Sécurité en Asie du Sud-Est : la trahison Duterte

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Sur fond d’immixtion américaine dans les affaires intérieures des Philippines le président Rodrigo Duterte a réagi violemment en décidant, le 11 février 2020, de mettre fin à l’« accord sur les forces hôtes » (VFA*), signé le 10 février 1998 entre les États-Unis et le gouvernement philippin, de Fidel Ramos à l’époque. A la suite d’une intention annoncée dès la fin du mois de janvier, cette décision, s’il n’y est pas revenu dessus avant le 8 juillet 2020, provoquera un véritable déficit sécuritaire régional en faveur de la Chine.

Description

FAITS

Le 11 février 2020 en fin de journée, le ministre philippin des affaires étrangères Teodoro Locsin a signé la déclaration officielle selon laquelle les Philippines dénonçaient l’« accord sur les forces hôtes » (VFA*), signé le 10 février 1998 entre les Philippines et les États-Unis. La note, aussitôt adressée à l’ambassade des États-Unis à Manille a été recueillie par son ministre conseiller. En vertu des clauses contenues dans le VFA, l’entrée en vigueur de l’abrogation signifiée prendra effet le 8 juillet 2020, soit 180 jours après la date de l’adresse de la notification à la partie américaine.

La décision unilatérale de Rodrigo Duterte, prise sans tenir aucun compte de l’avis contraire de deux de ses plus proches collaborateurs, les ministres des Affaires étrangères, Teodoro Locsin, et de la Défense, Delfin Lorenzana, a provoqué une alarme immédiate de la part des États-Unis, du Japon, de l’Australie sur les effets désastreux potentiels que la position philippine entraînerait sur la sécurité régionale. Seul Donald Trump a accueilli la décision avec mépris et désinvolture

La décision du président philippin s’appuie sur le fait que, selon lui, les États-Unis se sont immiscés dans les affaires intérieures du pays en mettant unilatéralement en application leur « loi sur l’initiative de réassurance en Asie » ( ARIA*) adoptée le 31 décembre 2018 par le Congrès. Par cette loi, les États-Unis ont mis en place un budget de 1,5 milliard de dollars destiné en 2020 à « promouvoir la démocratie, les droits de l’homme et l’état de droit » chez leurs alliés en région indopacifique. Cela dans le cadre de la politique de sécurité publique de ces derniers, mais sous réserve que les droits de l’homme soient respectés dans leurs États respectifs.

Aux Philippines, le sénateur Ronald « Bato » dela Rosa* a été de ce fait visé par les dispositions restrictives de l’ARIA*. C’est pourquoi dès mai 2019, les Américains […]

 

Encadré 1 : Ronald « Bato » dela Rosa,

Encadré 2 : Analyse de la problématique des accords américano-philippins de défense et de coopération militaire1

 

Extrait de la Lettre confidentielle Asie21-Futuribles n°136/2020-02

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