Inde : Résistance à la nouvelle loi sur la citoyenneté, au registre national des citoyens et au registre national de la population

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Le gouvernement indien déploie de vastes efforts pour mieux connaître la population et repérer les résidents illégaux. Ce faisant, il mécontente les communautés minoritaires, tout particulièrement les musulmans qui se sentent visés. Des hindous se joignent au mouvement de résistance qui cherche à s’organiser dans tout le pays.

Description

FAITS

Le gouvernement indien persiste dans sa politique de réforme en matière de citoyenneté. Il a décidé d’étendre à toute l’Inde ce qu’il avait imposé à la seule province de l’Assam. Il s’agit d’établir un registre national des citoyens*. Par ailleurs, il veut collecter des données pour établir un registre national de la population* que le ministre de l’Intérieur présente comme un prélude au prochain recensement qui doit avoir lieu en 2021. Les recensements ont lieu en Inde tous les dix ans, le dernier s’est déroulé en 2011. En fait, avec le NRC* et le NPR*, le gouvernement fédéral veut connaître avec davantage de précision le volume des diverses communautés religieuses et répertorier les résidents illégaux, en particulier ceux de confession musulmane. Pour ce faire, il dispose aussi du système Aadhar (mot signifiant « base » en hindi), collectant les données biométriques de tous les citoyens.

Une dizaine de provinces ont manifesté leur opposition au NRC et au NPR, l’assemblée du Kerala ayant même voté une loi pour les interdire. Elles s’opposent de même au CAA* voté en décembre 2019. À vrai dire, la constitution ne permet pas aux provinces de légiférer dans ce domaine. Mais en agissant ainsi, elles font connaître leur détermination pour défendre la laïcité qu’elles estiment menacée. Ce qu’elles craignent en effet, c’est la discrimination à l’égard des minorités, musulmane essentiellement.

La nouvelle loi sur la citoyenneté […]

 

Extrait de la Lettre confidentielle Asie21-Futuribles n°135/2020-01

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