Au vu des règles successorales des monarchies en Europe et de leur visibilité médiatique, le débat actuel sur la succession impériale au Japon semble anachronique voire incompréhensible. Il se pose car l’empereur Naruhito et son épouse Masako n’ont qu’une fille, Aiko. Or, les règles en vigueur depuis l’ère Meiji, codifiées en 1889, et inchangées après-guerre, en 1947, ont limité la succession impériale aux seuls héritiers mâles. Si l’opinion publique est très favorable à ce que Aiko (Aiko-sama par respect) devienne impératrice, la Première ministre Takaichi Sanae et les caciques du Parti libéral démocrate (PLD) y sont hostiles au nom des valeurs éternelles du Japon.
FAITS
Début avril 2026 : convention du Parti libéral démocrate et annonce par la Première ministre d’un projet de loi de révision des règles de succession impériale.
Mai-juin 2026 : réunion d’un comité parlementaire transpartisan pour examiner les modifications de l’organisation de la famille impériale, proposées par le gouvernement.
20 juin 2026 : conférence de presse des présidents et vice-présidents de la Chambre des représentants et de la Chambre des conseillers de la Diète.
28 juin 2026 : déclaration de Nakasone Hirofumi, parlementaire PLD : « Si la Princesse Aiko devenait impératrice, qui voudrait l’épouser ? Il y aurait une forte pression pour qu’elle ait un fils ».
30 juin 2026 : adoption par le gouvernement d’un projet relatif à la succession impériale.
10 juillet 2026 : adoption du projet de loi à la Chambre des représentants.
17 juillet 2026 : adoption du projet par la Chambre des conseillers et extension de la session ordinaire de la Diète. [•••]
Lettre confidentielle Asie21-Futuribles n° 207/2026-07 sommaire