Pakistan – Chine : Un pas régalien pour Pékin

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Cinq ans après le lancement du CPEC, son organe de gouvernance supra-constitutionnel est en passe de devenir une quasi-filiale du Parti communiste chinois.

Description

FAITS

Depuis le lancement en 2015 du projet de CPEC, le Comité conjoint de coopération, organe stratégique responsable de la prise de décision, est bicéphale. Si le poids du financement y a toujours donné la part belle à la partie chinoise, un glissement en trois étapes a été opéré au profit de cette dernière et désormais, de l’armée pakistanaise.

De 2015 à 2019, le Pakistan a été représenté par le titulaire de l’important ministère de la Planification, du Développement et des Réformes (Ministry of Planning, Development & Special Initiatives en 2018), la Chine l’étant par le vice-président de la Commission nationale du développement et de la réforme, CNDR – 国家发展和改革委员会, un quasi-mini-conseil d’État (gouvernement).

Le 5 octobre 2019, Imran Khan finit par accéder à un vœu de l’establishment militaire, lui-même sous la pression de Pékin depuis 2016, en créant par ordonnance une « Autorité du CPEC », malgré l’opposition d’une Commission parlementaire (illégalité et double emploi). Cet organe décisionnaire est présidé par un général à la retraite et conseiller du Premier ministre, Asim Saleem Bajwa. L’Autorité relève du ministère de la Planification et son président est responsable devant le ministre. Ce lien disparaît dans l’étape suivante.

Le 13 juillet 2020, la Commission de la planification a examiné le CPEC Authority Bill 2020 (encadré), projet de loi réformant l’Autorité du CPEC. Le but est de supprimer son rattachement au ministère de la planification et de lui conférer la co-présidence pakistanaise du Comité conjoint de coopération. Le président de l’Autorité – Asim Saleem Bajwa, autant dire l’armée et ses œuvres (encadré) et peu susceptible de contredire son homologue – deviendrait ainsi l’alter ego du co-président chinois, l’inamovible vice-président de la CNDR. La capacité de blocage de l’opposition est quasiment nulle.

Cinq ans après le lancement du CPEC […]

Encadré 1  L’Autorité du Corridor économique Chine-Pakistan (CPEC)

Encadré 2  L’armée pakistanaise, ses œuvres (Military Inc. ) et le CPEC

 

Extrait de la Lettre confidentielle Asie21-Futuribles n°142/2020-09 

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Lire également : Asie21 n°118/2018-06, Pakistan-Chine  : un Corridor intégrateur