Philippines : Le président Rodrigo Duterte conforte son pouvoir

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Les élections sénatoriales de mi-mandat du président des Philippines depuis 2016, Rodrigo Duterte, réputé pour sa violence, ont conforté son pouvoir. Une majorité de sénateurs partisans du président a été élue. Il avait déjà une majorité à la chambre basse. Majoritaire dans les deux chambres, il peut désormais envisager une réforme de la constitution prolongeant son mandat et son pouvoir.

Description

FAITS

Le président R. Duterte a été élu en juin 2016 pour un mandat de 6 ans. Nul n’a contesté son élection démocratique. Les 24 membres du sénat sont, eux, élus par moitié tous les six ans. Le 13 mai dernier, 9 des 12 sièges de sénateurs en réélection ont été attribués aux partisans de R. Duterte. Il a désormais une majorité favorable dans les deux chambres, à la chambre des représentants qui compte 297 sièges, et depuis le 13 mai, au Sénat. L’homme est déroutant par son hostilité viscérale envers les États-Unis et sa violence envers les fauteurs de désordre. Les Philippines appartenaient à l’Espagne qui les a vendues aux États-Unis en 1899, à la colère des Philippins qui revendiquaient leur indépendance.

Les États-Unis ont guerroyé 14 ans pour s’y imposer. Ils se sont appuyés sur les propriétaires fonciers des énormes latifundia, ce qui explique que les Philippines, indépendantes depuis 1946 seulement,  soient encore un des pays les plus inégalitaires au monde. Cette inégalité est cause de la violence sociale endémique depuis le 19e siècle.

  • Rodrigo Duterte a appelé à supprimer les dealers, les racketteurs, les souteneurs, les oppresseurs de toutes sortes qu’il nomme la lie de la société, et nuisent à son harmonie. Ses appels à les supprimer ont été en partie suivis par la population. Des assassinats sauvages se sont produits.
  • La Cour pénale internationale a traduit le président pour incitation au meurtre. La cour estimait à plus de 5 000 le nombre de condamnations à mort effectives, hors de toute procédure légale depuis son élection.
  • En rétorsion, R. Duterte a soustrait les Philippines de la compétence de la Cour pénale internationale.
  • Le résultat  […]     

Philippe Delalande, Asie21

Extrait de la Lettre confidentielle Asie21-Futuribles n°129 juin 2019

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