La Route indienne de la soie

La Route indienne de la soie

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Pour son premier voyage à l’étranger, le président birman s’est rendu en Inde. Parmi les accords signés entre les deux pays, deux concernent l’achèvement de la route express « trilatérale » Inde-Birmanie-Thaïlande sur financement indien. Reliant les réseaux routiers indien et sud-est asiatique, cette « trilatérale » complète ce qui pourrait être une Route indienne de la soie. Sa portée économique et stratégique répond à la Act East Policy, lancée en 2014 par Narendra Modi en direction notamment des pays de l’ASEAN.

 

Description

FAITS

U Htin Kyaw, le président birman, s’est rendu du 27 au 30 août 2016 en Inde pour son premier voyage à l’étranger. Sur les quatre accords de coopération signés avec le Premier ministre indien, deux concernent – en vue d’accroître les échanges commerciaux régionaux – l’achèvement en 2020, sur financement indien, de travaux qui auraient dû être réalisés par la Birmanie au début des années 2000, de la route express « trilatérale » (Moreh, État de Manipur – Mandalay, Birmanie – Mae Sot, Thaïlande). Reliant, depuis la seconde guerre mondiale, l’Inde orientale à la Thaïlande par la Birmanie – sur 1 360 km, elle requiert :

  • la construction de 69 ponts sur la section Tamu-Kyeekon-Kalewa ;
  • la rénovation de la section Kalewa-Yargi (élargissement et revêtement sur 120 km).

Lors de cette réunion, l’annonce de la mise en service, en décembre 2016, de l’axe multimodal de transport indo-birman a été saluée. Cette liaison facilitera l’accès à la province de l’Assam. Cet axe comprend trois modalités :

  • maritime entre les ports de Kolkata et de Sittwe, 539 km,
  • fluviale, par la rivière Kaladan, entre Sittwe et Paletwa, 158 km,
  • routière jusqu’au réseau indien de l’État de Mizoram à Lawngtlai, 220 km.

Autres accords : énergies renouvelables et médecine traditionnelle.

Au Vietnam, les 2 et 3 septembre 2016, Narendra Modi a offert un prêt de 500 millions de dollars pour soutenir la coopération militaire dans le cadre d’un partenariat stratégique intégral. Objectif : la liberté de navigation en mer de Chine du Sud.

Aung San Suu Kyi, de facto chef du gouvernement, a participé à la réunion de la BIMSTEC (Bay of Bengal Initiative for Multi-Sectoral Technical and Economic Cooperation) dont l’Inde conduit le groupe de travail consacré aux transports (Goa, les 15 et 16 octobre 2016).

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Rémi Perelman, Asie21

Extrait de la Lettre confidentielle Asie21-Futuribles n°99 octobre 2016