Japon – Afrique : repositionnement stratégique du Japon en Afrique

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Le Japon, depuis la fin des années 2000, révise sa politique africaine, recentrant ses opérations sur le bassin occidental de l’océan Indien, région où la Chine affirme également sa présence. Sommes-nous à la veille d’une nouvelle phase de la compétition sino-japonaise en Afrique ? 

Description

FAITS

  • Juin 2013, à l’occasion de la cinquième Conférence internationale de Tokyo pour le développement de l’Afrique (TICAD), le Premier ministre Shinzo Abe annonce le triplement du soutien financier de son pays à destination de l’Afrique pour les trois années à venir, celui-ci passant de 9 milliards USD pour la période 2008-2012 à 32 milliards pour 2013-2017. L’Agence japonaise de coopération internationale précisera que 44 % de ces fonds seront consacrés à l’aide au développement et 20 % au financement d’infrastructures destinées à la construction de corridors. (propriété asie21). Les 36 % restant seront notamment consacrés au soutien à l’extraction de ressources naturelles et à des projets à faible émission de carbone.
  • Janvier 2014, le Premier ministre Shinzo Abe, lors de sa tournée africaine (10-14 : visite en Côte d’Ivoire, en Éthiopie et au Mozambique), réaffirme ses engagements, indiquant que les investissements nippons seront prioritairement centrés sur la sécurité, l’énergie et les infrastructures. Au même moment, le ministre chinois des Affaires étrangères, Wang Yi 王毅, effectue lui aussi une tournée en Afrique, se rendant en Éthiopie, à Djibouti, au Ghana et au Sénégal.
  • Février 2014, le ministère japonais des Affaires étrangères publie un livre blanc sur l’aide au développement qui, dans le prolongement des déclarations du Premier ministre Shinzo Abe, fixe le cadre de la nouvelle politique africaine du Japon. Dans le même temps, la Chine, par l’intermédiaire de son ministre de la Défense, le général Chang Waquan 常万全, signe un accord de partenariat stratégique de sécurité et de défense avec Djibouti.

Laurent Amelot, Asie21

Extrait de la Lettre confidentielle Asie21-Futuribles n°71 mars 2014