L’Indonésie et l’après-Chine

L’Indonésie et l’après-Chine

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Le prochain gouvernement saisira-t-il les opportunités créées par la guerre commerciale sino-américaine ?

Will Indonesia benefit by the US-China trade war ?

Description

FAITS

L’Indonésie, la plus grande économie de l’Asean et la moins ouverte aux échanges, progresse à 5 % l’an sur la base de sa consommation et de l’investissement plus dynamique depuis l’élection de Jokowi. Le président a donné la priorité à l’amélioration des infrastructures. Construite par le Japon, la première ligne de métro de Djakarta – évoqué dans les années 1980 ! – a été inaugurée en 2019. En revanche, la construction de la ligne à grande vitesse entre Djakarta et Bandung accumule les retards car le constructeur chinois n’a pas anticipé les problèmes liés aux expropriations1. Ce projet et la construction d’un nouveau port sur Java s’intègrent dans la Belt and Road Initiative.

Alors qu’elle avait été, dans les années 1980, le seul pays pétrolier à réussir à diversifier ses exportations, l’Indonésie affiche depuis les années 2000 tous les symptômes de la « désindustrialisation précoce » :

  • la part du secteur manufacturier dans le PIB diminue alors que le niveau de revenu est modeste,
  • l’Indonésie exporte beaucoup moins de produits manufacturés que le Vietnam (respectivement 0,6 % et 1,9 % du marché mondial en 2017). Lorsque les cours des matières premières diminuent, ses exportations de ressources naturelles ne suffisent plus à financer le déficit des échanges de biens et de services. Pour financer ce déficit (2,4 % du PIB en 2018), le pays doit attirer des capitaux.

Dès les années 1970, bien avant des pays de l’OCDE, le gouvernement indonésien a ouvert le compte de capital pour rassurer la communauté d’affaire sino-indonésienne. Après la crise asiatique qui avait sanctionné les insuffisances de la régulation bancaire, la Banque centrale est devenue indépendante et l’Indonésie s’est imposée à respecter les critères de Maastricht (dette publique inférieure à 60 % du PIB et déficit budgétaire inférieur à 3 % du PIB). Si ces contraintes lui permettent d’afficher de « bons fondamentaux » qui rassurent les capitaux, elles réduisent la marge de manœuvre de l’État.[…]

Jean-Raphaël Chaponnière, Asie21

Extrait de la Lettre confidentielle Asie21-Futuribles n°127 avril 2019

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Lire également : Asie21 n°113 : « Indonésie : manque de fondations »

 

 

Informations complémentaires

Auteur

Chaponnière Jean-Raphël

Mois

Asie21 n°

127