias comme le signe d’un rétablissement des bonnes relations entre la République populaire de Chine et la Corée du Sud mettant un terme aux différents suscités par l’installation du système de défense anti-missile américain sur le territoire sud-coréen (pour prévenir les attaques de la Corée du Nord). Mais une analyse plus détaillée des événements, avant, pendant et après cette rencontre nous permettrait de donner une vision plus nuancée de l’impact de cette visite au niveau des relations entre les deux pays.

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FAITS

Le 13 décembre 2017, le président Sud-coréen Moon Jae-in est arrivé à Pékin pour une visite d’État de trois jours.

La date du 13 décembre n’est pas due au hasard puisqu’il s’agissait de la date commémorant le 80e « anniversaire » du massacre de Nanjing commis par les Japonais en 1937.

Par, là le président Moon Jae-in renouait avec le geste de l’ancienne présidente sud-coréenne Park Geun-hye qui avait assisté aux côtés de Xi Jinping à la parade du 3 septembre 2015 fêtant à Pékin la défaite japonaise lors de la seconde guerre mondiale.

Précédent la visite, la Corée du Sud et la république populaire de Chine avait publié, le 31 octobre 2017, un communiqué commun formalisant la reprise de leurs discussions bilatérales. En effet, début 2016, l’annonce d’un accord avec les États-Unis pour le déploiement du système de défense anti-missile américain (Terminal High Altitude Area Defense System ou THAAD) avait créé un malaise profond. La Chine avait réagi à cette annonce de façon virulente par son ambassadeur en Corée du Sud, Qiu Guohong 邱國洪, affirmant qu’un tel accord réduirait à néant les trois années passées de concorde diplomatique. À quoi la Corée du Sud répondit, par l’intermédiaire de Jung Youn-kuk, la porte-parole de Park Geun-hye, de manière courtoise mais ferme que le bouclier anti-missile concernait les affaires intérieures du pays sur lesquelles la Chine n’avait pas à statuer. Finalement, le THAAD est finalement entré en vigueur en juillet 2016 et mis en place en mars 2017. […]

Jean-Yves Heurtebise, Asie21

Extrait de la Lettre confidentielle Asie21-Futuribles n°113 janvier 2018

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