Chine : le débat dans le Parti devient dangereux avec Xi Jinping

Depuis Deng Xiaoping, l’enjeu des débats dans le Parti est d’adapter celui-ci à l’environnement mondial et aux exigences du développement et en conséquence à modifier la justification du Parti. Depuis que la Chine est devenue puissante, Xi Jinping y a introduit un enjeu de puissance. C’est dangereux dans un pays, sans opposition, dirigé par un homme déterminé. 

FAITS  

Les empereurs avaient leur historiographe pour écrire le récit de leur règne puis les enregistrer. Le Parti communiste a repris cette tradition dès Mao Zedong. Chaque secrétaire général a eu son apport à l’histoire du Parti enregistré par une mention dans la charte ou les statuts du Parti pour qu’on n’oublie pas son règne

1- Deng Xiaoping sous le vocable de « réforme et ouverture », au plénum du Comité central en 1978 :

  • entreprend le démantèlement des communes populaires au profit de la « responsabilité des paysans ». Ces derniers :
    •  recoivent des lopins de terre familiaux,
    •  choisissent leurs cultures,
    • vendent leurs récoltes au prix du marché.
  • instaure les « zones économiques spéciales » où sont accueillies des entreprises privées nationales et étrangères ouvertes sur la mondialisation.

Il lui faudra dix ans pour mener à bien ces réformes tant sont fortes les résistances dans le Parti : « pourquoi avoir fait une révolution pour éliminer le capitalisme si on le réintroduit ensuite par la fenêtre ? ». Mais la réforme de Deng Xiaoping sera inscrite dans la Charte du  Parti.

2- Jiang Zemin fait sortir les entreprises privées du confinement des zones économiques spéciales et les laisse s’implanter dans toute la Chine. La nouvelle gauche s’insurge contre cet envahissement du capitalisme. Et elle percevra comme une provocation la volonté de Jiang Zemin d’épurer les statuts du Parti  de la plupart de ses références marxistes. Quel sens, pense-t-il, a encore le matérialisme historique, la dictature du prolétariat, la lutte des classes ? Le Parti est devenu simplement le parti de gouvernement de la Chine qui assure son développement économique, sa cohésion nationale, l’innovation et la recherche. Ce sont « les trois représentativités » qu’il évoque dès février 2000. Il lui faudra près de 3 ans de débat interne pour les faire inscrire dans les statuts au 16e congrès de novembre 2002.

3- Hu Jintao répond à la question : «  Si le Parti est un parti de gouvernement, pourquoi  […]                                                                                                                           

   Philippe Delalande, Asie21

Extrait de la Lettre confidentielle Asie21-Futuribles n°112 décembre 2017

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