Chine : Réformer ou sombrer

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Le secrétaire général du Parti communiste semble conscient qu’une réforme du système communiste est une condition de sa survie. Peut-on le réformer en conservant le monopole du pouvoir au Parti ? C’est le défi de Xi Jinping. Faire progresser l’état de doit, démanteler le noyau dur des responsables qui vivent au dessus des lois, réformer les mécanismes de l’économie. Ce n’est pas gagné. 

UGS : Asie21-Futuribles n°65 Catégories : , Étiquettes : , , , ,

Description

FAITS

Fin août le Bureau politique du Parti communiste a décidé de reporter d’octobre à novembre 2013 le plénum du Comité central. On allègue que Xi Jinping 习近平 veut y faire adopter des réformes mais qu’il rencontre de fortes oppositions. Dans un discours aux cadres du parti en décembre 2012, en affirmant sa volonté de réforme il déclarait, « la clé est de savoir ce qu’il faut réformer et ce qu’il ne faut pas réformer », se gardant bien de préciser les réformes à entreprendre. Il ajoutait « il y a des choses qu’on ne changera jamais quoi qu’il en coûte », évoquant là le monopole du pouvoir au  Parti communiste. Le Premier ministre, Li Keqiang, 李克强 et l’entourage de Xi Jinping se plaisent à citer le livre de Tocqueville, L’ancien régime et la révolution, où l’auteur analyse comment le régime, faute de réformes politiques, s’est effondré sous la pression d’une société civile dynamique. Le livre de Tocqueville s’est vendu à plus de cent mille exemplaires en Chine en 2013, signe qu’il paraît pertinent pour décrire la situation actuelle de la Chine. Mais si le monopole du pouvoir au Parti communiste ne peut être remis en cause, une réforme politique est-t-elle possible ? Si on postule qu’elle est impossible car les dirigeants du Parti, attachés au pouvoir, à ses prébendes, à ses immunités n’y renonceront jamais, le débat est clos avant d’être ouvert. 

ENJEUX

Dans son livre, Tocqueville écrit : « Le moment le plus dangereux pour un mauvais gouvernement est (…) lorsqu’il commence à se réformer ». Il rencontre à la fois l’hostilité de ceux qui depuis longtemps veulent l’abattre et celle des privilégiés du régime qui ne veulent pas renoncer à leurs privilèges. La période est donc cruciale, mais très risquée. Les partis communistes asiatiques, plus pragmatiques que ceux d’Europe, […]

Philippe Delalande, Asie21

Extrait de la Lettre confidentielle Asie21-Futuribles n°65 septembre 2013